Faire partager les
lectures,
les disques, les documentaires, qui nous ont nourris et nous
nourrissent, et donner envie à d'autres de nous
suivre un peu en dehors des sentiers battus où ils nous ont
menés.
Mais aussi, concrètement, mettre en place un
réseau
d'échanges, pour "faire tourner" ces supports plus ou moins
faciles à trouver.
NOUVEAUTES
| Vidéothèque de partage | Mondovino, J.
Nossiter L'amité plus forte que la haine, Daniel Kupferstein On n'est pas des marques de vélo, Jean-Pierre Thorn A l'Ecoute de la Police, Bernard Mangiante Hôpital au bord de la crise de nerfs, Stephane Mercurio On n'est pas des steacks hachés, Alima Arouali et Anne Galand L'Argent, Isaac Isitan (H.G. 06.2006) |
| Petite bibliothèque de lutte | Notes de
lecture Partage de textes |
| Lancer de disques : | Bérus Béranger Wampas Thiefaine |
Des films, des documentaires que nous avons aimés, qui nous ont touchés... et que nous sommes tout disposés à faire tourner ! Vous pouvez aussi acquérir une cassette et les droits de diffusion de celles qui viennent de l'association Voir et Agir.
Contactez-nous
(infos@cetace.org)
pour signaler d'autres documentaires ou film, ou bien envoyez
directement vos suggestions sur le forum.
Mondovino,
Jonathan Nossiter
2004.
Il
n'est pas d'usage à Cétacé ! de faire
des
critiques cinéma, mais enfin l'usage est fait pour les
usagers,
pas pour les citoyens ! Critique donc.
Une petite caméra DV tremblante, dont les couleurs sont mal
assurées. Dans le cadre parfois on voit le micro.
L'imperfection des révolutions technologiques.
Ca nous renvoit au super 8 des années soixante-dix (Moretti
se
filmant distribuant ses journaux militants).
ICI comme ailleurs, le média est aussi important que ce qui
est
dit.
Et ce qui est dit est important. Nous le savons, pourtant, mais
là on sort un peu abasourdi par le propos.
La mondialisation uniformise on le sait : la bouffe, le
cinéma,
la télévision, les lois (l'absence de lois
devrait-on
dire), etc. la liste est longue. Le Vin n'échappe pas
à
cette évolution.
Michel Rolland est un expert
R. Parker est un journaliste
Robert Mondavi est un capitaliste du pinard.
A eux trois ils ont transformé la façon de faire
du vin
dans le monde et sont en train de poursuivre leur oeuvre
uniformisatrice a base de micro oxygénation.
Effrayant. Instructif.
Ce film est une vraie enquête, dont quelques passages sont
pour
tout dire forts inquiétants : les viticulteurs italiens qui
font
l'apologie de Mussolini et de Berlusconi, le visage de Mondavi (c'est
pas possible c'est un pseudo) qui explique que dans quelques
générations il fera du vin sur Mars ! Le rire de
Rolland.
Les chiens agressifs. le discours du négociant
français
qui ne s'aperçoit plus qu'il parle anglais : wine maker !
Faire le même vin en Toscane, en Californie, en Languedoc, au
Chili, en Argentine, en Australie...formaté par Rolland,
promu
par Parker et vendu par Mondavi.
On se croirait dans une nouvelle de Orwell.
Heureusement, des images donne espoir : ces deux brésiliens
de
Pernambouc qui invente le vin dans une contrée a-viticole
sans
l'aide de personne, cette bourguigonnne qui refuse le deal du
négociant.
Il faut aller voir ce film avant qu'il ne sorte de l'affiche.
L'amitié
plus
forte que la haine, Daniel
Kupferstein
2004 ; 90 min
Attiré à Créteil par deux
événements à caractère
antisémite
ayant retenu l'attention des médias en 2003, Daniel
Kupferstein
en a ramené ce très beau documentaire,
véritable
appel à dépasser les clivages "communautaires" en
même temps qu'analyse rigoureuse des discours de haine des
deux
"camps".
Deux propos se mêlent ainsi dans ce film
(amitié/haine) :
d'abord la description de l'extrémisme
des intégristes juifs et islamistes, et de leurs
affrontements
violents lors de
manifestations parisiennes (des images très dures),
s'accompagne
d'un souci de démonter les rhétoriques de haine,
qui
récupèrent, de part et d'autre, le vieux fonds de
commerce de l'extrême-droite française.
