Du rapport Thélot à la Loi d'orientation scolaire

En fixant des priorités éducatives, nous allons enfin donner du sens à la culture commune
qui doit être impérativement maîtrisée par tous les jeunes français. En faisant des choix,
nous venons de rompre avec une logique cotonneuse qui, chaque année,
conduit 150.000 adolescents dans le mur !

F. FILLON, discours au parlement le 24/03


SOMMAIRE TEXTE DE LA LOI D'ORIENTATION - "Loi Fillon"

25.02

La Loi d'Orientation Scolaire, qui va fixer la politique en matière d'éducation pour les quinze prochaines années, est désormais votée, dans l'urgence, mais votée. Le texte devrait connaître une application dès la rentrée 2006. Que reste-t-il dans ce texte après une longue lutte des enseignants et des lycéens : Dix choses que je sais d'elle : la Loi Fillon.
La loi avance au mépris de toute règle démocratique : le Conseil Supérieur de l'Education (cf. les dépêches AFP sur le Forum, rubrique E-duquons) a refusé le jeudi 16.12 un projet qui ne tient en apparence aucun compte du rapport Thélot  (rédigé par des experts...), qui déjà n'avait aucun rapport avec les conclusions du "Grand Débat sur l'Ecole" de l'an dernier, qui lui-même était une vaste blague...  Fillon l'a reconnu lui-même sur France Inter ce même jour : «tout le monde est satisfait du miroir du débat, mais on ne fait pas une réforme avec 60 millions d'avis».

Cette loi, derrière les rares bonnes intentions (langues, aides aux élèves en difficulté...) qui ne se traduisent par rien de concret (les promesses de Fillon de création de postes sont en contradiction totale avec la carte des suppressions de poste, suppressions historiques : -900 dans l'académie de Lille, -200 à Créteil), applique une volonté de réduire les dépenses de l'Etat en matière d'éducation, et de casser le statut des personnels, dans des logiques européennes de marchandisation de l'éducation dessinées à Lisbonne en 2000 et appliquées partout en Europe (cf. Forum, rubrique "Et ailleurs").

Prochaines étapes :

- En cours : dans la rue, contestation par les personnels EN d'une réforme qui réduit la qualité du service public et programme la destruction de leur statut fixé en 1950 : contestation à laquelle se joignent massivement (nouveauté par rapport à 2003), parents d'élèves et lycéens


La Loi d'Orientation TEXTE DE LA LOI D'ORIENTATION SCOLAIRE
Morceaux choisis, ajouts du sénat, sur le site Altermonde (24.03)
Télécharger le texte de loi voté à l'Assemblée en février 2005
Contre nous de la tyrannie : la Marseillaise obligatoire à l'école (25.02)
Enseignements des arts à l'école. De qui Fillon se moque-t-il le plus ? (4.01)
Le CNESR refuse lui aussi le porjet de loi Fillon. Mais cela ne changera rien (20.12)
Le CSE ( Conseil supérieur de l'Education) conte la loi Fillon Thélot (18.12)
Borloo s'y met aussi. Les mesures éducatives dans le plan de cohésion sociale (13.12)
Le rapport Thélot et la loi Fillon vue par le site Brave Patrie (site décapant anti-ump) (5.12)
Le projet de loi Fillon. Extraits commentés par un enseignant qui n'en peut mais... (3/12)
Fillon au travail ! Le document officieux confirme nos doutes et nos inquiétudes (23.11)
L'Heure du leurre : Le projet de loi Fillon (20.11)
Un calendrier joué d'avance (?) (23.10)
Le Rapport Thélot Une analyse d'une partie du rapport Thélot par une enseignante (29.10)
Derrière le rapport Thélot, la politique de l'Union européenne ? (26.10)
Version définitive et première lecture (12.10)
Démissions de membres de la commission Thélot (8.10)
De larges extraits du pré-rapport (17.09)
Première lecture du pré-rapport Thélot (août 2004)


Vie scolaire. Peut-on noter la vie des élèves ?  18.05


Souvenez-vous. La loi scolaire d'orientation et son rapport annexé (par ailleurs recalé par le Conseil constitutionnel et à ce titre non légal : voir notre analyse), mentionnait au titre des "novations" la nécessité de rétablir ou de créer une note de vie scolaire pour les élèves. Certains collèges de l'Académie ont reçu ces jours-ci l'invitation à participer à une "évaluation des attitudes des élèves en fin de collège à l'égard de la vie en société". Ceci concerne la mise en place généralisée pour 2006 d'une épreuve de vie scolaire valable au même titre que celles du Brevet des collèges. N'ayant encore aucune information sur le sujet, sur le mode d'évaluation, sur l'acteur-évaluant, on peut s'interroger de façon théorique sur cette idée "nouvelle" de noter la vie des élèves.

Reprenons le questionnement IUFM  donné lors d'une séance consacrée justement à l'évaluation, nouvelle marotte libéralo-pédagogico-comique du Ministère.

    1- Que doit-on évaluer ?
    2- Pourquoi on doit évaluer ?
    3- Quand doit-on évaluer ?
    4- Comment doit-on évaluer ?
    5- Où doit-on évaluer ?
    6- A quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ?

Réponse au questionnement numéro 1 après 4 heures d'ateliers : Peut-on noter la vie d'un élève ? Combien de points doit-on attribuer en fonction du niveau de richesse ? Doit-on prendre en compte le niveau d'éducation des parents, leur CSP ? Doit-on majorer la note si l'élève vit dans un quartier défavorisé voire ségrégé ?  Quel coefficient appliqué en fonction du nombre de frères et soeurs ?

Réponse au questionnement numéro 2 : Parce que le Ministère me le demande gentiment.

Réponse au questionnement numéro 3 : tout le temps.

Réponse au questionnement numéro 4 : On se propose face à un questionnement aussi complexe de réaliser un tableau détaillant le barème d'une telle note de vie scolaire

Critères du barème Nombre de points sur 20
Modulation du barème
Pauvreté
3
Voir fiche de paye et moduler en fonction.
Education et langue des parents
5
L'IUFM éditera un livret avec des correspondances.
Quartier de résidence
5
Quartier vertical +5, quartier horizontal 0, quartier éloigné +3, quartier de haute sécurité +4
CSP du foyer
3
Voir brochure IUFM/INSEE
Trouble médical ou psychologique
3
Si le trouble ne gêne pas le professeur +3, si le trouble gêne tout le monde -3
Nombre de frères et soeurs 1
Si plus de 5 frères et soeurs pour 10m2 de logement
Bonus poids du cartable
+2
Distance parcourue entre le logement et l'établissement : Si + de 20 kms = +2


Réponse au questionnement 5 : Tout lieu public est valable pour cette opération : prison, hôpital, établissements scolaires.

