EDF-GDF, service public en danger...


"Ce qu'une loi a fait, une autre loi peut le défaire"



Cétacé, mouvement issu du milieu enseignant, et des grèves de 2003, s'efforce d'être attentif à ce qui se passe hors de l'EN, en particulier dans les autres services publics, comme celui de l'énergie.
Il paraît d'une part évident que les logiques de démantèlement via les restrictions budgétaires sont les mêmes partout (avec des chronologies différentes) ; et d'autre part que les luttes de défense des service public ne pourront aboutir que par la prise de conscience par les travailleurs de ces secteurs et les usagers-citoyens de la nécessité de faire converger toutes ces luttes qui ont échoué lorsqu'elles se sont menées en ordre dispersé (hôpitaux ; EN ; énergie).


Bilan du mouvement EDF-GDF 2004

Le mouvement EDF-GDF du printemps 2004 est terminé (même s'il renaît en partie de ses cendres en cet automne 2004), la loi ouvrant la voie à la privatisation est passée à l'assemblée, au coeur de l'été, et un nouvel héritage de l'après-guerre passe dans la rubrique nécro. Et une nouvelle lutte historique par son ampleur pour la défense d'un service public se solde par un échec, après celui de l'Education Nationale en 2003.

Il est vital de dresser le bilan de ce mouvement historique et spectaculaire, mais dont l'échec est indiscutable.
- L'attitude du gouvernement est caractéristique des conflits depuis 2002 : il a laissé pourrir la situation sans négocier. Plus original (?) ici : il a tenté de rejeter sur Bruxelles la responsabilité d'une décision de privatisation purement idéologique. (Cf. "Une information peut en cacher une autre").
- La variété des formes d'action et leur dimension novatrice est à retenir ; il est à noter que, malgré les menaces de sanctions lourdes devant les actions illégales menés par les agents en lutte (coupures ciblées, réouverture de comptes chez les plus démunis, passage en heure creuse...), seuls quelques blâmes sont tombés (cf. l'appel contre les menaces de répression qui avait été lancé).
- L'échec (un de plus) d'un mouvement inter-professionnel a sans doute également pesé lourd, (malgré les tentatives de convergence des luttes)  Il faudra bien que les travailleurs (et usagers- citoyens) des services publics prennent conscience que les combats qu'ils mènent en ordre dispersés sont en réalité une seule et même lutte face à une politique néo-libérale, politique où dominent l'obsession des économies budgétaires et la volonté de démantèlement de services publics sont le dogm
- A EDF-GDF, la lutte continue pour certains : les sites de lutte restent en activité, ou en sommeil vigilant; et de nouvelles actions sont en cours en cet automne 2004.




EDF- GDF : reprise ?
(22.11 - JLB)

Quelques signes de reprise des luttes sont à noter, dans un contexte de nouvelle offensive contre l'idée d'un service public de l'éducation (rapport Roulet...).

Ainsi de la journée de grève du 16.11, suivie par entre 10 et 45% (!!!) de personnels (AFP, 16.11). Ainsi de l'annonce (dépêche AFP du 17.11) d'actions à venir : "La fédération CGT des Mines et de l'Energie a annoncé mercredi "des initiatives concrètes, dans les jours ou semaines qui viennent", pour "interdire" et "éviter" les coupures d'électricité et de gaz du fait de factures impayées durant la période d'hiver." Le but est d'obtenir des pouvoirs publics une trève hivernale pour les coupures.
Ces actions sont dans la lignée des actions novatrices du mouvement du printemps dernier, avec l'opération "Robin des Bois", qui consistaient à remettre le courant et le gaz aux plus démunis qui s'en voyaient privés.
Elles font aussi  écho aux réflexions de Vaneigem (cf. Modestes propositions aux grévistes...), qui appelle à se servir de la gratuité comme arme - en complément ou en remplacement de la grève - dans un monde où l'économique est roi.

Ce mouvement intervient alors que l'Etat peaufine la privatisation d'EDF, pendant que les salariés commencent à goûter les joies d'une gestion "privée" des personnels (harcèlement pour pousser à la démission, obsession de la "rentabilité"... autant d'évolutions qui rappellent ce qui s'est passé à France-Télécom, cf. La Machine à broyer).