Parallèlement, l'auteur est retenu à
Créteil, plus
que par des tensions entre "communautés", par l'histoire
d'amitié qui unit deux femmes du quartier des Bleuets, l'une
juive,
l'autre maghrébine, au-delà des
préjugés et
des réserves initiales de leur environnement.
Un film salutaire dans le contexte actuel, qui évite les
écueils habituels des documents "engagés" sur ce
délicat sujet.
VOIR LE
DOCUMENTAIRE
- Le 22 septembre,
à Paris,
projection, voir agenda
- à
Créteil,
Cétacé et d'autres
associations s'unissent pour essayer d'organiser une projection
publique de ce
documentaire qui nous tient à coeur par son propos et par
l'éclairage qu'il donne sur une des cités de
Créteil et sur la ville en général
(retournement
des clichés banlieue / Paris, puisque la capitale
apparaît
dans le documentaire comme lieu de violence et d'affrontements, alors
que Créteil, ville de "banlieue", y prend une teinte
chaleureuse).
A l'Ecoute de la Police,
Bernard Mangiante (avec Charles
Rojzman),
Les Films d'Ici
2002 ; Durée : 72'
On
n'est pas des marques de
Vélo,
Jean-Pierre Thorn,
2003 ; Durée : 1h29
L'histoire de Bouda, danseur de hip-hop ayant grandi à Dugny
(93) et d'origine tunisienne, frappé par la double-peine.
Le documentaire retrace les
itinéraires parallèles du danseur et du mouvement
hip-hop, de Dugny à Paris, et retour : depuis la naissance
du
phénomène au début des
années 1980
(émission HIP-HOP sur TF1), jusqu'à la
traversée
du désert de la fin des années 1980, qui
correspond
à l'entrée de Bouda dans la
"délinquance"
(toxicomaine, deal, prison...). Avant de se terminer sur une note
optimiste : Bouda de retour en France, prêt à
recroquer la
vie, mais toujours sous la menace d'une expulsion.
De magnifiques chorégraphies
de break-dance et une belle galerie de portraits des pionniers du
hip-hop en France (Kool Shen, Gabin, Sydney...)
2003 ; Durée : 52'
Les employés de
l'hôpital de Gonesse confrontés au manque de
personnel,
à la fermeture des lits... tentent de faire
malgré tout
fonctionner l'établissement. Un témoignage
exemplaire sur
la situation catastrophique du système hospitalier
français en raison principalement des restrictions
budgétaires.
Film dans le catalogue de Voir
et Agir.
On
n'est pas des steaks
hachés,
Alima AROUALI et Anne GALLAND,
La CATHODE
2002 ; Durée : 54'
La lutte exemplaire des employés du Mc Donald's du
Faubourg
Saint-Denis, lors de l'hiver 2001-2002. Moment d'histoire
désormais, tant ce combat a marqué
l'émergence
d'un nouveau type de "syndicalisme" et a contribué
à la
prise de conscience de la précarisation croissante des
conditions de travail.
Film du catalogue Voir et
Agir.
Projection-débat Cétacé
L'Argent,
Isaac ISITAN,
ISCA
2003 ; Durée : 65'
L'Argentine et la Turquie ont connu ces dernières
années
une faillite monétaire due essentiellement à
l'endettement et à l'obligation
énoncée par le FMI
de rembourser cette dette. Ces deux pays riches ont par
conséquent dollarisé leur économie et
privatisé leurs services publics. Le réalisateur
mène l'enquête et nous fait découvrir
le
fonctionnement d'une économie mondiale
inféodée au
dollar et à des banques mondiales et centrales nationales
hors
de contrôle du politique et des citoyens. Les
conséquences
sociales sont énormes dans ces deux pays riches : le travail
et
les richesses nationales ne servent qu'à rembourser une
dette
infinie, la dévaluation rapide des monnaies entraine une
désorganisation majeure de la société
comme en
témoignent les images chocs du film (actions populaires
contre
les banques, suicides, etc.).