Réponse au questionnement 6 : C'est la question la plus importante. Pourquoi tout ça ? Pourquoi remplacer ce qui relève de la sanction, de l'autorité des adultes, par  une note ? Donner l'illusion aux enseignants de récupérer une partie de leur autorité perdue ou mieux encore leur permettre de se venger lamentablement d'un élève récalcitrant ? Qu'espère-t-on ? Résoudre tous les problèmes de violence et d'indiscipline en donnant une note alors que les élèves visés sont précisément ceux pour qui la note n'a plus de sens ?

On poursuivra la discussion dès que les modalités d'application tomberont.





La Loi Fillon recalée par le Conseil Constitutionnel : 2e session en septembre 23.04


Le Conseil Constitutionnel a validé vendredi 22 avril l'essentiel de la Loi Fillon. Deux exceptions. L'article 7 qui définit les missions de l'école et qui a été jugé trop général par les juristes officiels du Conseil. Pas si anodin cependant cette suppression du principe général de la loi (voir notre analyse sur ce point). Camouflet ! L'article 12 de la Loi qui porte sur les objectifs et orientations du rapport annexé est supprimé. Or l'essentiel des implications concrètes de la Loi étaient contenues dans ce rapport annexé (Relire nos analyses du texte de Loi et du rapport). La procédure d'urgence qui devait prendre de cours les mouvements de lycéens et d'enseignants contre la Loi, a eu pour conséquence probable un travail baclé.  Fillon n'est pas content c'est un fait : "le rapport annexé à la loi a été disjoint pour une raison de procédure (...) sans que son contenu soit remis en cause sur le fond. Le rapport est la référence pour l'action du ministère. Il sera intégralement mis en oeuvre", affirme t-il à la suite du rejet du Conseil Constitutionnel. C'est en effet l'orientation du gouvernement en matière scolaire qui est attaquée. On comprend donc la réaction du ministre arcquebouté sur le socle commun de connaissances. C'est en effet ce qui reste de la Loi telle que promulguée ce dimanche 24 avril. Or ce socle commun n'est pas défini dans la Loi. On comprend aussi que le ministre, comme on s'y attendait d'ailleurs reporte l'essentiel de son projet sur la reglementation et les circulaires qu'il annonce déjà pour les mois à venir pour une application en septembre. La lutte contre la loi néfaste doit se poursuivre, tant sur les principes (voir notre video-tract contre la Loi) que sur les modalités d'applications (remplacement interne par exemple).

                                                                                                                       23.04








Dix choses que je sais d'elle : La Loi Fillon 29.03


Après le vote par le Parlement en urgence de ce texte préparé de longue date, il est temps de faire le point pour savoir d'une part à quoi l'on peut s'attendre pour la rentrée 2006 et d'autre part sur quoi on peut se battre dès maintenant.

En gras des extraits du texte définitif, soulignés des liens dans le site pour plus d'informations.

Quelques principes se dégagent :


Cf. aussi l'analyse de notre compère pachydermique, le "Mammouth Déchaîné".



"Contre nous de la tyrannie" ou, "La Marseillaise même en reggae" (25.02)

Parmi les amendements proposés par les umpistes pour enjoliver la loi d'orientation sur l'Education, l'obligation d'apprendre la Marseillaise aux écolier.
Réaction du site Brave Patrie, qui se félicite de la nouvelle en déplorant la frilosité de Jérôme Rivière (pourquoi pas "Maréchal nous voilà ?") et de Bernard Girard, enseignant à Laval (53), qui a envoyé à Cétacé la contribution qui suit.


L' Assemblée Nationale a décidé d'inclure à la loi Fillon un amendement imposant l'apprentissage de la Marseillaise à l'école.

L'auteur de l'amendement ? Un certain Jérôme Rivière, député UMP des Alpes Maritimes, dont personne ne peut feindre d'ignorer la sympathie pour l'extrême-droite. Il s'était rendu célèbre, notamment, comme responsable d'un site internet ouvertement raciste et xénophobe et en jetant l'anathème sur le MRAP.

On connaît la fascination d'une certaine idéologie politique pour les notions de pureté de la race et du sang ; c'est par le biais d'une loi sur l'enseignement que ces thèmes nauséeux trouvent leur place à l'école, en faisant chanter aux enfants ces paroles hideuses et dangereuses : « qu'un sang impur abreuve nos sillons ».

On sait très bien que cet hymne national n'a jamais fait l'unanimité en France et que nombre de parents - qui sont quand même, jusqu'à plus ample informés - les premiers responsables de l'éducation morale de leurs enfants, le rejettent comme contraire à leurs valeurs. Ce qui est le cas également pour beaucoup d'enseignants qui, en outre, ne comprennent pas comment on peut, d'un côté, interdire le foulard à l'école au nom de la « neutralité » de l'école et de l'autre introduire une obligation contraire à la plus élementaire des libertés de conscience.

Il faut dire qu'à l'Assemblée Nationale on a pris la fâcheuse habitude de s'essuyer les pieds sur cette liberté de conscience, notamment lors de la création, il y a 2 ans de cet invraisemblable délit d' « outrage aux symboles nationaux », délit sanctionné par une amende de 7500 euros et de plusieurs mois de prison [dans la fournée des lois Perben II, sauf erreur].

Sur ce thème, où, une fois de plus, mythe national et Front National sont étroitement mêlés, il va falloir tirer les choses au clair et réagir promptement : les enseignants accepteront-ils sans sourciller que des thèses racistes et haineuses se trouvent comme métamorphosées en valeurs civiques sous couvert d'un hymne stupidement national ? Jusque là, ils sont déjà descendus dans la rue pour moins que ça...

Bernard Girard, enseignant, 53000 Laval




Enseignements des arts à l'école. De qui Fillon se moque-t-il
le plus ?
(4.01)

Ces jours-ci, stimulé par le Chi himself, le ministre bicéphale plénipotentiaire Fillon-Donnedieu de Vabres annonce un plan de relance des enseignements des arts à l'école. De qui se moque-t-on ?

