Faire partager : livres, disques, films...

Faire partager les lectures, les disques, les documentaires, qui nous ont nourris et nous nourrissent, et donner envie à d'autres de nous suivre un peu en dehors des sentiers battus où ils nous ont menés.
Mais aussi, concrètement, mettre en place un réseau d'échanges, pour "faire tourner" ces supports plus ou moins faciles à trouver.

NOUVEAUTES

Changement de Propriétaire, Eric Hazan (CR. JLB 12.2007)
Lindqvist, "Exterminez toutes ces brutes"(...)  (CR Bx 8.07 )


Vidéothèque de partage Mondovino, J. Nossiter
L'amité plus forte que la haine, Daniel Kupferstein
On n'est pas des marques de vélo, Jean-Pierre Thorn
A l'Ecoute de la Police, Bernard Mangiante
Hôpital au bord de la crise de nerfs, Stephane Mercurio
On n'est pas des steacks hachés, Alima Arouali et Anne Galand
L'Argent, Isaac Isitan (H.G. 06.2006)
Petite bibliothèque de lutte Notes de lecture
Partage de textes
Lancer de disques : Bérus
Béranger
Wampas
Thiefaine


Vidéothèque de partage

Des films, des documentaires que nous avons aimés, qui nous ont touchés... et que nous sommes tout disposés à faire tourner ! Vous pouvez aussi acquérir une cassette et les droits de diffusion de celles qui viennent de l'association Voir et Agir.

Contactez-nous (infos@cetace.org) pour signaler d'autres documentaires ou film, ou bien envoyez directement vos suggestions sur le forum.


Mondovino, Jonathan Nossiter
2004.

Affiche du film MondovinoIl n'est pas d'usage à Cétacé ! de faire des critiques cinéma, mais enfin l'usage est fait pour les usagers, pas pour les citoyens ! Critique donc.
Une petite caméra DV tremblante, dont les couleurs sont mal assurées. Dans le cadre parfois on voit le micro.
L'imperfection des révolutions technologiques.
Ca nous renvoit au super 8 des années soixante-dix (Moretti se filmant distribuant ses journaux militants).
ICI comme ailleurs, le média est aussi important que ce qui est dit.
Et ce qui est dit est important. Nous le savons, pourtant, mais là on sort un peu abasourdi par le propos.
La mondialisation uniformise on le sait : la bouffe, le cinéma, la télévision, les lois (l'absence de lois devrait-on dire), etc. la liste est longue. Le Vin n'échappe pas à cette évolution.
Michel Rolland est un expert
R. Parker est un journaliste
Robert Mondavi est un capitaliste du pinard.
A eux trois ils ont transformé la façon de faire du vin dans le monde et sont en train de poursuivre leur oeuvre uniformisatrice a base de micro oxygénation.
Effrayant. Instructif.
Ce film est une vraie enquête, dont quelques passages sont pour tout dire forts inquiétants : les viticulteurs italiens qui font l'apologie de Mussolini et de Berlusconi, le visage de Mondavi (c'est pas possible c'est un pseudo) qui explique que dans quelques générations il fera du vin sur Mars ! Le rire de Rolland. Les chiens agressifs. le discours du négociant français qui ne s'aperçoit plus qu'il parle anglais : wine maker !
Faire le même vin en Toscane, en Californie, en Languedoc, au Chili, en Argentine, en Australie...formaté par Rolland, promu par Parker et vendu par Mondavi.
On  se croirait dans une nouvelle de Orwell.
Heureusement, des images donne espoir : ces deux brésiliens de Pernambouc qui invente le vin dans une contrée a-viticole sans l'aide de personne, cette bourguigonnne qui refuse le deal du négociant.
Il faut aller voir ce film avant qu'il ne sorte de l'affiche.