Face à cette évolution dramatique qui guette d'autres pays aujourd'hui (et pourquoi pas la France à terme), des systèmes monétaires alternatifs se sont mis en place (en Argentine, les créditos) qui permettent la survie des communautés et la valorisation du travail dans un cadre micro-économique. Les S.E.L. sont-ils le palliatif de cette économie mondialisée hors de contrôle du politique ?
Eric
Hazan,
Changement de Propriétaire - la guerre civile continue, (JLB, décembre 2007)
Seuil, 15 euros.
De
l'élection de Nicolas Sarkozy au début du mois
d'août 2007 - et même, pour l'épilogue, 2017,
occasion d'essayer d'expliquer les émeutes de 2001 qui ont mis fin à la Ve République !-, Eric Hazan
poursuit sa Chronique de la guerre civile.
C'est en collant au réel, en y appliquant son regard
aiguisé, sa culture (politique, littéraire...), en y
ajoutant quelques entretiens lumineux (Badiou analysant la propension
au retournement de vestes des "maos"...) qu'Hazan nous éclaire -
comme bien peu d'autres - sur notre présent, aussi bien sur la
situation française (conflits dans le monde de la presse,
nouvelles figures polico-médiatiques, premiers feux du
sarkozysme...) que sur l'international (Darfour, Israël, politique
états-unienne...).Recul salutaire pour sortir du
"présent permanent" médiatico-politique et mieux
entrer dans la mêlée ?
Sven Lindqvist, « Exterminez toutes
ces brutes » ; l'odyssée d'un
homme au cœur de la nuit et les origines du
génocide
européen 1998. (Bx, 7.07)
La
réflexion de
cet auteur suédois, traduit et édité
en
France par le Serpent à plumes, part d'un phrase
prononcé
par Kurtz,
« héros »
d'« Au cœur des
ténèbres », roman de Joseph
Conrad : «
Exterminez
toutes ces brutes ».
« Résumé
de toutes les grandes
phrases ampoulées sur
les responsabilités de l'Europe à
l'égard des
peuples des autres continents.[...]
Hannah Arendt vit bien
que Conrad
avait écrit sur les génocides de son
temps.[...]
Sa thèse
selon laquelle la nazisme et le communisme étaient de la
même souche n'a pas été
oubliée. Cependant
beaucoup oublient qu'elle tenait les
massacres terribles et les meurtres sauvages des
impérialistes
européens pour
responsables de l'introduction triomphante de tels moyens de
pacification dans
des politiques étrangères banales et
respectables, engendrant ainsi le
totalitarisme et les génocides.
L'extermination par
L'Europe des
« races inférieures »
dans 4 continents a préparé le terrain pour
l'extermination par Hitler de 6
millions de juifs en Europe. »
Le point de vue adopté par Linqvist, un récit de voyage d'In Salah à Agadès, permet d'opérer un contrepoint sensible aux rappels historiques des massacre opérés dés le 15ème siècle (les Guanches des Iles Fortunées, nos « Canaries »), et aux discours de négation de l '« autre » forgés par la pensée européenne moderne. Car de Cuvier à Darwin, la théorie de l'évolution par la loi de la sélection naturelle, déplacée de la nature à l'humanité, a validé scientifiquement le discours raciste.
Comme le dit Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme, « tous les peuples de la terre ont pratiqué, à tour de rôle, discriminations et massacres, mais les occidentaux sont les seuls à avoir produit de grands édifices théologico-juridiques qui légitiment les dominations, massacres et génocides ».
Patrick de Saint Exupéry cite Lindqvist dans sa postface à L'inavouable à propos des responsabilités françaises dans la génocide rwandais : « Vous le savez déjà. Moi aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c'est le courage de comprendre ce que nous savons et d'en tirer les conséquences ».
Dont acte...
Eric
Hazan,
Chronique de la Guerre civile
, (Bx, 31/03)
La Fabrique, 139 p., 12 euros.
La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil...
Terrible évocation des années 2002-2003 que cette « chronique de la guerre civile » que mènent les Etats, les puissances politiciennes et financières contre les peuples, au nom de la légitimité antiterroriste et sécuritaire. De Paris à Bagdad, de l'Afghanistan à la Palestine, pas de repos pour les guerriers des temps modernes.