Retour sur quelques mois :

Cette année (héritage Ferry, budget Fillon) les classes à PAC (projet culturel et artistique) sont réduites de façon draconiennes dans les établissements primaires et secondaires, pour cause de restrictions budgétaires. Ces projets qui permettaient aux enseignants de collaborer avec des artistes, ont donné - j'en témoigne en tant qu'enseignant d'un établissement en ayant obtenu - des projets tout à fait remarquables tant au point de vue de la pratique artistique que de l'épanouissement personnel des élèves. Le ministre qui doit répondre à ce type d'argument explique : "c'est un miroir aux alouettes qui concerne à peine 3% des élèves" ;  admirez le sophisme. A ce titre le grec et le latin (qui concernent moins d'élèves) ont du souci à se faire. Il est vrai que les langues rares ont du mal à survivre depuis deux ans. Mais c'est oublier qu'il s'agit en réalitré de 3% annuel et que sur une scolarité qui dure 3+5+4+3 années au mieux, soit 15 ans, c'est la possibilité pour de nombreux élèves de particper un jour à ce type de projets.

Pire encore, dans le rapport Thélot (voir toute la page) et dans l'avant-projet de loi Fillon les arts ont été sacrifiés, ne faisant pas partie du socle commun. Bien sûr le ministre affirme aujourd'hui qu'on lui fait un procès d'intention. En réalité il en était de même pour l'histoire-géographie et les sciences réintégrées (théoriquement) dans le socle commun après pressions multiples des savants et des enseignants. Il en est de même pour les arts. La pression des artistes et des enseignants à obliger le ministre à revenir sur son projet, au moins en théorie. Il faut absolument dénoncer cette façon de percevoir l'enseignement, c'est-à-dire un enseignement résumé aux savoirs-faire de l'entreprise qui relègue dans les oubliettes tout enseignements culturel et artistique. Une folie !



Le CNESR refuse lui aussi le projet de loi Fillon. Mais cela ne changera rien (20.12)

Le Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la recherche vient de voter contre le prjet de loi Fillon, dans les mêmes termes, quasi unanimes de son confrère le CSE (voir plus bas). Le ministre peut donc se vanter d'avoir fait l'unanimité avec félicitations du jury.
Le Conseil a mis en valeur la question du remplacement interne des enseignants absents et la question plus vaste de la transformation de l'orientation des élèves. Il dénonce globalement une logique "libérale" à l'oeuvre dans le projet de loi.
Le mois de janvier sera donc marqué par deux événements :
- la présentation du projet de loi en conseil des ministres car bien évidemment ces conseils, commes tous les conseils sont purement consultatifs et n'auront aucune influence sur le déroulement de la démarche législative. .
- un mouvement de grève et d'actiosn des enseignants qui forts de la journée de décembre et des actions en cours dans les collèges d'Ile de France, se relèvent.


Le CSE ( Conseil supérieur de l'Education) contre la loi Fillon Thélot (18.12)

Qu'est-ce-que le Conseil Supérieur de l'Education qui se permet de retoquer le porjet de loi Fillon à la quasi unanimité ? Il est ainsi composé : L'assemblée générale comporte 157 membres répartis comme suite : 25 membres nommés par les institutions de l'état, 72 membres élus représentants de l'éducation et de la formation 30membres représentants les organisations syndicales et de la formation, 30membres représentants les organisations syndicales et associations des  PE, 30 personnalités du monde des sciences, de l'éducation et de la culture nommées par le président de la république.(plus d'infos sur le CSE)
Il a statué vendredi 17 décembre sur la valeur du projet de loi Fillon Thélot (nous on avait statué un peu plus tôt : voir quelques unes de nos analyses : le rapport Thélot, le projet de loi, analyse en primaire, en secondaire, et l'Europe dans tout ça.
D'après les dépêches de nos agences préférées :

Le conseil supérieur de l'Education (CSE), instance représentative du monde éducatif dont l'avis n'est que consultatif, s'est très majoritairement prononcé jeudi contre le projet de loi d'orientation sur l'Ecole du ministre de l'Education nationale, François Fillon. Rejeté par 39 voix contre, 4 voix pour et 9 abstentions, le projet de loi Fillon a en outre fait l'objet d'un voeu global adopté par la majorité souhaitant que le projet soit retravaillé. A l'issue de plus de huit heures de débats, le ministre a rappelé que "le débat ne s'arrête pas avec cette séance du CSE, j'ai bien l'intention de continuer le dialogue jusqu'au vote du Parlement début 2005". Parmi les 52 personnes présentes - sur 97 membres du CSE, présidé par le ministre - le Medef et la CFTC notamment ont voté pour, tandis que la CFDT, le SNPDEN (chefs d'établissement), la Peep (parents d'élèves), l'Unaf (associations familiales), le CSEN, le Snalc-CSEN (enseignants, droite), la Fage (étudiants) et le Spelc (enseignement catholique) se sont abstenus. M. Fillon a assuré que "les motifs qui fondent les positions des syndicats opposés au projet sont contradictoires: certains jugent qu'il faut un socle mais veulent corriger sa définition mais d'autres n'en veulent pas (...), certains sont pour la modernisation du bac, d'autres contre, certains soutiennent la liberté pédagogique des enseignants, d'autres sont contre". Dénonçant "un vrai projet de régression", la FSU, principale fédération du monde éducatif, s'est élevée contre l'absence de "moyens permettant d'atteindre les objectifs" fixés par M. Fillon et l'absence de volonté de "développer des solutions collectives". "Parce qu'elle en conteste la logique d'ensemble, la FSU et ses syndicats ne chercheront pas à amender partiellement (le projet de loi, ndlr): ils voteront contre et ils entendent continuer à mener le débat pour faire avancer des propositions qui permettent de contribuer véritablement à la réussite de tous", a-t-elle déclaré. De son côté, l'Unsa-Education, a affirmé dans un communiqué à l'issue du vote, qu'"en l'état, le projet de loi ne résoudra aucun des défis posés au système éducatif". La fédération des parents d'élèves de l'enseignement public, la Peep, avait en outre demandé mercredi "officiellement au ministre de tenir compte du vote qui sera émis et de revoir sa copie s'il ne recueille pas une majorité de voix favorables" du CSE. Le projet de loi d'orientation sur l'Ecole doit passer devant le conseil des ministres le 12 janvier pour un débat parlementaire en février-mars. Les premières dispositions de la nouvelle loi doivent prendre effet à la rentrée prochaine.