L'amitié plus forte que la haine, Daniel Kupferstein
2004 ; 90 min

Attiré à Créteil par deux événements à caractère antisémite ayant retenu l'attention des médias en 2003, Daniel Kupferstein en a ramené ce très beau documentaire, véritable appel à dépasser les clivages "communautaires" en même temps qu'analyse rigoureuse des discours de haine des deux "camps".
Deux propos se mêlent ainsi dans ce film (amitié/haine) : d'abord la description de l'extrémisme des intégristes juifs et islamistes, et de leurs affrontements violents lors de manifestations parisiennes (des images très dures), s'accompagne d'un souci de démonter les rhétoriques de haine, qui  récupèrent, de part et d'autre, le vieux fonds de commerce de l'extrême-droite française.
Parallèlement, l'auteur est retenu à Créteil, plus que par des tensions entre "communautés", par l'histoire d'amitié qui unit deux femmes du quartier des Bleuets, l'une juive, l'autre maghrébine, au-delà des préjugés et des réserves initiales de leur environnement.
Un film salutaire dans le contexte actuel, qui évite les écueils habituels des documents "engagés" sur ce délicat sujet.

VOIR LE DOCUMENTAIRE
- Le 22 septembre, à Paris, projection, voir agenda
- à Créteil, Cétacé et d'autres associations s'unissent pour essayer d'organiser une projection publique de ce documentaire qui nous tient à coeur par son propos et par l'éclairage qu'il donne sur une des cités de Créteil et sur la ville en général (retournement des clichés banlieue / Paris, puisque la capitale apparaît dans le documentaire comme lieu de violence et d'affrontements, alors que Créteil, ville de "banlieue", y prend une teinte chaleureuse).


A l'Ecoute de la Police,
Bernard Mangiante (avec Charles Rojzman), Les Films d'Ici
2002 ; Durée : 72'

Le travail d'un psychanalyste auprès d'un groupe d'officiers de police appelés à devenir formateur. Avec notamment un échange, difficile mais riche, entre les stagiaires et des personnalités venues "de banlieue".
Un magnifique documentaire qui permet entre autres de dépasser les clichés sur les "flics".

Cf. la présentation du documentaire par les Films d'Ici.



On n'est pas des marques de Vélo, Jean-Pierre Thorn,
2003 ; Durée : 1h29

L'histoire de Bouda, danseur de hip-hop ayant grandi à Dugny (93) et d'origine tunisienne, frappé par la double-peine.
Le documentaire retrace les itinéraires parallèles du danseur et du mouvement hip-hop, de Dugny à Paris, et retour : depuis la naissance du phénomène au début des années 1980 (émission HIP-HOP sur TF1), jusqu'à la traversée du désert de la fin des années 1980, qui correspond à l'entrée de Bouda dans la "délinquance" (toxicomaine, deal, prison...). Avant de se terminer sur une note optimiste : Bouda de retour en France, prêt à recroquer la vie, mais toujours sous la menace d'une expulsion.
De magnifiques chorégraphies de break-dance et une belle galerie de portraits des pionniers du hip-hop en France (Kool Shen, Gabin, Sydney...)

L'Hopital au bord de la Crise de Nerfs, Stéphane Mercurio, Iskra et France 2

2003 ; Durée : 52'

Les employés de l'hôpital de Gonesse confrontés au manque de personnel, à la fermeture des lits... tentent de faire malgré tout fonctionner l'établissement. Un témoignage exemplaire sur la situation catastrophique du système hospitalier français en raison principalement des restrictions budgétaires.
Film dans le catalogue de Voir et Agir.

On n'est pas des steaks hachés, Alima AROUALI et Anne GALLAND, La CATHODE
2002 ; Durée : 54'

La lutte exemplaire des employés du Mc Donald's du Faubourg Saint-Denis, lors de l'hiver 2001-2002. Moment d'histoire désormais, tant ce combat a marqué l'émergence d'un nouveau type de "syndicalisme" et a contribué à la prise de conscience de la précarisation croissante des conditions de travail.
Film du catalogue Voir et Agir.

Projection-débat Cétacé

L'Argent, Isaac ISITAN, ISCA
2003 ; Durée : 65'

L'Argentine et la Turquie ont connu ces dernières années une faillite monétaire due essentiellement à l'endettement et à l'obligation énoncée par le FMI de rembourser cette dette. Ces deux pays riches ont par conséquent dollarisé leur économie et privatisé leurs services publics. Le réalisateur mène l'enquête et nous fait découvrir le fonctionnement d'une économie mondiale inféodée au dollar et à des banques mondiales et centrales nationales hors de contrôle du politique et des citoyens. Les conséquences sociales sont énormes dans ces deux pays riches : le travail et les richesses nationales ne servent qu'à rembourser une dette infinie, la dévaluation rapide des monnaies entraine une désorganisation majeure de la société comme en témoignent les images chocs du film (actions populaires contre les banques, suicides, etc.).

