| Actions |
Raisons
d'agir |
Réflexions |
A
Créteil |
| Outils |
Glossaire : comment s'y retrouver dans l'univers jargonneux de l'EN |
| Articles Cétacé |
Fermetures d'école - sauvetages
- réseau Ecole et Territoire (JLB, Lio - juillet 2005)
Ce pourquoi les grèves sont inaudibles - (Sylvain H - 1octobre 2004) La punition collective de retour à l'école ? : comment le faux débat sur l'autorité débouche sur la réhabilitation des méthodes réactionnaires (HG - octobre 2004) Dessine-moi un mouton (Bx, mai 2004, Cétacé n°2) : un constat lucide et amer sur l'ambiguïté de notre rôle d'enseignant dans les mécanismes de reproduction sociale. Zone Prévention Violence
(Ed, février 2004,
Cétacé n°2) Coup de gueule contre la
supercherie des ZPV, à Créteil et ailleurs ; ou comment
ne pas donner des moyens supplémentaires à des zones
difficiles... tout en les stigmatisant !
Les Charognards de l'EN : ces business qui prospèrent sur les lacunes et reculs de l'EN |
| Brèves |
L'IGEN
contre la remise en cause de la carte scolaire ! (septembre 2006) Payez et révisez ! (mai 2005) Non à la pub à l'école ! Oui à la pub au syndicat ! (novembre 2004) Avec la FNAC contre l'illettrisme ! (Marc - novembre 2004) France-examen.com : le lucratif marché des résultats des examens de l'Education Nationale (juillet 2004) Violence statistique et violence scolaire ( juin 2004) |
Alors
que Sarko et Ségo (court-circuité par le sinistre
Villepin) proposent une "libéralisation" de la carte scolaire
funeste à une mixité sociale scolaire déjà
bien défaillante, il est bon de relire ses conclusions
iconoclastes (?) d'un rapport de l'Inspection Générale
sur les dysfonctionnements de l'académie de Paris, la seule
où la carte scolaire n'existe pas.
Devant les
élécubrations
délirantes de Royal, Sarko, Robien et Villepin sur la carte
scolaire, un rapport de l'Inspection
Générale de 2004 sur l'Académie de
Paris nous revient en mémoire. Ce rapport
établissait que l'académie de Paris souffrait :
1°) d'un très grand nombre de
dérogation de carte scolaire pour le collège.
2°) d'une absence de carte
scolaire pour le lycée, puisque pour les affectations
lycée, Paris est divisée
en quatre grands secteurs, les proviseurs faisant ensuite leur
marché lors de
"bourses au élèves", chaque lycée devant recruter
dans son secteur.
Le rapport de
l'Inspection
Générale est sans appel, comme le montrent les extraits
suivants :
La
mission (...) voudrait attirer à nouveau l'attention sur les
points qui lui paraissent essentiels pour expliquer la situation de
l'enseignement dans l'académie de Paris.
Celle-ci dispose d'atouts non
négligeables : un environnement universitaire, culturel et
scientifique de haut niveau, des collectivités territoriales
engagées pour l'école, un réseau
d'établissements scolaires dense avec ses niches d'excellence,
des personnels de direction et un corps enseignant d'expérience.
Pourtant, dans cette ville
économiquement et socialement beaucoup plus contrastées
qu'il n'y paraît, le système éducatif, en
particulier les établissements publics, marqué lui aussi
par de très fortes différences, n'obtient pas toujours,
depuis longtemps, les résultats scolaires escomptés : à
côté de réussites remarquables, on trouve un nombre
important d'établissements et d'élèves qui
rencontrent des difficultés sérieuses, voire graves, les
conduisant à l'échec scolaire.
(...) Il conviendrait donc de
définir et appliquer une politique ferme afin de redonner son
équilibre à l'école primaire, et, dans le second
degré, de mettre en oeuvre une carte scolaire des
collèges et des lycées ainsi que des procédures
d'affectation permettant de résorber la fracture et l'absence de
mixités sociales qui caractérisent cette académie.
Alors de deux choses
l'une, où les IGEN sont de
dangereux gauchistes réactionnaires (réactionnaires,
c'est possible), ou les hommes politiques se foutent de nous.