Borloo s'y met aussi. Les mesures éducatives dans le plan de cohésion sociale 13.12

Il vous aura...
Il nous aura...
Echappé ...
Que...
Dans le plan Borloo
Dit de cohésion sociale
.......
Il y a
Il y a
des mesures éducatives...

Dans le texte :

TITRE III -PROMOTION DE L'ÉGALITÉ DES CHANCES/Chapitre Ier A/   

Accompagnement des élèves en difficulté/
Article 54 B

Les dispositifs de réussite éducative mènent des actions d'accompagnement au profit des élèves du premier et du second degré et de leurs familles, dans les domaines éducatif, périscolaire, culturel, social ou sanitaire. Ils sont mis en œuvre dès la maternelle, selon des modalités précisées par décret, par un établissement public local d'enseignement, par la caisse des écoles, par un groupement d'intérêt public ou par toute autre structure juridique adaptée dotée d'une comptabilité publique.
Les dispositifs de réussite éducative s'adressent prioritairement aux enfants situés en zone urbaine sensible, ou scolarisés dans un établissement relevant de l'éducation prioritaire. Chaque année, un bilan des dispositifs de réussite éducative est présenté à l'ensemble des partenaires y contribuant.

Article 54 C

Le livre IV de la première partie du code général des collectivités territoriales est complété par un titre IV ainsi rédigé :

« TITRE IV - ÉTABLISSEMENTS PUBLICS LOCAUX DE COOPÉRATION ÉDUCATIVE
 Art. L. 1441-1. - Une commune ou un établissement public de coopération intercommunale peut constituer avec l'Etat un établissement public local de coopération éducative chargé de mobiliser et de coordonner l'ensemble des acteurs afin de contribuer, notamment par la création de dispositifs de réussite éducative, au développement et au soutien éducatif, culturel, social et sanitaire des enfants.
« Art. L. 1441-2. - Les établissement publics locaux de coopération éducative sont des établissements publics à caractère administratif créés par arrêté du représentant de l'Etat, sur proposition de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale intéressé.
« Un décret en Conseil d'Etat détermine les règles d'organisation et de fonctionnement de ces établissements. »

Article 55

1° L'article L. 341-1 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Des groupements d'intérêt public peuvent également être créés pour apporter, en particulier par la création de dispositifs de réussite éducative, un soutien éducatif, culturel, social et sanitaire aux enfants relevant de l'enseignement du premier et du second degrés. ».

 

Le projet de loi Fillon. Extraits commentés par un enseignant qui n'en peut mais... (3/12)

Ca y est le projet de loi est tombé ce vendredi 3 décembre.
Il était dans les cartons avant même le rapport Thélot, avant même le "grand" débat (durant lequel fort naivement les parents, les enseignants, les élèves de mon établissement avaient demandé l'extension du socle commun par de nouvelles matières alors que le ministre retient un socle minimal), "grand débat" donc, avant même que Fillon ait été nommé, avant même que la droite soit revenue aux affaires (ô allégresse)...
Il est tombé, ramassons le.

Extraits commentés par un enseignant qui n'en peut plus d'être balloté d'un ministre à l'autre, d'une instruction à l'autre et qui rêve de la liberté pédagogique proclamée et jamais donnée (mais prise un peu quand même...)


Extraits en maigre/Commentaires en gras

Article I : Dimension "morale" de l'éducation. Fillon is a born again ?
Article IV : Socle commun de connaissances. Mini, mini, mini, mini. Tout est mini dans notre vie ! (Qu'est-ce-que c'est ?).
Article V : Création d'un haut conseil de l'éducation. La France est le pays qui compte le plus de haut conseil (il faut recaser les anciens ministres entre autres)
Article VI : Contrat individuel de réussite éducative (c'est la mesure phare il parait et c'est vrai). Attention les oreilles :"le contrat a vocation à mobiliser les partenaires : collectivités locales et associations périscolaires". Vive les sectes éducatives (c'est leur premier domaine aujourd'hui avec la formation des adultes). Vivement qu'un département ou une région passse au front national que le périscolaire trouve son plein épanouissement !
Article XIV : La culture du résultat dans les établissements scolaires. Vivement que l'on soit payé en fonction des notes mises aux élèves !
Article XXIII : "Les enseignants peuvent être appelés pour assurer la continuité pédagogique en cas d'absence d'un professeur à effectuer des enseignements complémentaires". Admirez l'entourloupe : "complémentaires".(le nouveau remplacement).
Article XXIV : Encadrement de la liberté pédagogique des enseignants. Proclamer une liberté pour pouvoir mieux contrôler les individus, ça s'appelle le libéralisme.
Article 2 :  Les objectifs quantifiables, la mesure de l'efficacité du système éducatif, l'examen des résultats. Marketing! Je disais encore l'autre jour au CPE du bahut que le plus efficace pour contrôler les entrées et sorties des élèves est de leur tatouer un numéro sur l'avant-bras.

Il y a aussi un rapport annexé qui n'est autre que le texte non amendé ou presque par les discussions courtoises avec nos chers partenaires sociaux qui devraient se poser des questions sur leur courtoisie et leur rôle de partenaire, texte donc, qui est un mêle des idées de Fillon (idées faut pas pousser...), du Lisbonne 2000, des objectifs gouvernementaux, etc.
ad libitum.

télécharger le projet de loi scélérat sur le site du gouvernement non moins scélérat

Et le danger est encore plus net lorsqu'on lit le texte intégral de la conférence de presse du ministre


Fillon au travail ! Le document officieux confirme nos doutes et nos inquiétudes (23.11)

Nous avons pu nous procurer le document de travail soumis aux "partenaires" (adversaires selon Dutreil) sociaux. Le texte de 27 pages est en téléchargement plus bas. L'analyse suivante mentionne les pages utiles.