Face à cette évolution dramatique qui guette d'autres pays aujourd'hui (et pourquoi pas la France à terme), des systèmes monétaires alternatifs se sont mis en place (en Argentine, les créditos) qui permettent la survie des communautés et la valorisation du travail dans un cadre micro-économique. Les S.E.L. sont-ils le palliatif de cette économie mondialisée hors de contrôle du politique ?

Notes de lectures

Eric Hazan, Changement de Propriétaire - la guerre civile continue, (JLB, décembre 2007)
Seuil, 15 euros.

De l'élection de Nicolas Sarkozy au début du mois d'août 2007 - et même, pour l'épilogue, 2017, occasion d'essayer d'expliquer les émeutes de 2001 qui ont mis fin à la Ve République !-, Eric Hazan poursuit sa Chronique de la guerre civile. C'est en collant au réel, en y appliquant son regard aiguisé, sa culture (politique, littéraire...), en y ajoutant quelques entretiens lumineux (Badiou analysant la propension au retournement de vestes des "maos"...) qu'Hazan nous éclaire - comme bien peu d'autres - sur notre présent, aussi bien sur la situation française (conflits dans le monde de la presse, nouvelles figures polico-médiatiques, premiers feux du sarkozysme...) que sur l'international (Darfour, Israël, politique états-unienne...).Recul salutaire pour sortir du "présent permanent" médiatico-politique et mieux entrer dans la mêlée ?


Sven Lindqvist, « Exterminez toutes ces brutes » ; l'odyssée d'un homme au cœur de la nuit et les origines du génocide européen 1998. (Bx, 7.07)

Couverture livre LindqvistLa réflexion de cet auteur suédois, traduit et édité en France par le Serpent à plumes, part d'un phrase prononcé par Kurtz, « héros » d'« Au cœur des ténèbres », roman de Joseph Conrad : «  Exterminez toutes ces brutes ».

« Résumé de toutes les grandes phrases ampoulées sur les responsabilités de l'Europe à l'égard des peuples des autres continents.[...] Hannah Arendt vit bien que Conrad avait écrit sur les génocides de son temps.[...] Sa thèse selon laquelle la nazisme et le communisme étaient de la même souche n'a pas été oubliée. Cependant beaucoup oublient qu'elle tenait les massacres terribles et les meurtres sauvages des impérialistes européens pour responsables de l'introduction triomphante de tels moyens de pacification dans des politiques étrangères banales et respectables, engendrant ainsi le totalitarisme et les génocides.
L'extermination par L'Europe des « races inférieures » dans 4 continents a préparé le terrain pour l'extermination par Hitler de 6 millions de juifs en Europe.
 »

Le point de vue adopté par Linqvist, un récit de voyage d'In Salah à Agadès, permet d'opérer un contrepoint sensible aux rappels historiques des massacre opérés dés le 15ème siècle (les Guanches des Iles Fortunées, nos « Canaries »), et aux discours de négation de l '« autre » forgés par la pensée européenne moderne. Car de Cuvier à Darwin, la théorie de l'évolution par la loi de la sélection naturelle, déplacée de la nature à l'humanité, a validé scientifiquement le discours raciste.

Comme le dit Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme, « tous les peuples de la terre  ont pratiqué, à tour de rôle, discriminations et massacres, mais les occidentaux sont les seuls à avoir produit de grands édifices théologico-juridiques qui légitiment les dominations, massacres et génocides ».

Patrick de Saint Exupéry cite Lindqvist dans sa postface à L'inavouable à propos des responsabilités françaises dans la génocide rwandais : « Vous le savez déjà. Moi aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c'est le courage de comprendre ce que nous savons et d'en tirer les conséquences ».

Dont acte...


Eric Hazan, Chronique de la Guerre civile , (Bx, 31/03)
La Fabrique, 139 p., 12 euros.

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil...