Eric Hazan , aprés d'autres publications de la Fabrique (« L'industrie de l'holocauste. Réflexions sur l'exploitation de la souffrance des Juifs » de Norman Finkelstein ; « A tombeau ouvert. La crise de la société israélienne » de Michel Warschawski), dénonce, exemples à l'appui, la politique nationaliste, raciste, et destructrice menée par l'Etat d'Israël au nom du « peuple juif ».
Quelques extraits :
« 1er
août 2003. Par 53 voix contre 25
la Knesset a voté hier une loi selon laquelle les
Palestinien(ne)s des territoires occupés épousant
des
Israélien(ne)s n'auront plus le droit de devenir
citoyen(ne)s ou
- ce qui est plus grave - résident(e)s
israéliens. Les
couples mixtes auront donc le choix entre se séparer ou
quitter
Israël.(...) L'apartheid est désormais officiel.
Hier aussi des Israéliens et des Palestiniens ont
manifesté
en commun à Qalqiliya, ville entièrement
cernée
par le mur avec une seule porte qui ferme à 21 heures.
Sur
les 40000 habitants que comptait la ville, 5000 sont
déjà
partis. Sur les 1100 boutiques, 600 ont fermé. On nettoie.
»
Une solution... ?
« ...la
seule solution
« juste et durable » est de
proclamer le droit
du sol
entre Jourdain et Méditerranée : tous
ceux qui
vivent
là, Juifs, Arabes, Juifs-Arabes, Russes, travailleurs
immigrés
asiatiques, Bédouins, Arméniens, Druzes... seront
citoyens libres et égaux en droit de cet Etat - une
république
fédérale, qu'on l'appelle comme voudra. Et nous
ici,
Arabes,
Juifs et même goyim qui œuvrons ensemble pour cette
issue,
nous serons la diaspora de ce vieux-nouveau pays.
Pas réaliste ? le réalisme, on en voit
chaque jour
les
effets : c'est la paix des tanks en attendant le pire, la
guerre
de tous contre tous. »
Eric Hazan c'est aussi « l'Invention de
Paris »
paru au
Seuil en 2000, c'est à dire une connaissance intime de ce
qui
reste
de la vie urbaine et sociale après le passage de Tiberi et
Delanoë.
« 13
octobre 2002. Rien
ne révèle mieux l'apartheid soft à
Paris que la
sortie des
écoles dans le 5ème et
dans le 20ème
arrondissement. Petits blonds en bleu marine d'un
côté, petits de toutes les couleurs de l'autre,
ils ne se
rencontreront pas, ils n'auront ni la même
éducation ni
la même langue, ni la même vie. Comment ne
pas voir la pathétique désuétude de
notion comme
la
« défense de la langue
française »
ou le « respect des valeurs
républicaines » ?
Pour l'immense majorité de la jeunesse, elles vont dans le
même sac que le menuet, l'alexandrin et la comtesse de
Ségur. »
« 21
octobre. Avec ses
nattes africaines, ses bonnets de vieux travailleurs kabyles, ses
casquettes
Nike, ses turbans de Sikhs égarés, ses foulards
islamiques autour de visages de
grands mères et de jeunes beautés, ses coiffures
brillantes sur les têtes de
mamans en boubous, Barbès et ses alentours- la Goutte d'Or,
La
Chapelle,
Clignancourt - est le quartier le plus vivant de Paris et, pour
l'heure, l'un
des plus sûrs. C'est pourquoi l'ennemi a
décidé
d'en faire un champ de
bataille. La police y tourne en permanence, sur les quais et dans les
couloirs
du métro, sur les trottoirs en patrouille par 3, en car, en
voitures avec
gyrophares et sirènes - la musique de Barbès
n'est plus
le raï mais le
hurlement incessant des sirènes à deux tons. »
Que faire ? Vous voulez une réponse, en voici au moins deux :
« 1er
août
2002.Les fondamentalistes pétroliers de
Washington , les
repris de justice
députés du Likoud, les berlusconiens qui ont fait
main
basse sur l'Italie, les
oligarques des anciennes républiques soviétiques,
cette
mondialisation-là, pour
en venir à bout il ne suffira pas de militer dans ATTAC ni
de
s'abonner au
Monde Diplomatique ni même de faire le pèlerinage
à
Porto Alegre. »
« 26
décembre 2002.