L'introduction confirme l'ancrage du propos de Fillon dans le discours européen et Thélot (voir notamment p. 3). On retrouve la philosophie de Lisbonne sur les enjeux démographiques et sociaux de l'éducation et le topo sur l'économie de la connaissance qui doit régir désormais les systèmes éducatifs ( Derrière le rapport Thélot, la politique de l'Union européenne ?). Il faut noter un glissement clair qui se retrouve dans d'autres textes officiels, des valeurs "civiques" aux valeurs "morales" que doivent transmettre les enseignants, ce que Thélot avait omis de signaler (p. 2).Il se confirme que désormais l'éducation a pour vocation de répondre aux besoins d el'économie (ibid. p . 2). Le pilotage par objectif et résultats se confirme aussi nettement (p. 6).
On peut précise un peu le socle commun : "il ne s'agit pas de resserrer les exigences de l'école sur un bagage commun minimal mais d'instaurer une obligation de résultats qui bénéficie à tous et permette à cahcun de développer se stalents et d'atteindre ses objectifs professionnels et personnels" (p. 7). On s'oriente donc si le document de travail n'est pas un leurre (L'Heure du leurre : Le projet de loi Fillon) vers une évaluation du socle commun et non une restriction des matières enseignées. Méfiance, méfiance... attendons que le leurre se dévoile. La pression des historiens et des scientifique a d'ailleurs fait réintégréer ses matières dans le socle, étonnant non ? Le brevet des collège devient dans cette optique une validation de ces acquis.
Un contrat de réussite éducative (ah la société du contrat !) est mis en place pour els élèves qui échouent dans cette acquisition. Mais comment vont-ils faire pour mettre en place ses heures d'enseignement individualisé ou en groupe sans supprimer des matières ou diminuer les heures matières. Il faut je crois envisager ici que le ministère pense à uen réduction drastique du nombre d'heures d'enseignement par matières. On peut donc imaginer dans le meilleur des cas, à moyen constant (c'est une supposition) :  au lieu de trois heures d'histoire face à la classe : deux heures communes, une heure d'approfondissement pour les bons élèves, une heure de contrat réussite pour les faibles. Il va falloir préciser tout ça monsieur le ministre ! (p. 8-9)
Et on voir ressurgir le projet de 3e de Fillon, qui avait été abandonné l'année dernière. Sous couvert de rapport Thélot, Fillon replace ses idées ! (p. 10)
Sur le remplacement Fillon avance des chiffres : 72 heures maxi de remplacement par an ! ce qui équivaut je crois à plus de deux heures sup effectives DE REMPLACEMENT en plus des heures de service (qui contiennent déjà des heures sup dues au non recrutement de TZR .(p. 14)
La nomination de professeurs de lycée professionnels en collège peut surprendre. Mais non : cela évite des recrutements et on va aller chercher des spécialistes de génie civil pour enseigner les maths en 6e.
La formation d'un conseil pédagogique dans les établissements promet de belle bataille : vive les petits chefs ! (p. 18)
Je laisse l'analyse du lycée et des primaires à qui souhaite lire.
La menace Thélot se précise quand au rôel des collectivités locales dans le cadre de la décentralisation (p. 23) et quant au rôle des entreprises dans l'école (p. 24).
On peut s'attendre à une suppression pure et simple des enseignements artisitiques relégués en fin de document et donnés aux collectivités ou réduits à UN atelier en collège et lycée. Nos collègues artistes sont-ils au courant?
Bonne lecture.
                                                                                23.11
Télécharger les 27 pages du document de travail de Fillon



L'heure du leurre : Le projet de loi Fillon (20.11)

Le Ministre a parlé (longuement).

Premières remarques : Le grand débat national et la commission Thélot (et leurs millions d'euros) ont été tempérés par l'ambition politique du ministre UMP. Plus qu'un grand projet de réforme, il s'agit d'un catalogue de mesures donnant aux uns, aux autres ; et surtout donnant l'impression (j'ai bien dit impression) du ridicule et de la démagogie. On est loin de la vision d'ampleur du rapport Thélot. Ce qui ne signifie pas, on le verra, que ce projet de loi n'est pas dangereux. Il est même beaucoup plus dangereux ainsi en évitant la visibilité trop grande de la réforme. Il ne faut pas oublier que ce ministre est celui qui a accouché de la Grande Réforme des Retraites.

En premier lieu il faut garder à l'esprit que ce projet de derriere_le_rapport_Thelotligne de l'Europe de la connaissance et de l'objectif de Lisbonne 2010 qui impose une réforme rapide et uniforme des systèmes éducatifs européens.

En second lieu, l'essentiel du projet (encore amendable dit le démocrate) est contenu dans quelques mesures dont le grand public ne verra pas l'enjeu. Les remplacements en interne derrière leur philosophie humanitaire sont une machine de guerre contre l'enseignement et le savoir en eux-mêmes. Ceux qui ont déjà enseigné (et j'en suis) savent qu'on ne peut se retrouver devant une classe inconnue à improviser un cours non construit - qui demande des heures de réflexion, des moyens pratiques - qui plus est s'il s'agit d'enseigner une matière non maitrisée par l'enseignant. Comme revalorisation du savoir on fait mieux !

En troisième lieu, l'essentiel du projet est, et qui s'en étonnera ?, de faire des économies :
- la réforme du bac consiste en une diminution des matières à l'examen : c'est-à-dire moins de fric à dépenser en juin.
- le remplacement par les enseignants présents sert à ne plus recruter de remplacants et d'éducateurs.
- le socle commun de connaissances vise à supprimer des heures (tout comme la disparition des TPE au lycée).

En quatrième lieu, justement, le socle commun des connaissances est la chose la plus dangereuse du projet de loi. Pourquoi, parce que le ministre s'est bien gardé de le définir. S'agit-il de constater au Brevet des collèges l'état des connaissances et des savoirs-faire d'un élève et de sanctionner ses acquis ? Ou bien pire s'agit-il de différencier les élèves entre ceux qui ont une aptitude naturelle et sociale à recevoir des enseignements nobles et d'autres inaptes à les recevoir et destinés uniquement à apprendre les bases de l'esclavage moderne (techniques mathématiques, informatiques et linguistiques). Il est fort probable que l'essentiel de la philosophie du projet se trouve ici

Passons rapidement sur la démagogie de Fillon, estimant amadouer la révolte des professeurs en leur redonnant un semblant d'autorité : l'autorité ne se donne pas, elle se construit par le savoir et la relation à l'élève (sur l'autorité et l'enseignement). La réflexion sur le redoublement est un leurre. Tout le monde sait parfaitement qu'il peut être utile et n'est pas non plus la panacée. Dire (et ne surtout pas faire car en dernier ressort ce redoublement est le fait des directeurs d'établissements) que l'on redonne ce pouvoir aux enseignants est purement et simplement démagogique. Pour ma part je ne suis nullement en demande de ce type de cadeaux.