Terrible évocation des années 2002-2003 que cette « chronique de la guerre civile » que mènent les Etats, les puissances politiciennes et financières contre les peuples, au nom de la légitimité antiterroriste et sécuritaire. De Paris à Bagdad, de l'Afghanistan à la Palestine, pas de repos pour les guerriers des temps modernes.

Eric Hazan , aprés d'autres publications de la Fabrique (« L'industrie de l'holocauste. Réflexions sur l'exploitation de la souffrance des Juifs » de Norman Finkelstein ; « A tombeau ouvert. La crise de la société israélienne » de Michel Warschawski), dénonce, exemples à l'appui, la politique nationaliste, raciste, et destructrice menée par l'Etat d'Israël au nom du « peuple juif ».

Quelques extraits :
«  1er août 2003. Par 53 voix contre 25 la Knesset a voté hier une loi selon laquelle les Palestinien(ne)s des territoires occupés épousant des Israélien(ne)s n'auront plus le droit de devenir citoyen(ne)s ou - ce qui est plus grave - résident(e)s israéliens. Les couples mixtes auront donc le choix entre se séparer ou quitter Israël.(...) L'apartheid est désormais officiel.
Hier aussi des Israéliens et des Palestiniens ont manifesté en commun à Qalqiliya, ville entièrement cernée par le mur avec une seule porte qui ferme à 21 heures. Sur  les 40000 habitants que comptait la ville, 5000 sont déjà partis. Sur les 1100 boutiques, 600 ont fermé. On nettoie.  »

Une solution... ?
« ...la seule solution «  juste et durable » est de proclamer le droit du sol entre Jourdain et Méditerranée : tous ceux qui vivent là, Juifs, Arabes, Juifs-Arabes, Russes, travailleurs immigrés asiatiques, Bédouins, Arméniens, Druzes... seront citoyens libres et égaux en droit de cet Etat - une république fédérale, qu'on l'appelle comme voudra. Et nous ici, Arabes, Juifs et même goyim qui œuvrons ensemble pour cette issue, nous serons la diaspora de ce vieux-nouveau pays. Pas réaliste ? le réalisme, on en voit chaque jour les effets : c'est la paix des tanks en attendant le pire, la guerre de tous contre tous. »

Eric Hazan c'est aussi « l'Invention de Paris » paru au Seuil en 2000, c'est à dire une connaissance intime de ce qui reste de la vie urbaine et sociale après le passage de Tiberi et Delanoë.
« 13 octobre 2002. Rien ne révèle mieux l'apartheid soft à Paris que la sortie des écoles dans le 5ème et dans le 20ème arrondissement. Petits blonds en bleu marine d'un côté, petits de toutes les couleurs de l'autre, ils ne se rencontreront pas, ils n'auront ni la même éducation ni la même langue, ni la même vie. Comment ne pas voir la pathétique désuétude de notion comme la « défense de la langue française » ou le « respect des valeurs républicaines » ? Pour l'immense majorité de la jeunesse, elles vont dans le même sac que le menuet, l'alexandrin et la comtesse de Ségur. »
« 21 octobre. Avec ses nattes africaines, ses bonnets de vieux travailleurs kabyles, ses casquettes Nike, ses turbans de Sikhs égarés, ses foulards islamiques autour de visages de grands mères et de jeunes beautés, ses coiffures brillantes sur les têtes de mamans en boubous, Barbès et ses alentours- la Goutte d'Or, La Chapelle, Clignancourt - est le quartier le plus vivant de Paris et, pour l'heure, l'un des plus sûrs. C'est pourquoi l'ennemi a décidé d'en faire un champ de bataille. La police y tourne en permanence, sur les quais et dans les couloirs du métro, sur les trottoirs en patrouille par 3, en car, en voitures avec gyrophares et sirènes - la musique de Barbès n'est plus le raï mais le hurlement incessant des sirènes à deux tons. »

Que faire ? Vous voulez une réponse, en voici au moins deux :

