Précarités / Cétacé !


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Les précarités / Cétacé !

Précarités
- Le scandale des sans-papiers en France
- Maxi-Livres, ou David contre Goliath (12.12)
Précarité dans l'EN - Mise en réseau des luttes précaires (27.05)
- 200 heures et basta ! Le professeur jetable et ses lycéens (janvier 2005)
- L'EN, laboratoire de la précarité ? (29.11)
- Les précaires de l'EN : contractuels et vacataires (glossaire)
- Les TZR, chaînons manquant entre précaires et postes fixes
- Etablissements : Scandaleuse insalubrité au collège Laplace  (mars 2004)
- Elèves : élèves et étudiants sans papier
Actions en cours contre la précarité
- Les non-titulaires campent devant le rectorat de Créteil (17.10)
- Mise en réseau des luttes contre la précarité
- Projection Cétacé du 21.10
- TZR en colère ! (29.09)
- Défense des élèves et étudiants sans papier



Spiritisme au Rectorat ou de l'absurde dans l'administration de l'Education Nationale 06.01.2006

Suit le récit d'un TZR de philosophie (les noms des personnels et des lieux sont imaginaires mais les faits et la lettre sont réels).

 

Monsieur l'Inspecteur,

Permettez-moi d'abord de vous présenter mes meilleurs voeux. Malheureusement, ces vœux à peine présentés, je vais commencer cette année en vous importunant avec l'exposé de la situation étrange dans laquelle je me trouve. Peut-être me ferai-je pardonner en vous donnant l'occasion de vous distraire un peu…

Rattaché administrativement, en qualité de TZR, au Lycée Jarry des Andains, j'ai été affecté le 22/11/2005 au Lycée d'Alphaville, à raison de 13h30 sur 15h dues. L'arrêté que j'ai signé le 26/11 se terminait au 16/12, soit à la date des vacances. L'enseignante que je remplace, ayant avisé la Direction du Lycée d'Alphaville de ce que son mandat en tant que déléguée syndicale l'amènerait à siéger aux Commissions paritaires du mois de janvier, Monsieur le Proviseur adjoint du Lycée d'Alphaville m'a demandé de continuer à assurer mon service dans son établissement à la rentrée de janvier, et ce, m'a-t-il certifié, en accord avec le Rectorat. Ne parvenant à joindre aucun des services de la DPE, j'ai donc fait cette rentrée sans être couvert par un nouvel arrêté (ce qu'une employée de la DPE m'a reproché au téléphone, ce matin, en attirant mon attention sur le fait que l'assurance du Rectorat ne me couvrait pas... alors que la pratique à laquelle les délais d'écriture de ces services contraignent les TZR est de commencer une suppléance, une fois sur deux, à la suite d'une injonction téléphonique sans valeur légale, puis de signer un arrêté antidaté !) Les services du Lycée d'Alphaville m'ont assuré à plusieurs reprises, avant et après les vacances, que cet arrêté ne tarderait pas à arriver (tout en me rappelant au passage que, contrairement au cas de mes collègues contractuels, mon salaire n'en dépendait pas, et que, par conséquent, ce n'était qu'une formalité...Ce qui n'est pas faux sur le fond, mais plutôt étonnant de la part de Gardiens des Ecritures généralement plus sourcilleux sur ce genre de questions...)

J'ai donc retrouvé mes 3 classes de Terminales STI et ma classe de BTS, et nous avons continué le travail entamé avant les vacances. Les élèves de Terminale STI m'ont rendu le devoir que je leur avais demandé de faire, et révisent actuellement le dernier chapitre en prévision d'un travail sur table qui doit avoir lieu demain et après-demain. Les BTS « Design d'Espace » (architecture intérieure) préparent des exposés sur le thème des architectures utopistes pour la semaine prochaine.