Pour suivre les événements cf. Résistances Electriques et Gazières



Sites de lutte EDF-GDF

Certains des sites existaient avant le mouvement et continuent donc leur chemin :
Résistances Electriques et Gazières : ce site existe depuis des années et poursuit donc, au-delà du mouvement de 2004, la réflexion sur les dangers d'une libéralisation du secteur de l'énergie ; et porte mieux que jamais son titre de "résistances", maintenant que la loi est votée. A lire notamment, un très intéressant historique du mouvement 2004.
Objectif EGF, qui cherche à rassembler agents de ces entreprises et usagers, et propose des actions concrètes. "Nous sommes toujours là", titraient-ils fin juillet. A suivre, donc.
Comité d'Actions et d'Informations contre l'ouverture du capital d'EDF-GDF : site de lutte, en sommeil désormais, avec pétition à signer et formes orginales pour faire prendre conscience des dangers de la libéralisation du marché de l'énergie (histoire : "Ginette et Roger", dessins, BD...")



EDF-SNCF; Attention ! Une information peut toujours en cacher une autre

Retour aux usages d'il y a 20 ans ! Des coupures, des grosses coupures. Et gare au changement de statut, les gares sont dans le noir, les trains à l'arrêt. Du côté train-train médiatique quotidien : les réactions des usagers prises au hasard, les menaces à peine camouflées de quelques députés de droite et du patron de l'entreprise, les hésitations des têtes de la gauche de gouvernement...

Pourtant une information est passée inaperçue cette semaine.

La rhétorique imposée du changement de statut de l'entreprise qui nous fournit chaque jour notre électricité quotidienne, porte essentiellement sur l'harmonisation européenne et l'obligation vitale de se joindre au concert des privatisations allemandes , anglaises, espagnoles. Mais que dit la commission européenne de ce changement de statut d'EDF ? Mario Monti, membre éminent de cette commission européenne, qui fait la pluie et le beau temps en Europe, répond ainsi à une lettre envoyée par M. Imbrecht en date du 22/01/2004 :

"Tout comme vous je suis convaincu que l'Europe peut jouer un rôle déterminant dans le développement d'une politique énergétique européenne ambitieuse... Le gouvernement français aurait pu avoir recours à d'autres moyens que le changement de statut pour soumettre EDF à la législation sur le redressement et la liquidation judiciaires des entreprises. Dans le dossier des banques publiques allemandes, les autorités allemandes ont supprimé la garantie illimitée dont bénéficiaient ces banques sans changer le statut... Ainsi le changement de statut constitue la voie qui a été choisie par le gouvernement français et non pas celle imposée par la commission."

Pourquoi alors déboulonner le statut ? Y aurait-il une raison différente de celle qui est annoncée publiquement. Il est vrai que notre gouverne-ment.

Hervé

 RDV : convergence des luttes !

Lundi 14 juin : rassemblement devant l'Assemblée Nationale à 10 heures

Mardi 15 juin : manifestations départementales EDF-GDF


Le 15 juin pourrait être une grosse journée de mobilisation, deux jours après les élections européennes (les dernières avant 2007  !!), dont  on sait pertinemment qu'elles ne changeront rien sans mobilisations fortes.

Se conjuguent en effet :
- journée de grève EDF-GDF, au niveau départemental
- appel de la CGT sur la Sécu
- d'autres appels sont prévisibles d'ici là (la FSU recommande de se joindre aux actions)

M. Mailly (FO) s'est exprimé contre les journées "saute-mouton" en affirmant que FO était "prêt à discuter d'une journée de grève interprofessionnelle franche" (en juillet ?). L'AFP exlpique que "le leader de FO a fait valoir que le 15 juin étant une journée d'action syndicale pour EDF-GDF cela pourrait conduire à faire un "amalgame" des deux dossiers."
[source AFP]

 Amalgame des deux dossiers ????
Alors que la casse des services publics et des acquis sociaux se fait de façon très cohérente et systématique depuis deux ans, faut-il continuer à lutter (et à perdre) séparément, secteur après secteur ?
Le mouvement social n'aurait-il pas besoin plutôt d'une convergence des luttes ?

JLB