Le "prof à tout faire", avenir
(et présent) du
métier...
La tendance est lourde, le fantasme ancien : faire faire
plusieurs matières aux enseignants, c'est permettre
des économie, au prix de la flexibilisation des
enseignants et de la baisse de la qualité de l'offre
éducative.
Les mesures en ce sens, outre le décret du 12.02.2007,
se sont succédées ces dernières
années :
- Les TZR en ont fait les frais
les premiers - s'engouffrant dans un décret de 1950
qui permettait la nomination hors matière en
fonction des compétences et des goûts
des enseignants, les rectorats n'ont pas
hésité à nommer des
enseignants de génie civile en
mathématiques-collège (Créteil),
ou de lettres
moderne en CDI (Lille)...
- Le remplacement interne,
instauré en 2004-2005 - qu'on oublie, mais qui peut
être imposé, y compris hors matière,
dixit un récent arbitrage du Conseil d'Etat - a
encore enfoncé un coin dans la dimension
disciplinaire de notre enseignement
- L'instauration aux concours 2006 d'une "mention complémentaire",
permettant, par la validation d'une épreuve dans une
matière autre que celle passée au concours,
d'enseigner dans cette autre matière,
renforcée par la promesse en 2007 d'une prime de
1000 euros et de points de mutation pour les bivalents, va
dans le même sens.
- Pire encore, les tâches hors de
l'enseignement sont de plus en plus dévolues
aux enseignants, comme celles d'orientation, de
surveillance, etc... pour compenser les ravages d'une
politique d'économie budgétaire de plus en
plus drastique.
Le
décret du 12
février 2007 vient
généraliser cette polyvalence :
« 2° L'enseignant du second
degré qui ne peut compléter son service selon
les modalités prévues au premier
alinéa, peut
être tenu, si les besoins du service l'exigent, de
dispenser un enseignement dans une autre discipline dans
son établissement d'affectation. Ces heures
d'enseignement doivent lui être attribuées
de la manière la
plus conforme à ses
compétences. » (Titre I, article
3 ; titre II, article 13 ; titre III, article21 ; titre IV,
article31)
et c'est pire encore pour les TZR (Titulaires sur Zone de
Remplacement) :
« Si l'enseignant régi par le
décret n° 99-823 du 17 septembre 1999
susvisé ne peut se voir confier
l'intégralité de son service dans les
conditions prévues par ce même décret,
il peut être tenu,
si les besoins du service l'exigent, d'effectuer
tout ou
partie de son service dans une autre
discipline. Ce service doit lui être
attribué de la manière la plus conforme
à ses compétences. » (Titre I,
article 3 ; titre II, article 13 ; titre III, article21 ;
titre IV, article31)
Outre le mépris pour notre formation et nos
qualifications d'enseignant dans une (ou plusieurs)
matière(s) - une enseignant bac+0 dans une
matière est jugé apte à faire le travail
d'un enseignant au minimum bac+5-, ces évolutions se
font évidemment au détriment de la
qualité de l'enseignement offert.
Des
actions originales contre la polyvalence
!
Les actions originales se multiplient pour s'opposer à
cette régression de l'offre éducative et des
conditions de travail des enseignants.
"Pour la luxure, un simple bandage suffit" -
Les Inconnus
Une vidéo-culte qui avait tout (pré)vu (pouvoir
d'achat des profs, polyvalence), l'humour féroce en
prime !
Vous y verrez :
- M. Bardu, professeur d'EPS en philosophie : "Pour la
luxure, un simple bandage suffit", "In-conscient et
Sub-conscient et In-conscient et Sub-conscient"
- Melle Eliane Labutte , à la pointe de la
pédagogie, toujours prompte à l'empathie envers
ces charmants enfants
- Le délégué syndical de service : "Il
subsiste des problèmes qui sont
problématiques"
A voir absolument !
La
vidéo en ligne !
Roman-photo du
collège Pierre Sémard de
Bobigny
Pour protester contre la volonté du ministre de
généraliser la bivalence (l'enseignement de
deux disciplines), une dizaine d’enseignants
grévistes du collège Pierre Sémard
à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ont organisé
jeudi une action originale. De huit heures à dix
heures, ils se sont échangés leurs cours :
des professeurs d'Anglais ont fait des cours
d’Espagnol, leur collègue d’Espagnol
un cours d’Allemand, un prof de SVT a
enseigné les Mathématiques tandis que son
collègue de maths se débattait avec la
Physique-Chimie. Ils en ont tiré ce roman-photo
qu'ils ont adressé par mail à des
médias.
Roman-photo A
télécharger au format PDF.
Un disciple des
Inconnus ? prof d'EPS donne cours de
maths...
Echauffement des neurones : "tournez les neurons dans
un sens, et dans l'autre", système
d'équation en "4-4-2", équations en
ballons de basket et de rugby... Un collègue
à la pointe de l'innovation
pédagogique.
La vidéo en ligne !
"La roue de la
bivalence"
Le
communiqué de presse du lycée Victor Hugo de
Besançon.
Malgré l'opposition manifestée depuis plus de
6 mois par l'intersyndicale du second degré
regroupant la quasi totalité des organisations
syndicales du secteur et qui représente plus de 99%
des personnels, le ministre de l?Éducation nationale
a fait publier le 13 février 2007 un décret
supprimant des heures de décharges statutaires qui
permettaient aux enseignants d?effectuer des tâches
spécifiques indispensables (préparation des
élèves au baccalauréat, gestion des
laboratoires de SVT, Physique-chimie,
Histoire-géographie et Technologie). De plus, ce
texte permettra dorénavant à l?administration
de pouvoir obliger les professeurs à enseigner une
discipline pour laquelle ils n?ont été ni
formés, ni recrutés.
Les enseignants du lycée Victor Hugo de
Besançon ne peuvent accepter de tels choix qui se
moquent des élèves et méprisent nos
métiers.
Afin de faire prendre conscience aux élèves
et à leurs parents des conséquences
concrètes de telles mesures,ils ont décidé
d?organiser le vendredi 16 mars à 9h45 une
opération "Roue de la polyvalence". Les enseignants
actionneront une roue sur laquelle sont portées les
différentes disciplines et c?est le hasard qui
déterminera celle dans laquelle ils travailleront
avec leurs élèves à 10 h.
Besançon, le mercredi 14 mars 2007