Le rapport en ligne ici
: ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igaen/rapports/eval_sept_2004.pdf
Le
gouvernement prétend écouter les manifestants et
être attentif à ce qui se
passe (cf. par exemple les déclarations de Copé sur le forum, rubrique Fossoyeurs) .
C'est évidemment le contraire qui est vrai : la parole des
manifestants
et des grévistes n'est pas écoutée. Pourquoi ? Trois facteurs contribuent,
d'une façon plus ou moins sournoise, à annuler le sens de
la parole portée par
les protestataires :
Sylvain H - 16.10
La politique de décentralisation du gouvernement actuelle s'est on le sait attaquée à l'E.N. Le texte que nous avons combattu nombreux en 2003 proposait la gestion par les régions des personnels ouvriers et de service (processus refusé par les régions actuellement faute de sous), et favorisait l'expérimentation dans les régions.
Personne ne le sait encore mais l'Education nationale est morte !
Le rapport Thélot et la future loi d'orientation de Fillon
sont d'inspiration européenne. L'E.N. devient la branche
française d'un système
éducatif européen standardisé sur des
normes 0 défaut et moulé dans le culte de la
rentabilité et du chiffre. Le processus européen
étant ce qu'il est, il est difficile d'y voir un progrès,
même lorsqu'on est europhile.
Savez vous que d'autre part - et c'est logique avec ce qui
précède - que certaines
régions ont obtenu des dérogations à propos du
lundi de Pentecôte. Le Gard pour la Féria de Nimes,
le Territoire de Belfort pour un festival de musique universitaire qui
tout deux se déroulaient ce jour. Ces deux académies
travailleront donc le lundi de Pâques à la place. Les
calendriers des académies ne sont donc plus nationaux. Ce qui
paraît une anecdote est en fait le signe de ce qui s'annonce.
Au nom de l'expérimentation et des particularismes
régionaux qui peuvent dans les deux cas être
tolérés par la politique européenne, voire
encouragés, l'Education cesse d'être pensée dans le
cadre national. L'Etat veut se
débarasser de l'école encombrante à plus
d'un titre, financier évidemment (1 millions de personnes), mais
aussi culturel (anti-pub, a-entreprise, pro-lecture), et politique
(grévistes, gauchistes).
Messieurs, veuillez laisser l'Etat
dans l'état où vous l'avez trouvez en entrant, merci.
Quand à la question est de savoir si ce changement d'échelle imputable en partie auphénomène de la globalisation est un mal...
15.01
Depuis quelques mois, Cétacé et quelques autres
s'inquiètent de la mise en cause de l'école maternelle.
Dans le rapport Thélot, un passage nous avait remis en
tête cette inquiétude : dans un élan progressiste
peu coutumier de ce ce gouvernement, on affirmait vouloir abaisser
l'age obligatoire de la scolarité de 6 à 5 ans. Pourquoi
cette sortie étonnante étant donné que près
de 100 % des enfants sont scolarisés dès l'age de trois
ans et jusqu'alors c'est plutôt le débat sur la
scolarisation des deux ans et demi qui intéressait le
landerneau.Question donc.
Notre instinct méfiant s'est avéré infaillible.
Cet hiver en Mayenne (Renazé et Meslay du Maine) a
commencé la dislocation du service public d'éducation
à l'école maternelle. Des "jardins maternels" ont
été expérimentés dans deux communes de la
Mayenne pour accueillir l'après-midi les enfants
scolarisés de 2 à 3 ans. Le jardin maternel est payant
(selon le quotient familial et jusqu'à plus de 2 euros de
l'heure), les enfants sont pris en charge par des
éducateurs et des agents territoriaux après le
déjeuner. L'école maternelle n'est donc obligatoire et
gratuite que le matin. Par qui l'expérience a-t-elle
été lancée ? Par l'inspection académique et
le Conseil général de la Mayenne.
Les parents (qui doivent payer) et les enseignants ont vivement
protesté contre ce système qui contredit l'essentiel de
la philosophie éducative française. Pour l'instant le
système ne fonctionne qu'avec quelques enfants mais pour combien
de temps ? A suivre...
15.01
Ca y est les Travaux Personnels encadrés (TPE) vont
être supprimés au lycée.