Un étonnement : pourquoi garantir la liberté pédagogique qui pour l'instant ne nous parait menacée, même par le projet de loi d'ailleurs ? Soit il s'agit d'une proclamation démagogique de plus, soit la mise en place du socle commun va toucher à cette liberté.

Au final on doit se confronter à un projet de loi qui est un leurre. On nous envoie ailleurs (autorité, liberté, bac/brevet) par des leurres. L'essentiel est dans le socle commun de connaissances qui n'est pas défini, qui se joint à la réorganisation de l'orientation, qui n'est pas définie. L'essentiel est dans la poursuite de la destruction progressive du service public d'Education. Encore un leurre : on nous annonce un plan pluriannuel de recrutement mais les chiffres montrent une diminution drastique des adultes dans les établissements.
Et si nous prenions le temps, ensemble de réflechir à notre enseignement, à nos méthodes, et si nous reformions nous-mêmes l'Education au lieu de subir les projets politiciens et retors de nos élites qui n'ont jamais mis le pied dans une classe ?

                                                                                                                       20.11


Le rapport Thélot et la loi Fillon vue par le site Brave Patrie (site décapant anti-ump).

Jusqu’ici, l’école, officiellement censée éduquer nos sauvageons, ne faisait en fait que les confiner dans un univers irréaliste de farniente. Nourri au regime de moins de 35hoo de cours, l’école transformaient fatalement nos enfants en inadaptés du monde du travail et du service des armes. Non contente de ruiner les espoirs des personnes âgées en une retraite honorablement rémunérée, l’école bloquait la croissance bravepatrienne en interdisant le travail avant l’âge de 16 ans, ceci pour des motifs droits de l’hommistes et alter soviétiques, privant ainsi les jeunes générations de travail et les envoyant tout droit à l’ANPE. Heureusement, avec le rapport Thélot, il semble bien qu’une page noire de notre histoire éducative puisse être tournée... la suite  sur Brave patrie.


Derrière le rapport Thélot, la politique de l'Union européenne ? (HG - 26.10)

Le simulacre démocratique de la scansion débat national/commission et rapport Thélot/Loi d'orientation scolaire rappelle les sombres heures du débat/rapport/loi sur la Sécurité sociale ou sur les retraites. Pourquoi un gouvernement affaibli comme l'est celui de Monsieur R. (Riff Raff pour les intimes) se lance t-il dans une politique éducative de grande envergure touchant aux professionnels, aux filières, au financement et à la philosophie globale de l'éducation en France ?

Les états européens membres de l'Union Eurpéenne se sont engagés en 2000 à faire du continent un pôle dominé par l'économie de la connaissance dans le but d'affronter la concurrence des grands blocs que sont les Etats-Unis, le Japon et la Chine émergente. Le pari défini par l'Union est de transformer radicalement le système éducatif européen, jusqu'alors mis à l'écart des politiques européennes (sauf les programmes d'échanges universitaires comme Erasmus) et surtout des directives, dans cette optique concurrentielle (les objectifs de l'UE sur le site officiel de l'UE). Ces obejctifs ont été concrétisés en 2001 (voir ces objectifs en pdf). Objectifs par ailleurs forts démocratiques, fondés sur l'épanouissement des citoyens et l'extension à tous de l'éducation.

Le travail du gouvernement et la philosophie du rapport Thélot s'éclairent à l'aune de la lecture de quelques documents que Cetacé ! met à votre disposition (voir plus bas les fichiers pdf tirés du site officiel de l'Union Européenne : www.europa.eu.int ). Cette lecture étant fastidieuse, répétitive et technocratique à souhait, on vous en propose l'analyse qui suit qui ne dispense en aucun cas de s'informer par soi-même en lisant le texte. Ces textes ont un grand intérêt, celui de présenter de façon technique, avec nombre de statistiques intéressantes, les évolutions des systèmes éducatifs européens et les politiques à mettre en place. Car il s'agit bien de cela, sans le dire, de diriger l'évolution de l'éducation en Europe à l'horizon 2010 (voir le programme de 10 ans sur le site de l'UE).

La mise en conformité des systèmes éducatifs européens aves les objectifs de Lisbonne 2000 n'est pas assez rapide au goût des technocrates bruxellois. Ils paniquent même puisqu'il s'agit de courir après le succès présumé des systèmes étatsunien et japonais. Alors nos technoéducateurs ont inventé des indicateurs neutres et objectifs, nommés BENCHMARKS (plus de précisions sur ce truc). Néologisme anglo-allemand qui effraierait le moindre politique et éducateur français, ce qui explique son absence notable dans le rapport Thélot (vérifier soi-même cette absence en parcourant les 164 pages du rapport - attention, ce rapport pèse 5,2 Mo, il faudra 15 minutes en bas débit).

En 2003 et 2004 l'Union européenne a produit deux textes qui montrent (ou sont censé montrer) l'urgence à réformer les systèmes éducatifs européens. L'introduction du rapport en appelle à un sursaut afin de remplir les objectifs fixés à Lisbonne en 2000 (communication 2003). On s'étendra sur le dernier rapport en date, celui de mars 2004 (42 pages de pur plaisir). Des choses très positives dans ce rapport (commme dans les autres d'ailleurs) : nécessité d'accroître la part financière publique et privée pour la connaissance et l'éducation, échanges européens renforcés, etc. Mais les BENCHMARKS se précisent : cinq indicateurs doivent être particulièrement favorisés par les états européens. conclusion du rapport 2004 : "Le rythme des réformes du système d'éducation et de formation doit être accéléré" (p. 6). Le LMD dans le supérieur est une conséquence directe de cette politique européenne en voie d'accélération. Il est applicable cette année ou l'année prochaine dans les universités françaises, mais personne ne sait ce que c'est. La reconnaissance commune des qualifications dans tous les pays ressort aussi de ce principe.