Mais
aujourd'hui, réclamer, exiger , manifester n'a plus aucune
influence sur un
pouvoir diffus, lointain et qui tient en main l'information. Les textes
que
l'ont fait circuler ne servent qu'à donner bonne conscience
au
collectif
des signataires. Il faut oser sortir de la
« légalité
républicaine » (pourquoi le gouvernements
seraient
ils
seuls à le faire ?), entreprendre des actions
illégales
- ou tout au moins fortement dissensuelles - et les rendre
scandaleusement
publiques. »
Bien entendu « en tant que fonctionnaire je ne puis souscrire à ces propos »... En tant que prof d'histoire je citerai pour terminer l'extrait de la constitution de 1793 qui ouvre ce livre « terrible » : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Les Arènes sont une maison d'édition récente qui propose des ouvrages au contenu fort déplaisant aux pouvoirs de toutes sortes. Écoutons quelques titres :
D. Robert, La boite noire, récit palpitant qui fait suite à Révélation, livre décryptant le rôle obscur de Clearstream (objet aussi d'un film diffusé par Voir et agir), organisme de gestion des flux financiers bancaires internationaux licites ou interlopes.
D. Lorenz, Une guerre, ou la suite Secret atomique. Récit des tribulations franco-iranienne, autour de la construction d'une centrale nucléaire à des fins militaires en Iran par la France. Une façon de revisiter l'histoire des attentats de 1986-88 à l'époque ou Chirac négociait pour reprendre les otages du Liban ! Le livre est à disposition de tous à la bibliothèque de Cétacé (Hervé).
On trouve aussi dans cette maison ô combien recommandable, le
livre
d'Eva Joly ou celui de P. de St. Exupéry sur le Rwanda.
Fréquentez
donc ce catalogue
!
Où va le
mouvement altermondialisation
?... et autres questions pour comprendre son histoire, ses
débats, ses stratégies, ses divergences.
La Découverte, 2003.
Dix auteurs clés du mouvement alter (égaux dans leurs contributions), comme Aguiton, Bruno Rebelle ou Gilbert Wasserman, répondent à 7 questions sur l'avenir du mouvement alter. Questions qui portent autant sur la faible assise populaire, sur la nécessité de proposer une alternative radicale, sur l'extension aux pays du sud ou le rapport à l'Europe, sur les inconvénients du fonctionnement en réseau (qui exclut certains).
Des réponses intéressantes, brèves et concises.
Encourageant et pas cher (6 euros).
Charles Albert Michalet ,
Qu'est-ce-que la mondialisation ?
Petit traité
à l'usage de ceux et celles qui ne savent pas encore s'il
faut
être pour ou contre.
La Découverte, 2004.
Comme le titre l'indique, l'auteur est pour.
Il est, excusez du peu, professeur d'économie à l'université de Paris IX Dauphine, et à travaillé notamment pour la banque mondiale. L'auteur est donc respectable et assez agé. Il ne s'est pas rendu sur le plateau du Larzac cet été.
Plusieurs passage indigestes, mais il s'agit d'un vade mecum intéressant de la pensée néo-libérale. Passons sur l'apologie de la mondialisation, version historicisée à souhait façon manuel de première.
Plus intéressant quelques passages de ses
conclusions qui
mettent en perspective certaines évolutions actuelles :
"Ce mouvement ne signifie pas l'apparition d'un espace mondial
lisse
et homogène. Le redécoupage des nouveaux
territoires est
déjà en cours. Il s'effectue dans deux directions
: d'une
part l'élargissement de l'intégration
régionale à des ensembles vastes regroupant des
économies inégalement
développées et
d'autre part simultanément, l' émergence de
territoires
infranationaux transfrontières ayant une logique de
districts
industriels." (p. 206)
La décentralisation et la transformation de la politique de formation doit être vue dans cette optique.
Une vision du futur aussi (non c'est pas Orwell c'est
Michalet) :
"La notion de citoyen perdra sa raison d'être, elle
sera
remplacée par celle de résident... En
réponse
à cette montée de
l'insécurité, les NTIC
vont fournir des instruments sophistiqués pour un
contrôle
social renforcé qui sera géré par des
agences
spécialisées privées dont les services
seront
offerts sur abonnement aux couches sociales aisées.
