un médecin observe une radio

Générale de Santé - Les charognards qui rôdent autour de la dépouille de l'hôpital public

(article d'horreur de série B)

Hervé G. (4.06.2004)

A lire, une présentation de la discrète mais florissante Générale de Santé, qui fleurit sur les décombres de l'hôpital public ; et la même générale dans une belle oeuvre de destruction.



Connaissez-vous la Générale de Santé ?

L'entreprise prospère sur les faiblesses financières de l'hôpital public. Elle se réjouit d'ailleurs de cette faiblesse si l'on en juge par les propos d'ouverture du site officiel de la Générale :

« L'hospitalisation publique connaît de réelles difficultés et voit sa capacité de soin diminuer. Des listes d'attente commencent à se constituer dans certaines spécialités médicales. La nécessité d'un pôle fort et structurant au sein de l'hospitalisation française est donc une opportunité réelle pour Générale de Santé. En outre, la question du coût du système de santé public aboutira nécessairement, à moyen terme, à ce que des tâches de plus en plus nombreuses soient confiées au secteur privé hospitalier. En effet, à qualité et à complexité de traitement égales, celui-ci présente des coûts notoirement inférieurs, selon l'Assurance Maladie elle-même. Dans ce contexte, Générale de Santé est évidemment l'acteur le mieux placé pour assurer les missions correspondant à un vrai besoin de la population. »

Vous constaterez évidemment que la Réforme de la Sécurité sociale ne peut que contenter ce type de développement entrepreuneurial (est ce bien l'orthographe nécessaire ?)

Où en est la Générale aujourd'hui ?

Le nombre de cliniques privées, et notoirement en Ile de France, a diminué de 1400 à 1250 en dix ans et la Générale récupère les lambeaux du système en formatant une à une après les avoir rachetées, ces cliniques désormais labélisées.
Créée en 1987 la Générale compte déjà 137 établissements la plupart en France mais aussi chez Berlusconi qui lui ouvre grandes ses portes (si vous voulez savoir où se trouvent ces jolies cliniques labélisées, comme la viande rouge, voir le site de l'entreprise).
Ces cliniques travaillent surtout dans les domaines les plus rentables : bébé générale, cancers généralisés, etc. Un chiffre d'affaires qui a été multiplié par quatre en 15 ans, mais chut, il faut diminuer les dépenses de santé.
Les partenariats se développent avec les hôpitaux publics (Plan Hôpital 2007, en fait déjà en route), La Croix rouge (qui forme pour la Générale des infirmiers dont on manque dans les hôpitaux publics, tiens, tiens)...
La Générale se fait une spécialité de la mise en concurrence des hôpitaux (annoncée il y a peu par le ministre de la Générale de Santé : on remet les compteurs à zéro, prêt, feu, partez à la Générale...). L'entreprise est en phase avec la société -sécurité des patients, compétition, économies - avec nos dirigeants (soignés à la Générale), avec les descendants du général (oui je sais elle est facile, mais bon, j'ai dit de Série B).

Pour terminer : L'assemblée Générale des actionnaires aura lieu le 22 juin. Nos concitoyens ne connaissent rien de l'existence de cette entreprise prospère. Vous avez prévu quelque chose ?

Hervé G.


Hopital au bord de la destruction (La Générale 2 -acharnement thérapolitique)

Le Monde 8 juin : A Lyon un hôpital flambant neuf va être détruit. il s'agit de l'hopital de la Générale de santé Jean Mermoz (Lyon 8e arrt) qui regroupe comme la stratégie de la générale l'impose trois cliniques. Il ne sera pas ouvert de sitôt, car il doit etre détruit entièrement (alors qu'il est achevé). Pourquoi ?

Voici l'explication du Monde (journal bolchevique comme on sait) :
"Les experts considèrent que cette dernière (la Générale) a privilégié les considérations financières au détriment de la qualité des ouvrages... le maitre d'ouvrage a accepté de confier les travaux à une entreprise n'ayant aucune référence pour des travaux de cette technicité et dont l'offre était de 13% plus basse que l'estimation des maitres d'oeuvre, et 25% que les autres offres des concurrents".

CQFD. Il va faire bon se faire soigner dans les belles cliniques labélisées… de la Générale.

Hervé G.