Que faire ?
Relayer et financer "L'Action Presse"

Cétacé ! soutenait "L'Action Presse"

Faute de souscripteurs en nombre suffisant (100 pour 300 nécessaires), cette action est abandonnée.
Reste l'idée, et le texte qui devait être publié, qui reste pertinent dans ses analyses et revendication.


Le projet du collectif "L'Action Presse", constitué pour cette seule action, est de diffuser dans un grand quotidien national, Le Monde, le texte ci-dessous, qui exprime de façon percutante les attaques que subit l'EN, et les attentes de ceux qui y triment pour améliorer le système scolaire. Le Monde refusant de publier gracieusement ce texte, il faut arriver à rassembler la modeste somme de 18 000 euros (ouch...) pour payer un quart de page. Ce texte a été élaboré en commun par des échanges entre membres du collectif (avec des des enseignants proches de "Sauver les Lettres").

Concrètement, il faut envoyer sa "promesse de don" (pour le "mammouthon") par mail à Astonia1944@aol.com (le collectif "Sauver les Lettres" prête son compte associatif pour l'opération). Il suffit que 300 personnes donnent chacune 60 euros pour que l'action se fasse ; 90 personnes sont manifestées jusqu'à présent.

Remarque : 60 euros, c'est à peine le coût d'une journée de grève ! Comptez combien vous avez été prêts à en faire l'an passé, et combien cette année, alors que les attaques sont encore plus nettes (malgré le récent revirement -??- sur la décentralisation).


Le texte destiné au Monde

Lettre ouverte au gouvernement
et à tous ceux qui s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants

Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le "ministre chargé de l'éducation",
Monsieur le ministre délégué à l'enseignement scolaire,

L'école n'est visiblement plus "la première priorité nationale", à moins de considérer que, la priorité étant de "faire des économies", la priorité des priorités est d'économiser sur l'école. En effet, selon la commission des finances, elle "accapare une part croissante de la richesse nationale".

Comment le gouvernement entend-il faire cesser ce prétendu scandale ?

En appauvrissant l'offre éducative : en supprimant des options (langues anciennes et vivantes...), en rendant optionnelles certaines disciplines à ce jour obligatoires (les disciplines artistiques et la LV2 au collège), en raréfiant les filières technologiques, en fermant des classes, des divisions entières dans certains établissements, voire des établissements entiers. Dans le même temps, le ministère a imposé, dans toutes les disciplines du collège, les horaires planchers. A l'enseignement par matières, défini dans le cadre national, se sont substitués des dispositifs locaux, les "Itinéraires de Découverte" (IDD), dont l'intérêt s'est vite révélé moins pédagogique que gestionnaire : permettre, au détriment de l'apport disciplinaire, une gestion plus souple des flux d'élèves et des postes, et, finalement, un nouveau dégraissage du "mammouth". Un dispositif analogue, les "Travaux Personnels Encadrés" (TPE) avait permis de tailler dans les horaires du lycée, notamment en langues vivantes.

En supprimant des professeurs : en deux ans, 4560 postes d'enseignants du secondaire ont été supprimés, de même que 26560 postes d'aides-éducateurs et 1150 d'ATOSS. Les prévisions pour 2004-2005 sont alarmantes : alors que 16619 professeurs doivent partir en retraite cette année, 12500 postes seulement sont mis au concours (11000 enseignants devraient être réellement recrutés pour la prochaine rentrée) ; soit un déficit de 5000 postes au moins ! Et le Ministère des Finances réclame encore la suppression de 2000 postes par an !

De plus, le gouvernement entend couvrir certains postes d'enseignants en recrutant de plus en plus de vacataires, personnels n'ayant reçu aucune formation et dont le statut précaire n'a pas son équivalent légal dans le privé : payés à l'heure, ces professeurs n'ont droit ni aux congés payés, ni aux cotisations pour la retraite, ni même aux allocations chômage une fois licenciés (à cette fin, il leur est interdit d'enseigner plus de 200 heures dans l'année) ! Et il n'est pas rare que ces vacataires attendent cinq mois avant de toucher leur salaire ! Ou que les élèves aient quatre ou cinq remplaçants successifs !

Fermetures, suppressions, économies : tels sont les maîtres mots de nos dirigeants.

Ainsi encore, une circulaire du Rectorat de Lyon annonçait en octobre 2003 que, faute de budget, les remplacements inférieurs ou égaux à une durée d'un mois ne seraient plus assurés !

Comment, dans ces conditions, espérer conserver en France un enseignement de qualité ? Comment garantir l'avenir des élèves si les classes ferment, si les enseignements qu'ils ont choisis disparaissent parce qu'ils ne sont pas assez "rentables" ? Comment assurer le renouvellement des enseignants, si l'on ne crée que des emplois précaires ? Quel avenir nos dirigeants réservent-ils à l'École Publique ?

Va-t-on continuer à laisser les conditions d'enseignement se dégrader, pour aboutir à la situation de l'Angleterre, où un tiers des nouveaux enseignants démissionnent au bout de trois ans d'exercice (information BBC News, avril 2003) ? L'État va-t-il continuer à se décharger sur les collectivités locales des dépenses liées à l'éducation, comme l'a fait l'Allemagne, par exemple, où les élèves peuvent avoir "des écarts de niveau équivalant parfois à deux ans", selon la Région où ils vivent (Le Monde de l'éducation, n° 311) ?

Depuis M. Allègre, on détruit pas à pas l'école de la République en préparant activement sa privatisation.

En ce qui nous concerne, nous ne saurions nous résoudre à cette politique du pire. C'est pourquoi nous formulons les exigences suivantes :

  1. L'Education doit demeurer nationale (programmes, horaires, diplômes). Tous les dispositifs définis localement doivent être supprimés.
  2. Les disciplines d'enseignement doivent retrouver leurs horaires antérieurs à la déréglementation et aux contre-réformes engagées depuis plus de 20 ans (horaires antérieurs à 1969 pour l'école primaire, antérieurs à 1977 pour le collège).
  3. Toutes les sections et options existantes doivent être maintenues.
  4. Les dédoublements et le travail en effectif réduit doivent être systématisés.
  5. Tous les personnels de l'Education Nationale doivent avoir le statut de fonctionnaire d'Etat. Les transferts doivent être immédiatement annulés. Il ne doit plus être recouru à des personnels précaires.
  6. Il appartient à l'Etat d'organiser les recrutements nécessaires à l'application de ces principes.

L'action presse