Les Travaux personnels encadrés (TPE) sont officiellement supprimés en terminale et au baccalauréat par arrêté signé du ministre de l'Education nationale, François Fillon, et publié au Journal officiel vendredi. Selon cet arrêté, en date du 9 décembre, "l'épreuve de TPE est supprimée, ainsi que le coefficient, la nature de l'épreuve et la durée de l'épreuve" au baccalauréat des trois séries générales : littéraire, scientifique et économique. Ces dispositions sont applicables à compter de la session 2006 du bac, précise l'arrêté. Créés en 1999, validés comme option au bac depuis 2002, les TPE consistent à faire effectuer aux lycéens des recherches personnelles sur des thèmes pluridisciplinaires et à en tirer une réalisation concrète. Le ministre de l'Education nationale François Fillon avait annoncé, à la mi-novembre, sa volonté de les maintenir en première mais de les supprimer en terminale, donc au bac, afin d'alléger, avait-il expliqué, la charge de travail de cette année de préparation de l'examen et de récupérer des postes notamment pour les dédoublements des cours de langues. La suppression des TPE avait suscité de nombreuses protestations émanant aussi bien de syndicats enseignants que des deux fédérations de parents et des deux organisations lycéennes. Une pétition réclamant leur maintien a recueilli 12.000 signatures. L'arrêté publié vendredi au JO avait été soumis le 1er décembre à l'avis consultatif du Conseil supérieur de l'Education (CSE) qui avait massivement voté contre la suppression des TPE : 45 voix contre, 4 pour et une abstention. Les défenseurs des TPE estiment qu'ils permettaient aux élèves de commencer une initiation encadrée à la recherche et de travailler à leur autonomie en prévision de l'université. Ces travaux avaient d'ailleurs été plébiscités par les lycéens puisque l'an dernier, 90% des candidats au bac avaient choisi de passer cette option.
Quelques remarques à propos de cette suppression,
accompagnée de celle des classes à PAC (projet culturel)
et en attendant celle des IDD (Itinéraires de découvertes
du collège) qui permettra d'accélerer la baisse du nombre
d'heures enseignées.
Primo, cette valse des créations-suppressions, outre qu'elle
fatigue un nombre croissant d'enseignants, est symptômatique
d'une gestion par trop personnelle des ministres successifs de l'EN.
Chacun veut laisser son empreinte sur le Mammouth avec un livre (le
dernier guide républicain n'échappe pas à la
règle), avec un dispositif d'aide, avec un nouvel enseignement
(IDD, TPE, PAC, etc.). Gageons que le ministre (encore pour quelques
temps) inventera un nouveau dispositif de ce type.
Deuxio, cette valse témoigne du profond mépris dans
lequel le ministre tient ses fonctionnaires. Et ce ne sont pas les
instits confrontés à des changements de programmes et de
méthodes tous les deux ans qui me contrediront.
Tertio, cette valse n'aurait pas lieu d'être si les enseignants
avaient leur mot à dire sur la forme d'enseignement qu'ils
donnent. Les seules consultations que l'on nous proposent sont des
exercice de communication/manipulation. La réalité est
que jamais les enseignants ne sont acteurs de l'évolution de
l'enseignement.
Pourquoi ?
Deux réponses entre autres.
La première vient d'être évoquée. Elle
conduit à rendre passif les enseignants.
La seconde est précisément la trop grande
passivité du monde enseignant qui ne prend pas assez en main
l'avenir de l'enseignement et de l'EN et ne se positionne que par
rapport à des réformes qu'on lui impose. L'image de
l'enseignant qui refuse tout, qui est immobile vient de là.
Il est donc temps que les enseignants de la maternelle à
l'université confrontent leurs idées éducatives et
proposent.
18.12
(A partir de LE MONDE, 30.10.04 )
Le discours est à l'anti-pédagogisme et au retour aux
vieilles méthodes pré soixante-huitardes : dictée,
récitation et punition collective. On s'attendra bientôt
à voir justifiés les châtiments corporels.
Outre que les enseignants commençent à ne plus supporter
d'être ballotés d'année en année d'un
discours à l'autre - car il ne faut pas croire ces derniers, les
pratiques évoluent peu -, l'évolution du discours dans
les dernières années est carrément insupportable.