« 1er août 2002.Les fondamentalistes pétroliers de Washington , les repris de justice députés du Likoud, les berlusconiens qui ont fait main basse sur l'Italie, les oligarques des anciennes républiques soviétiques, cette mondialisation-là, pour en venir à bout il ne suffira pas de militer dans ATTAC ni de s'abonner au Monde Diplomatique ni même de faire le pèlerinage à Porto Alegre. »
« 26 décembre 2002. Mais aujourd'hui, réclamer, exiger , manifester n'a plus aucune influence sur un pouvoir diffus, lointain et qui tient en main l'information. Les textes que l'ont fait circuler ne servent qu'à donner bonne conscience au collectif des signataires. Il faut oser sortir de la « légalité républicaine » (pourquoi le gouvernements seraient ils seuls à le faire ?), entreprendre des actions illégales - ou tout au moins fortement dissensuelles - et les rendre scandaleusement publiques. »

Bien entendu « en tant que fonctionnaire je ne puis souscrire à ces propos »... En tant que prof d'histoire je citerai pour terminer l'extrait de la constitution de 1793 qui ouvre ce livre « terrible  » : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »



Fréquentons les Arènes !

Les Arènes sont une maison d'édition récente qui propose des ouvrages au contenu fort déplaisant aux pouvoirs de toutes sortes. Écoutons quelques titres :

D. Robert, La boite noire, récit palpitant qui fait suite à Révélation, livre décryptant le rôle obscur de Clearstream (objet aussi d'un film diffusé par Voir et agir), organisme de gestion des flux financiers bancaires internationaux licites ou interlopes.

D. Lorenz, Une guerre, ou la suite Secret atomique. Récit des tribulations franco-iranienne, autour de la construction d'une centrale nucléaire à des fins militaires en Iran par la France. Une façon de revisiter l'histoire des attentats de 1986-88 à l'époque ou Chirac négociait pour reprendre les otages du Liban ! Le livre est à disposition de tous à la bibliothèque de Cétacé (Hervé).

On trouve aussi dans cette maison ô combien recommandable, le livre d'Eva Joly ou celui de P. de St. Exupéry sur le Rwanda. Fréquentez donc ce catalogue !



Où va le mouvement altermondialisation ?... et autres questions pour comprendre son histoire, ses débats, ses stratégies, ses divergences.
La Découverte, 2003.

Dix auteurs clés du mouvement alter (égaux dans leurs contributions), comme Aguiton, Bruno Rebelle ou Gilbert Wasserman, répondent à 7 questions sur l'avenir du mouvement alter. Questions qui portent autant sur la faible assise populaire, sur la nécessité de proposer une alternative radicale, sur l'extension aux pays du sud ou le rapport à l'Europe, sur les inconvénients du fonctionnement en réseau (qui exclut certains).

Des réponses intéressantes, brèves et concises.

Encourageant et pas cher (6 euros).

Charles Albert Michalet , Qu'est-ce-que la mondialisation ? Petit traité à l'usage de ceux et celles qui ne savent pas encore s'il faut être pour ou contre.
La Découverte, 2004.

Comme le titre l'indique, l'auteur est pour.

Il est, excusez du peu, professeur d'économie à l'université de Paris IX Dauphine, et à travaillé notamment pour la banque mondiale. L'auteur est donc respectable et assez agé. Il ne s'est pas rendu sur le plateau du Larzac cet été.

Plusieurs passage indigestes, mais il s'agit d'un vade mecum intéressant de la pensée néo-libérale. Passons sur l'apologie de la mondialisation, version historicisée à souhait façon manuel de première.

Plus intéressant quelques passages de ses conclusions qui mettent en perspective certaines évolutions actuelles :
"Ce mouvement ne signifie pas l'apparition d'un espace mondial lisse et homogène. Le redécoupage des nouveaux territoires est déjà en cours. Il s'effectue dans deux directions : d'une part l'élargissement de l'intégration  régionale à des ensembles vastes regroupant des économies inégalement développées et d'autre part simultanément, l' émergence de territoires infranationaux transfrontières ayant une logique de districts industriels." (p. 206)

La décentralisation  et la transformation de la politique de formation doit être vue dans cette optique.

Une vision du futur aussi (non c'est pas Orwell c'est Michalet) :
"La notion de citoyen perdra sa raison d'être, elle sera remplacée par celle de résident... En réponse à cette montée de l'insécurité, les NTIC vont fournir des instruments sophistiqués pour un contrôle social renforcé qui sera géré par des agences spécialisées privées dont les services seront offerts sur abonnement aux couches sociales aisées.
Leur bras armé sera constitué par des milices privés dont les membres seront facilement recrutés chez les anciens mercenaires des armées de métier.
" (p. 208)

Sergio Ghirardi, Nous n'avons pas peur des ruines, Les situationistes et notre temps.
L'insomniaque, 2003.