Quel rapport avec le rapport ?
Un des points soulevés en 2004 est le suivant : avec l'évolution démographique, le nombre trop élevé de décrocheurs scolaires devient une plaie (supportable auparavant). Les statistiques montrent d'ailleurs que la France compte parmi les pays qui en ont le moins en Europe. Le but est donc de diviser par deux ce nombre d'ici 2010 (page 18). Le rapport de Thélot se nomme Pour la réussite de tous les élèves. Y aurait-il un lien de cause à effet entre les objectifs démographiques et économiques de l'Union et le titre du rapport Thélot ? Citons non pas le rapport Thélot mais le rapport de l'UE (2004) : "Tous les individus doivent acquérir un socle minimum de compétences pour pouvoir apprendre, travailler et s'épanouir dans la société et l'économie de la connaissance", d'où les objectifs en lecture, écriture, calcul. Thélot a fait un copié collé du rapport UE 2004 ! Nos technocrates sont inquiets : les enseignants ne se bousculent pas au portillon pour remplacer les retraités ! Comment faire ? pas de réponses pour l'UE. pas de réponse pour Thélot, ah si : on augmente leur temps de travail.

Les trois piliers pour réussir selon l'UE :  concentrer réformes et moyens sur les points clés (j'ai déjà entendu ça quelque part) par une utilisation plus efficaces des ressources financières. Comment ? par la "réduction des poches d'inefficacité", "une contribution plus importante du secteur privé" (page 23 du rapport 2004). Il faut renforcer la formation continue des enseignants ce qui est une des mesures d'ailleurs fort positive du rapport Thélot. Quel est le socle commun pour l'UE : lecture, maths, langue (anglais), TIC : merci l'UE. Par contre le climat particulier de la France a du faire sauter une ligne dans le rapport : faire acquérir "l'esprit d'entreprise" (page 25). dans ce cadre il faut faire évoluer les pratiques des enseignants, développer l'orientation et les partenariats divers : copié-collé de monsieur Thélot.

Voilà, le rapport de Monsieur Thélot n'est qu'un vulgaire calque des propositions directives de l'Union Européenne déssinées à Lisbonnne en 2000 et réaffirmées vivement en 2004. Bonne lecture.

 (26.10)


L'analyse d'une partie du rapport Thélot par Marine, enseignante dans le primaire (Marine - 29. 10)

Trois niveaux de lecture possibles : en gras une synthèse de l'analyse, des citations du rapport entre guillemets, des commentaires précis.

A une exigence légitime : la réussite de tous les élèves,
À l'exigence légitime d' «une amélioration de l'Ecole qui rende possible la réussite de tous les élèves » (p. 19), exprimée par les participants au grand débat national sur l'avenir de l'Ecole, à l'automne dernier,...

une réponse de la politique et de l'économie européennes
...la commission Thélot répond par des choix européens en matière de système éducatif, dont les orientations politiques et économiques ont déjà abouti à la destruction des systèmes de protection sociale (réforme des retraites et de la Sécurité Sociale) et de certains services publics, dont le service de santé.
«Une réflexion prospective sur l'avenir de l'Ecole ne pouvait toutefois faire l'impasse sur les effets que la construction européenne ne peut manquer de produire (...) sur la conception des missions et du fonctionnement de l'Ecole de la Nation. Cette réflexion peut être conduite de trois points de vue : - l'harmonisation, fondée sur les préoccupations communes, des politiques éducatives nationales... », (p. 21)

qui appauvrit considérablement le rôle et les missions de l'Ecole :

Marine (29.10)


Le calendrier de la loi d'orientation scolaire (HG - 23. 10)

Après la phase actuelle de "concertation" des partenaires sociaux (hélas le mot de "partenaires" est désormais bien choisi si l'on en croit les dires de la FCPE et de la CFDT), le Conseil Supérieur de l'éducation devrait donner en décembre son accord favorable. Le projet de Loi d'orientation scolaire, déjà rédigé depuis belle lurette sera présenté en conseil des ministres en janvier et transmis le plus rapidement au parlement, simple chambre d'enregistrement.
Nos chers parlementaires travaillerons, amenderons, peaufinerons le texte à la fin de l'hiver.La loi est discutée à l'Assemblée nationale au Printemps. Les sénateurs en fin de sieste confirment unanimement le texte. La Loi sera donc votée en mai. Rédaction des règlements en 2005. Application de la loi à la rentrée 2006.

Un petit problème : les consultations avec les syndicats s'achèvent le 16 novembre. Le projet de loi est prévu pour le 18 novembre. Cherchez l'erreur !


Rapport Thélot : version définitive et première lecture (JLB et HG - 12.09)

La version définitive du rapport Thélot est consultable sur le site de la Documentation Française : rapport définitif en ligne.

Restrictions budgétaires en vue, derrière les "belles" idées

Il est intéressant d'observer les points sur lesquels se focalisent les médias : ils montrent les pistes que teste le gouvernement dans l'opinion et chez les professionnels, et annonce certainement ce qui est amené à être conservé dans ce long rapport.
Et là, force est de constater que, dernière la bonne volonté affichée, la plupart des réformes phare peuvent se lire sous l'angle des économies budgétaires, une fois de plus...

Exemples :

  • recentrage sur les enseignements fondamentaux "lire, écrire, compter" ET (??) "informatique", "anglais langue de communication internationale" : comment s'opposer à de tels objectifs ? Mais comment ne pas voir qu'un enseignement qui n'est plus "fondamental" est dès lors menacé, et ne pas lier cette évolution souhaitée avec les suppressions massives d'options dites "rares" et de réduction des DHG qui amène les matières au "niveau plancher" dans les collèges en particulier.
  • scolarisation obligatoire avant 5 ans: derrière l'apparence généreuse d'un abaissement de l'âge de scolarisation obligatoire (6 ans auparavant) pourrait bien se cacher la volonté mainte fois perceptible de liquider la maternelle. En effet, à quoi bon abaisser cet âge alors que, de fait, la scolarisation est massive au plus tard à 3 ans, si ce n'est pour souligner que la scolarisation n'est PAS obligatoire avant cet âge. Objectif économique supposé : remplacer les Professeurs des Ecoles en maternelles par des personnels moins qualifiés, et donc moins payés. Fantasme ? Le système paraît déjà envisagé, si l'on se fie aux formations pour les ASEM parisiennes. La garde des enfants pour la journée, comme le souhaite la plupart des parents, serait assurée, mais l'aspect pédagogique disparaît.
  • augmenter la présence des enseignants de 4h-8h dans les établissements (avec contrepartie salariale, et là on a tout à coup du mal à y croire) : cette présence (déjà largement effectuée par la majorité des enseignants) pourrait bien recouvrir une volonté d'utiliser les personnels enseignants pour des tâches pour lesquels les personnels qualifiés sont menacés et dont les effectifs chutent (assistantes sociales, Co-Psy, CPE... surveillants). Elle pourrait aussi servir à compenser la baisse de recrutement des enseignants, justifiées par le ministère par le contexte démographique (encore 6000 postes en moins pour la rentrée prochaine). Enfin, le fantasme de remplacement en interne pourrait bien devenir réalité : le démantèlement du système de remplacement (dégradations pour les titulaires TZR, chômage pour les contractuels) va de paire avec une volonté souvent réaffirmée de faire remplacer les collègues absents par des collègues sur place, y compris dans d'autres matières (situation allemande, par exemple) (cf. un résumé de l'idée de remplacement interne dans la production sur les réformes envisagées, à la fin d'extraits du pré-rapport Thélot)
  • etc... !!!