Leur bras armé sera constitué par des milices
privés dont les membres seront facilement
recrutés chez
les anciens mercenaires des armées de métier."
(p.
208)
Sergio Ghirardi,
Nous n'avons pas peur des ruines, Les
situationistes et notre temps.
L'insomniaque, 2003.
Les situs sont de retour.
Bref historique du mouvement, bref résumé de la
pensée des Debord et Vaneigem (accessible et bien
écrit).
Une critique de la vie quotidienne
réactualisée.
Quelques passages pour donner envie de lire :
La préface de Vaneigem : "La vie est en raison de
sa
gratuité, une réalité qu'aucune forme
de
pensée économisée n'est capable de
connaitre."
"La société de l'économie
tend à exclure
le sujet humain en le réduisant au rôle de
spectateur, de
plus en plus passif, du processus de valorisation de l'argent qui
domine le monde. Le seul rôle actif de l'homme est asujetti
à la circulation de la valeur dans le cercle de la
consommation."
L'intérêt comme toujours chez les situs est l'imbrication de la critique de la vie quotidienne, de la critique économique, de la critique spectaculaire, de la critique urbaine, et de la critique psychologique. Cette dernière est plus développée qu'auparavant, l'idée centrale étant celle d'une infiltration caractérielle du capitalisme qui gagne jusque dans le vocabuliare des sentiments. Très stimulante proposition, beaucoup d'humour (l'hostie des cartes de crédit), et comme toujours le détournement comme art : des visages connus (dont Férré) avec des bulles de citations détournées.
La situation impose la lecture.
"La jeunesse emmerde le Front National"...
Depuis la fin des
années quantre-vingt, le groupe Bérurier noir,
qui s'est
illustré dans la lutte punk-rock contre le F-Haine, a
disparu des bacs, et la BAC ne s'en porte pas plus mal.
Est-ce le climat politique délétère
qui les fait
ressurgir du néant de nos jeunes années ?
L'un des trois membres résuscités explique :
"La période actuelle est favorable à la
reformation des
Bérus. La société est devenue
répressive,
centralisée. La France connait un contexte comparable au
thatchérisme qui a été le moteur du
punk -rock
anglais." (Libé 14 juin 2004).
Un prochain CD à sortir donc, et à lancer (peut
être dans les manifs pour remplacer nos zebda
essouflés).
Autre génération, même combat.
"Mamadou m'a dit,
Mamadou m'a dit, on
a pressé le ctiron, on peut jeter la peau"
Béranger s'en est allé il y a quelques
semaines. Les
derniers temps de ce chansonnier engagé furent difficiles.
Loin
des médias, disques bricolés. pourtant en le
réécoutant, son dernier disque est plus que
d'actualité. Pas toujours dans la finesse l'ami
Béranger,
mais la ça touche :
L'Etat de merde
(Extrait,
à lire sur une musique entrainante genre java) : "Dire que
l'Etat est scatologique c'est pas vraiment très sympathique
pour
la vraie fiente, le vrai crottin qui engraissent si bien nos jardins.
comparer l'Etat à des tas de bouse, de purin, de lisier,
c'est
négatif comme postulat. On est quand même les
héritiers de la Grande Révolution que le monde
entier
nous envie...Je dis avant que ma voie ne se perdre, , l'Etat, l'Etat,
c'est l'Etat d'merde".
autres morceaux : Aux exclus, Combien ça coute ?, En Avant !
(En
avant pour le grand bond en arrière).
Béranger à redécouvrir, à faire passer.
À
Ecouter :
Le Télégramme de Bres, CRS, Little Daewoo, Manu
Chao,
Giscard complice (pinochet fasciste, Liste de droite, l'aquarium
tactile).
Quand
la banlieue descendra sur la ville
Extraits :
"combattants dans les rues qui puent la trique
la moiteur rance et la mauvaise conscience
gargouilles ricanantes aux vitrines gothiques
dans la moiteur des brancards en cadence
on n'entend plus crapuler dans le vent
les discours des leaders et des tribuns
tous les mornes aboyeurs de slogans
les sycophantes et les théoriciens
...
Quand la banlieue descendra sur la ville pour la grande razzia des
parias
Quand la banlieue descendra sur la ville pour la grand basta des
rastas..."