Les situs sont de retour.
Bref historique du mouvement, bref résumé de la pensée des Debord et Vaneigem (accessible et bien écrit).
Une critique de la vie quotidienne réactualisée.

Quelques passages pour donner envie de lire :
La préface de Vaneigem : "La vie est en raison de sa gratuité, une réalité qu'aucune forme de pensée économisée n'est capable de connaitre."
"La société de l'économie tend à exclure le sujet humain en le réduisant au rôle de spectateur, de plus en plus passif, du processus de valorisation de l'argent qui domine le monde. Le seul rôle actif de l'homme est asujetti à la circulation de la valeur dans le cercle de la consommation."

L'intérêt comme toujours chez les situs est l'imbrication de la critique de la vie quotidienne, de la critique économique, de la critique spectaculaire, de la critique urbaine, et de la critique psychologique. Cette dernière est plus développée qu'auparavant, l'idée centrale étant celle d'une infiltration caractérielle du capitalisme qui gagne jusque dans le vocabuliare des sentiments. Très stimulante proposition, beaucoup d'humour (l'hostie des cartes de crédit), et comme toujours le détournement comme art : des visages connus (dont Férré) avec des bulles de citations détournées.

La situation impose la lecture.

Lancer de disques

Bérus le retour

"La jeunesse emmerde le Front National"...

pochette d'album

Depuis la fin des années quantre-vingt, le groupe Bérurier noir, qui s'est illustré dans la lutte punk-rock contre le F-Haine, a disparu des bacs, et la BAC ne s'en porte pas plus mal.
Est-ce le climat politique délétère qui les fait ressurgir du néant de nos jeunes années ?
L'un des trois membres résuscités explique :
"La période actuelle est favorable à la reformation des Bérus. La société est devenue répressive, centralisée. La France connait un contexte comparable au thatchérisme qui a été le moteur du punk -rock anglais."
(Libé 14 juin 2004).
Un prochain CD à sortir donc, et à lancer (peut être dans les manifs pour remplacer nos zebda essouflés).


Exit Béranger

Autre génération, même combat.
"Mamadou m'a dit, Mamadou m'a dit, on a pressé le ctiron, on peut jeter la peau"

Béranger

Béranger s'en est allé il y a quelques semaines. Les derniers temps de ce chansonnier engagé furent difficiles. Loin des médias, disques bricolés. pourtant en le réécoutant, son dernier disque est plus que d'actualité. Pas toujours dans la finesse l'ami Béranger, mais la ça touche :
Béranger 2L'Etat de merde (Extrait, à lire sur une musique entrainante genre java) : "Dire que l'Etat est scatologique c'est pas vraiment très sympathique pour la vraie fiente, le vrai crottin qui engraissent si bien nos jardins. comparer l'Etat à des tas de bouse, de purin, de lisier, c'est négatif comme postulat. On est quand même les héritiers de la Grande Révolution que le monde entier nous envie...Je dis avant que ma voie ne se perdre, , l'Etat, l'Etat, c'est l'Etat d'merde".
autres morceaux : Aux exclus, Combien ça coute ?, En Avant ! (En avant pour le grand bond en arrière).

Béranger à redécouvrir, à faire passer.


WAMPAS

couverture album never trust

À Ecouter :
Le Télégramme de Bres, CRS, Little Daewoo, Manu Chao, Giscard complice (pinochet fasciste, Liste de droite, l'aquarium tactile).


Couverture album

Thiefaine. Defloration 13.

Quand la banlieue descendra sur la ville
Extraits :

"combattants dans les rues qui puent la trique
la moiteur rance et la mauvaise conscience
gargouilles ricanantes aux vitrines gothiques
dans la moiteur des brancards en cadence
on n'entend plus crapuler dans le vent
les discours des leaders et des tribuns
tous les mornes aboyeurs de slogans
les sycophantes et les théoriciens
...
Quand la banlieue descendra sur la ville pour la grande razzia des parias
Quand la banlieue descendra sur la ville pour la grand basta des rastas..."