Mais c'est sans compter sur le fait que, entre temps, « <j'>apparais sur l'écran » (pour citer la phraséologie spirite de mon interlocutrice de la DPE). Or, mon « apparition » se situe, m'apprend-on ce matin, en quelque endroit reculé de la campagne, à Plassans semble-t-il (l'oracle de « L'Écran » mentionne un Lycée Allan Kardec). Lorsque j'expose la réalité (non ectoplasmique) de ma rentrée face aux élèves au Lycée d'Alphaville, mon interlocutrice m'apprend que « quelqu'un d'autre a dû être affecté dans cette suppléance ». Je ne puis en revanche attester l'existence physique de « L'Autre », n'ayant pas pu (ou su ?) déceler de manifestations de sa présence face aux élèves dans la salle où je pensais être en train de faire cours (mais je n'en suis plus si sûr… peut-être étais-je « tout nu dedans mon lit » ?) C'est à cet endroit de la conversation que j'ai le bonheur d'entendre cette phrase dite sur un ton de reproche: « Vous avez donc pris le risque de revenir devant les élèves », suivie de la réprimande (somme toute, en y repensant bien, affectueuse et partant d'un sentiment quasiment maternel) concernant mon absence de couverture par l'assurance du Rectorat. Ces prémisses étant établies, l'entretien téléphonique s'est terminé par la seule conclusion possible de ce syllogisme administratif : « Vous laissez d'Alphaville et vous vous présentez à Allan Kardec » (je suppose que mon interlocutrice parlait du Lycée… à moins que… avec un bon guéridon, je veux dire, un bon « écran » ?…)

Néanmoins, devant l'étrangeté de cette situation (dont a fini par convenir mon interlocutrice – ce qui donne espoir dans les pouvoirs de la Raison face à la Superstition !), j'ai obtenu que mon interlocutrice se déplace « en personne » pour aller consulter ses collègues de « l'étage supérieur » (après qu'elle eut essayé, sans succès, de les joindre par téléphone). Je suis sans nouvelles de cette dame depuis ce matin. J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.

Veuillez croire, Monsieur l'Inspecteur, en l'expression de ma considération respectueuse,


Sophocle



Les non-titulaires campent devant le rectorat de Créteil (17.10)

Après des années de mauvais traitement, et une mise au chômage massif en cette rentrée 2005, et suivant le modèle dse non-titulaires de Nice (cf. article de l'Humanite) qui ont campé quinze jours devant leur rectorat, les non-titulaires organisent la riposte : ils campent depuis... devant le Rectorat de Créteil (M° ligne 8, arrêt Créteil-Echat).


Communiqué de presse du Collectif Ile-de-France -
Lundi  17 octobre 05

Devant le mépris de l'Education nationale, LES NON TITULAIRES REDUITS AU CAMPING

Des milliers de non titulaires, enseignants, TOS aides éducateurs,  sont au chômage cette année. Les rectorats ont déjà fait savoir qu'ils ne remploieraient personnes dans de nombreuses disciplines. Quand ils sont remployés, les contractuels, se voient systématiquement proposer des vacations, travail à la tâche sans garanties professionnelles ni protection sociale.Les perspectives de titularisation déjà bien maigres deviennent quasi inexistantes (suppressions de postes aux différents concours, fin des concours réservés et du professionnel, licenciements nombreux en fin de stage…) Le chômage est payé avec des mois de retard, sans compter sa remise en question par les ordonnances Villepin. Les précaires voient leurs conditions de vie sacrifiées par un système qui rentabilise la formation des jeunes et fait payer le prix aux personnels, à commencer par les plus fragiles.

Les non titulaires se rassemblent nombreux devant les rectorats, rejoignent dans différentes  régions les collectifs de non titulaires et ils en créent lorsqu'il n'en existe pas. Ces collectifs unitaires sont soutenus par des intersyndicales larges.En région parisienne, le Collectif des non titulaires Ile de France est soutenu par la CGT, la CNT, le SNES, SUD Education… Le collectif s'est ouvert aux titulaires désireux d'en finir avec cette précarité qui rime de plus en plus avec absence de droits, qui broie les non titulaires et qui rogne progressivement les garanties acquises de l'ensemble des travailleurs (remplacements à l'interne, introduction de CDI dans la fonction publique, à la place des personnels sous statut…)
Le Collectif, a été reçu au Ministère avec l'intersyndicale à l'issue de la manif contre la précarité du  21 septembre, et a rencontré De Robien le 12 octobre. A l'échéance des « 100 jours pour l'emploi » de Villepin, le Collectif n'a pas obtenu plus de réponses que lorsque qu'il avait été reçu en juin au début des « 100 jours » sur :
- le réemploi immédiat de tous les personnels non titulaires
- le refus des vacations degré ultime de la précarisation
- le paiement immédiat du chômage
- la titularisation sans conditions

Cette absence de réponse du Ministre de l'Education, comme du Premier Ministre, comme des Recteurs, des Inspecteurs d'académie, à notre envie et à notre droit de travailler, bafoue notre dignité professionnelle, autant que le droit des élèves à des effectifs décents et à la continuité pédagogique pour les remplacements.