Passons sur les affirmations de l'absence d'autorité des
professeurs. Il n'est pas possible d'enseigner sans autorité,
qu'elle soit intellectuelle ou disciplinaire, et les deux vont
généralement ensemble. Certes, le discours
sécuritaire dans sa version adaptée aux enseignants en
difficulté devrait satisfaire quelques-uns d'entre eux. En
réalité, on ne proclame pas l'autorité. Celle-ci
est le fruit d'une image sociale de l'enseignant, du respect du savoir,
mais elle est aussi une alchimie particulière née d'une
relation personnelle avec les élèves : elle ne s'apprend
guère d'un tiers (d'aillleurs elle n'est pas enseignée
dans les IUFM), elle s'impose encore moins. Elle se construit et se
réfléchit individuellement, au fil des
expériences. Démagogie donc que cette proclamation du
rétablissement de l'autorité, une autorité qui a
changé de nature et qui n'a pas déserté certains
lieux.
La punition collective pose plusieurs problèmes. Elle est - c'est le sentiement d'un enseignant qui parle - contradictoire avec l'autorité personnelle du professeur. Car pour être respectée, elle doit être fondée, il nous semble (et c'est un appel au débat), sur la fermeté, certes, (gage de l'égalité des élèves devant la loi et du respect de la parole de tous), mais aussi sur la JUSTICE. Comment justifier la condamnation (car c'en est une) de tous pour la faute de quelques uns, lorsque l'on est, et c'est mon cas, professeur d'éducation civique. L'Education nationale doit-elle encore être inspirée par La Déclaration des droits de l'homme ou aspire-t-elle à devenir, comme d'autres espaces institutionnels, une zone de non droit ?
Non décidément, nos gouvernants sont
inconséquents. Soit ils ne réfléchissent plus aux
conséquences de leur discours, ce qui est possible, soit ils
émettent des signaux à visée uniquement
électorale, ce qui est probable, et il ne faut donc pas les
relever ou alors pour les dénoncer.
Or, dans le cas qui nous intéresse, il s'agit d'un texte
officiel : une circulaire parue au Bulletin
officiel, le jeudi 28 octobre. Celle-ci réaffirme "le
principe d'individualisation de la punition", mais ajoute qu' "une
punition peut être infligée pour sanctionner le
comportement d'un groupe d'élèves identifiés qui,
par exemple, perturbe le fonctionnement de la classe". Par ailleurs,
précise-t-elle, un professeur peut "donner un travail
supplémentaire à l'ensemble des élèves. Ce
travail doit contribuer à trouver ou retrouver des conditions
sereines d'enseignement". Cette circulaire accroît
également le rôle des professeurs au sein du Conseil de
discipline : le nombre de leurs représentants double, de 2 sur
11 à 4 sur 13.
Appel au débat donc.
Et pour notre part, appel à la dénonciation d'une
dérive autoritariste.
Depuis un an, le logiciel Signa ne fonctionne plus. Ce logiciel performant mesure depuis quelques temps la violence déclarée dans les établissements scolaires. Mais depuis septembre, plus rien. Et pour cause, les chiffres sont en forte hausse. Le rôle des médias est ici important. Car lorsque la période l'impose, l'insécurité explose sur nos téléviseurs et dans nos journaux radios ou écrits.
Les raisons de cette croissance de la violence scolaire (dans les statistiques, et on sait ce qu'elles valent souvent), sont multiples, mais il en est une dont on est sûr : la diminution du nombre d'adultes dans les collèges et lycées. La fin des emplois jeunes de l'éducation (aides-éducateurs) et leur remplacement seulement partiel par des assistants d'éducation, explique en grande partie cette évolution, ainsi que la disparition de statut de surveillant (MI-SE). Ces jeunes adultes qui sont des références pour les adolescents se sont vus privés d'un tremplin professionnel ou d'un financement de leurs études.
Les exemples dans les collège de Créteil sont probants : le Rectorat, et par-delà le gouvernement, n'a pas voulu répondre aux demandes des chefs d'établissement, des parents d'élèves, et des enseignants. Alors même qu'au collège Plaisance, par exemple, le Conseil d'Administration votait une motion, à deux reprises, alertant l'administration des difficultés présentes, et des incidents prévisibles à venir...
La lutte contre la violence commence par la levée du secret statistique.