Enseignement à deux vitesses

Les économies ne sont pas le seul aspect affligeant de ce document. Que penser en effet d'une éducation fondée exclusivement pour les enfants et adolescents sur le français, le calcul, l'informatique, et l'anglais de communication internationale ?
Exit la littérature,
exit l'histoire,
exit les sciences,
exit les arts
Nos gouvernants auraient-ils en tête la formation d'un nouveau "prolétariat" (pour on ne sait quelles usines...) inapte à penser ? On est entré dans l'ère de la Déséducation, déjà amorcée par la télévision, l'explosion des familles et la misère sociale.
Monsieur Thélot, nous vous saluons bien bas.


Démissions de membres de la commission Thélot

Plusieurs membres de la commission Thélot ont démissionné au mois de septembre, au vu du pré-rapport (publié dans la presse et mis en ligne mis en ligne sur le site du Snes). Il s'agit en particulier de Elizabeth Altschull, professeur dans le secondaire, Monique Canto-Sperber, philosophe Annie David, sénatrice communiste, et Alain Finkielkraut, philosophe.
Cf. article d'Elisabeth Lévy dans Le Figaro magazine du 25.09

(merci à Fetnat pour l'info)


De larges extraits du pré-rapport Thélot

Ce document de trois pages présentant l'essentiel du rapport est le fruit du travail de collègues du collège d'Aups (où sévit un certain Quentin D.), réunis en AG, résumé et mis en forme par les soins de Fred B., pour ne pas le nommer. Il rappelle l'origine du rapport, présente sa structure, et énonce ses principales propositions.

A voir aussi dans ce document, pour montrer que certains ont de la suite dans les idées, le thème du "remplacement en interne" (faire remplacer les absents par des collègues du même établissement) dans la production administrative depuis quelques années...

A lire absolument, à diffuser, à discuter ! Tract / analyse (Format PDF)


Première lecture du pré-rapport Thélot T. FetNat - 31.08

Le rapport Thélot se fait écho, soi-disant, de propositions ayant émergé lors du "Grand Débat" organisé l'an passé. La lecture de ses conclusions (encore provisoires) s'avère, malgré quelques rares pistes intéressantes,  pour le moins inquiétante... Selon Le Monde, ce rapport de 151 pages est une version provisoire qui doit être "affinée" d'ici sa remise officielle le 12 octobre au 1er sinistre supposé s'en inspirer pour réformer la loi d'orientation de 1989. Vu les précédents "faits d'armes" de ce gouvernement, on ne risque pas d'être déçu du résultat final ...

A lire dans Le Monde du 26.08.04 quelques bribes du rapport Thélot (151 pages) dont on peut extraire quelques passages savoureux :

  • à propos de la redéfinition du métier d'enseignant :
  • Le rapport propose une "nouvelle approche" de la profession enseignante afin de mieux prendre en compte "les missions autres que celle de l'enseignement" avec pour 1ère conséquence une définition du service des enseignants qui intégrerait les fonctions éducatives (soutien, temps consacré aux différents conseils, etc) et non plus seulement les tâches d'enseignement.
    2ème conséquence : le temps de présence dans l'établissement serait accru de 4 à 8 heures pour les profs' de collège et de lycée. "Cette proposition, parce qu'elle bouleverse les habitudes, devrait être la règle pour les profs' nouvellement recrutés et simplement proposés au choix des autres."

  • à propos de l'autonomie des établissements :
  • 8 à 10% des crédits des établissements du 2nd degré pourraient être utilisables librement par les établissements en fonction de leurs projets. Les chefs d'établissements seraient dotés de pouvoirs accrus. Dans les établissements difficiles, la commission suggère de permettre aux chefs d'établissements de donner leur avis sur la nomination des personnels qui ne pourraient pas être de néo-titularisés.

  • à propos des enseignements proposés aux élèves, trois grandes catégories sont proposées aux élèves :
    • la plus importante et obligatoire (appelée "socle commun de l'indispensable") comprend la langue, les maths, "l'éducation à la vie en commun", l'anglais de communication internationale ainsi que la maîtrise des technologies de l'information ;
    • la 2nde, obligatoire elle aussi, correspond aux disciplines jugées moins fondamentales comme les sciences, le travail manuel, l'eps, une 2ème langue vivante ;
    • la 3ème porte sur des enseignements optionnels.

    Selon son niveau scolaire, un élève pourra être appelé à passer l'essentiel de son temps sur l'apprentissage du socle ou n'y consacrer que la moitié de son temps .

D'autre part , la commission dénonce les carences de l'orientation et propose une "éducation aux choix" inscrite dans l'emploi du temps des collégiens à hauteur de 50 à 70 heures annuelles.

En parcourant rapidement les 151 pages du rapport mis en ligne sur le site du Snes il y a également de quoi se faire des cheveux blancs :

  • remplacement en interne (assuré par des collègues de l'établissement)
  • pouvoir accru des chefs d'établissement qui pourraient refuser une mutation pour ne pas désorganiser les équipes pédagogiques - si , si , c'est écrit !
  • recrutement des vacataires par l'établissement
  • refonte des Capes pour les rendre pluri-disciplinaires
  • modification des cycles avec intervention des Professeur des Ecoles en collèges et des PLC (lycée pro) en CM1/CM2

et j'en passe.

Fetnat


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