Devant ce mépris, les non titulaires sont acculé(e)s à camper devant les différents niveaux administratifs pour obtenir des réponses et montrer à l'opinion que les licenciements et la précarité sont très importants dans la fonction publique et particulièrement dans l'Education nationale, la plus grande entreprise du pays pour l'intérim (des dizaines de milliers de précaires) et les licenciements (des milliers de mises au chômage).

Après 15 jours de siège du rectorat de Nice, les non titulaires campent devant le rectorat de Créteil, rue G. Enesco (métro Créteil L'Echat)
Le Collectif Ile de France propose de tenir le plus rapidement possible  une réunion de coordination nationale des collectifs de non titulaires pour généraliser ces actions de siège des administrations.

Le collectif des non titulaires IDF, se réunit tous les mercredis à 18h, à la Bourse du Travail de République 3 rue du Château d'eau 75010


Sites pour suivre l'action et mieux connaître la situation des précaires



Mutation, rentrée : danger. Soutien aux non-titulaires (11.06)

Une mauvaise nouvelle - prévisible, même si la focalisation sur la défunte (?) loi Fillon l'avait fait quelque peu oublier- pour finir l'année : les restrictions budgétaires et suppressions massives de postes (qui ont atteint un record historique cette année : -900 postes dans le secondaire dans l'académie de Lille, -200 à Créteil) se traduisent par une situation dégradée pour tous les personnels à la rentrée (les mutations intra-académiques vont être une première occasion de constater l'étendue des dégâts):
Pour soutenir les non-titulaires de l'EN, bien représentatifs de la précarisation qui sévit dans le monde du travail en général, et chez les diplômés (chercheurs...) en particulier :


200 heures et basta ! Le professeur jetable et ses lycéens 22 + 24.01

Vendredi 21 janvier,
élèves et enseignants du lycée Pablo-Picasso de Fontenay-sous-Bois se sont rassemblés devant le rectorat de Créteil afin de contester le remplacement d'un professeur vacataire de lettres modernes arrivé au bout de son contrat de deux cents heures.

Ce type de pratiques a déjà été mis en lumière mais il tend à se généraliser du fait de la baisse du recrutement des enseignants et de l'extinction du corps des remplaçants de longue et courte durée (voir les détails de ce statut et de ses problèmes actuels sur le site). Le recours aux vacataires et aux contractuels dans l'Education nationale prend le chemin de celui de l'Hôpital dix ans plus tôt. Hôpital dans lequel aujourd'hui on compte une proportion forte de salariés au statut précaire (sur les précaires de l'E.N. en général voir leur site).

La pratique de l'interruption de la vacation à 200 heures dont l'objectif essentiel est la non ouverture des droits sociaux élémentaires, est un non sens pédagogique : les élèves du lycée Picasso ont ainsi quatre professeurs de lettres dans l'année. Cette logique absurde est celle qui a conduit le ministère à proposer dans sa loi d'orientation le principe du remplacement interne. Les remplaçants n'existant plus, les enseignants seront appelés à se remplacer eux-mêmes en interne au pied levé y compris hors de leur discipline et avec des classes inconnues (ce qui pour tout professionnel est fort peu pédagogique). Derrière un principe de bon sens se cache donc un principe de non sens (voir notredossier remplacement interne).

Il est heureux de voir les collègues de l'enseignants et les lycéens se mobiliser pour cette cause, dans un cadre d'ailleurs intéressant de mobilisation des lycéens (nombreux et bruyants dans les cortèges de jeudi).

Le mouvement s'est poursuivi le lundi 24 janvier : 250 lycéens se sont retrouvés devant le rectorat, et une délégation a été reçue sans succès (depêche AFP).

