Glané dans la presse (Le Parisien pour ne pas le nommer) ce jour : l'impôt sur les sociétés est allégé de 1%
(les profits des entreprises seront taxés à 34,4% au lieu
de 35,5%) [il s'agit en fait de la suppression de la "surtaxe
Juppé" instaurée en 1995 pour "qualifier la France
à l'euro" expliquent Les Echos - c'est pas du foot ]
Coût du cadeau : 900 millions, auxquels il faut
ajouter 300 millions de dégrèvement pour la taxe professionnelle
jusque décembre 2005. Comment ne pas y voir une réponse
à la bonne blague du baron Seillères la veille : "Depuis que M. Raffarin est là, on n'a rien eu pour l'entreprise" (sic).
Petit rappel : la somme débloquée pour mettre fin au
très long et très médiatique mouvement de fronde
des chercheurs s'élevait à... 300 millions d'euros !!!
soit 4 fois moins que ce cadeau aux entreprises... La comparaison de la
couverture médiatique des deux "événements" est
pour le moins édifiante.
Bonne nouvelle pour tous les secteurs auxquels on coupe les vivres,
les caisses de
l'Etat ne sont pas vides. Des preuves :
France Inter, jeudi 19.02,
journal de 13 heures : interview surréaliste - quoique ... -
du représentant des restaurateurs au sujet de la baisse de la
TVA.
M. X, sans complexe, franc du collier, ne prend pas la peine d'enrober
les mesures
gouvernementales et les présente pour ce qu'elles sont : des
mesures clientélistes pour satisfaire une base électorale
mécontente. Extraits choisis :
- si la mesure ne passe pas, ce sera de la faute de l'Europe
(mais ce sera après les élections...).
- les restaurateurs sont des humanistes : à quoi vont servir les
baisses de TVA ? A ... baisser le temps de travail, augmenter les
salaires et embaucher, pardi !! Qui a dit que les restaurateurs
votaient massivement à droite ??
- d'ailleurs, à une question sur d'éventuelles consignes
de vote en
remerciement, M. X prouve une nouvelle fois ses sympathies gauchistes :
"le pire des extremes, c'est l'abstention". Que les restaurateurs se
sentent libres de voter Arlette !
- cela dit, nous explique notre nouvel ami, les restaurateurs peuvent
constater que ce
gouvernement tient ses promesses, et donc sauront faire le bon choix...
Bravo à France Inter pour ce moment de vérité.
Ouest-France, jeudi 19 février
[et oui, les vacances permettent de renouer avec une authentique presse
gauchiste] : "Suppression partielle de
la taxe professionnelle ; 2,5 milliards de cadeau aux entreprises"".
"La taxe professionnelle va
disparaitre à la fin juin 2005. Les petites et moyennes
entreprises en seront exonérées sur leurs nouveaux
investissements." Coût du cadeau promis avec les
étrennes
par Chirac le 6 janvier : 2,5 milliards en 18 mois...
"Le chef de l'Etat a surpris tout le
monde,
Bercy y compris" (sans doute aucun rapport avec l'approche des
élections...). Meme le MEDEF est mécontent (ben oui, les
grandes entreprises ne sont pas exonérées...).
"Les collectivités locales
s'inquiètent de la suppression d'un impot qui leur rapporte
chaque année environ 22 milliards d'euro".
Gloups. Pas de soucis : "L'Etat
remboursera"...
Hum. "Le dipositif sera
discuté au Parlement lors de la "loi de mobilisation pour
l'emploi" prévue au printemps". Et puis si jamais
ça ne passe pas, c'est pas grave ; les élections, elles,
seront bien passées...