Excellent communiqué de presse des collègues de Pablo Picasso
Lettre de soutien du sénateur-maire PCF
Compte-rendu par le Snes-Créteil et le Parisien : article et portrait de l'enseignant



Maxi-Livres, ou David contre Goliath 12.12

Latifa au Tribunal de Grande InstanceQui connaît Latifa Abed ne regarde plus la société et les luttes de la même façon. Cetace et tous ceux venus écouter Latifa lors d'une projection cinéma du filmOn n'est pas des steacks hachés, seront d'accord avec moi. Employée modèle et déléguée sdyndicale de Maxi-Livres, celle-ci a gagné son procès du 18 novembre au tribunal de Grande Instance de Paris. D'abord opposée à la fermeture du magasin de Montreuil, elle lutte par la suite contre son éviction et contre le harcèlement de la firection et des ressources humaines. Dès octobre 2003, les prud'hommes de Créteil ont condamné Maxi-livres à verser à la CGT des arriérés de salaires et les primes jusqu'alors refusés. (le site du maxisyndicat).

Cette lutte de Latifa contre Maxi-Livres est une des nombreuses luttes soutenues par le réseau Stop-Précarité qui organise par ailleurs des cours de Droit du travail très suivis à la Bourse du travail chaque premier lundi du mois. La loi et la Justice sont des moyens de lutte efficaces lorsqu'ils sont employés à bon escient et avec compétence.

Stop Précarité





L'EN, laboratoire de la précarité ?


Les emplois jetables, les personnels exploités dans des conditions lamentables puis jetés comme des kleenex, on connaissant, dans une société de chômage massif et libéralisation accélérée du monde du travail. On croyait peut-être, à tort, que c'était l'apanage du secteur privé. Détrompez-vous, braves gens : l'EN banalise l'emploi de précaires, au statut si médiocre qu'il serait illégal en droit privé... (et on pourrait en citer de belles sur La Poste, récemment condamnée sur ce point, le secteur de la santé...)


Face à cette triste évolution de l'emploi en secteur public, la riposte s'organise. Malaisément, puisque ces catégories sont théoriquement transitoires ("précaires" on vous a dit), puisque la pente naturelle du précaire est de devenir titulaire (via les concours).

A la situation ancienne de recours aux précaires s'ajoute une nouveauté : la volonté très nette de faire passer cette flexibilité des précaires aux titulaires. Comment ? Par exemple par le chaînon manquant, TZR, "Titulaire sur Zone de Remplacement", qui a vu sa situation se dégrader singulièrement depuis quelques années. Si la sécurité de l'emploi lui est toujours garantie (différence de taille par rapport aux précaires comme la rentrée 2004 l'a rappelé brutalement, avec des milliers de contractuels mis au chômage...), le TZR expérimente la "flexibilisation" sans contre-partie ; nominations hors de la matière de formations, hors de la zone de remplacement... Le plus souvent dans l'illégalité, mais qu'importe : les rectorats paieront les récalcitrants et abuseront la majorité qui méconnait ses droits (jeunes collègues néo-titulaires en particulier...).

JLB (modifié 29.11.2004)



Mise en réseau des luttes précaires
(mise à jour 29.11)

Isolés dans les établissements, assommés tantôt par la mise au chômage, tantôt par des conditions d'enseignement particulièrement difficiles (zones les plus difficiles, remplacements au pied levé, sans la reconnaissance que peuvent -parfoois- avoir les titulaires), les précaires de l'EN n'en désarment pas pour autant : ici et là, des luttes émergent, classiques ou innovantes, relayées par les syndicats ou autonomes.

Un des principaux problèmes de ces luttes, (outre la difficulté à mobiliser des personnels en situation délicate), réside sans doute dans leur éclatement, qui correspond à l'éclatement des statuts et à l'isolement des personnels précaires. D'où la volonté de Cétacé de recenser ici les sites / collectifs / lieux de discussions et de débats déjà existant sur le net, dans l'idée qui nous est chère de "mise en réseau des luttes" :





Des milliers de précaires au chômage dans l'Education Nationale
(JLB - 29.09)

Depuis la rentrée, de nombreux enseignants contractuels (personnels précaires recrutés à l'année) se retrouvent sans emploi. En cause : une "meilleure" gestion des TZR - titulaires chargés des remplacements- (affectations illégales sur plusieurs communes, hors de la zone de remplacement, voire hors matière... Cf. TZR en colère), des heures supplémentaires à la pelle, et une volonté, apparemment, de privilégier des recrutements de vacataires (contrats au maximum de 200 heures).
L'occasion de rappeler combien la précarité est présente au sein même de la fonction publique (cf. la situation dans la Poste également), qui passe pourtant pour un modèle de stabilité de l'emploi...