Dans l'EN, la casse continue - raisons d'agir

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A Créteil
Rentabilité et casse de l'école

Depuis la rentrée 2003, la casse de l'EN s'est accélérée : profitant d'un certain découragement suite à l'échec des mouvements de grève, les gouvernements successifs en profitent pour faire avaler des couleuvres, petites ou grosses.
Même si une salutaire réaction a permis l'abandon des décrets de Robien (bivalence généralisée, établissement sur communes non-limitrophes...) en 2007.
Essai de bilan 2002-2007 ici.

NOUVEAUTES
-8830 postes, saignée dans le secondaire 28.12.2007

2007 - 2008 * -8830 postes dans le secondaire, la saignée s'accélère

* Projet de réforme du Bac Pro - en 3 ans au lieu de 4, histoire de réduire les  horaires d'enseignements, sections, options, enseignants même... et élèves, in fine (vive l'entreprise !). La mobilisation - importante : bahuts bloqués par les lycéens, grèves en ordre dispersé - semble porter ses fruits, avec une reculade (à surveiller) de Darcos (novembre-décembre 2007)

*Réduction drastique annoncée des budgets de lycée agricole ; d'où un mouvement de protestation très, très mal relayé médiatiquement (novembre-décembre 2007)

2006-2007 *Révision du décret de 1950 (avortée grâce à une résitance tous azimuts inhabituelle : boycott des bacs blancs, des conseils de classe, etc...)

*Organiser une pénurie d'enseignants (constante depuis 2003)
2005-2006
*Mise en application de la Loi Fillon par De Robien

*Suppression de postes, concours, etc... mise au chômage massif des précaires de l'EN
2004-2005
L'entreprise de démolition s'accélère encore
* Précarité à tous les étages : quand le secteur public devient un laboratoire de la précarité...
- Poursuite de la dégradation du statut des TZR (septembre 2004)
- Des milliers de précaires au chômage dans l'En (septembre 2004)
- Le rectorat de Créteil "oublie" de payer 300 surveillants (octobre 2004)

* Violence scolaire / violence de l'institution

- partenariat Ecole / Police ; grande journée de cirque médiatique du jeudi 6 janvier ("sécurisation" des établissements...)
- Des vigiles engagés par un lycée de Blois (octobre 2004)
- R. Veuillet : un mois de grève de la faim pour obetnir une médiations (octobre 2004)

* Divers :
- suppression des TPE (décembre 2004)
- Le lundi de la Pentecôte supprimé par solidarité... avec le MEDEF (novembre 2004)
- Le passage hors-classe dépendrait désormais des chefs d'établissement (oct. 2004)

*Loi d'Orientation (novembre 2004), annoncée par Fillon, appliquée par De Robien :
- loi d'Orientation : mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?
- le remplacement interne et ses conséquences -fâcheuses-

* Luttes en cours pour éviter l'accroissement indéfini de la rubrique...
Cf. rubrique Actions
Ce qu'ils ont fait en 2003-2004 * Baisse des recrutements aux concours d'enseignement
Les plus bas chiffres au concours depuis une quinzaine d'année... 12500 postes aux concours externes en 2004 contre 18000 en 2003. Soit 6000 enseignants de moins à la rentrée !! (source SNES).
Et juste avant les vacances, le ministère a annoncé la fermeture d'une cinquantaine de concours d'enseignements l'an prochain... Quand on sait que les départs à la retraite s'accélèrent...

* Suppressions massives d'options et de sections :
Les DHG sont sorties les unes après les autres, par académie ; particulièrement visées, les sections STT, les lycées professionels, les sections Segpa, et les options rares. Toujours la même stratégie d'attaque d'abord des présumés "plus faibles" (l'an dernier, c'était les personnels non-enseignants). Plusieurs pétitions à signer pour les disciplines particulièrment menacées.

* Accroissement de la précarité dans l'EN :
- perte des 20 points de bonification TZR, annonce de leur disparition et du démantèlement du système de rempalcement

* Divers et -a-variés :
- Seillères s'offre la quasi-totalité de l'édition scolaire
- fin de la gratuité du Louvres pour les enseignants (21.06)
- Police et caméras dans les établissements des Hauts de Seine ?(2004).
- Violence statistique et violence scolaire (Hervé, juin 2004)

* Cette année-là... pour enrayer le processus :
- deux grèves nationales "classiques" : 12 mars et 25 mai
- une participation aux autres mouvements sociaux (Sécu, EDF-GDF...)
- une foultitude d'actions novatrices
- la mulitplication des collectifs
Rappel douloureux
2002 -2003

* Décentralisation d'une partie des personnels de l'EN (loi finalement passée en force au coeur de l'été 2004)
* Réforme des retraites, ou comment côtiser plus pour recevoir moins
* Suppression du statut de surveillant (MI-SE)


8830 postes dans le secondaire en 2008, la saignée s'accélère - 19.12.2007

C'était attendu, mais l'addition fait mal - cf. la dépêche AFP -
Parmi les éléments de scandale :
Tout cela obéit encore et toujours à la même logique : économies budgétaires à tout crin, au détriment du service public offert, et des conditions de travail des personnels. D'autant que les effectifs augmentent dans le primaire... et vont donc, mathématiquement augmenter dans le secondaire... A moins qu'on professionnalise dès l'entrée en sixième ? ......



Zéro heure sup' dans l'académie de Créteil - Catastrophe pédagogique en vue ? 26.08 (précisions 4.09)

Gros dysfonctionnement dans le système de mutation (trop d'entrants dans l'académie), conséquences facheuses des suppressions massives de postes (200 dans le secondaire dans l'académie cette année, du jamais vu faut-il le rappeler), approche de la mise en place de la LOLF, volonté du rectorat de relancer l'emploi dans l'éducation (hum...), , succès de la pétition du syndicat Sud contre les heures sup' (hum, hum...) ? Toujours est-il que les administrations ont reçu pour consigne de n'attribuer aucune heure supplémentaire aux matières jugées excédentaires : histoire, lettres modernes, et philosophie semblent les principales disciplines concernées.

Conséquences pour le moins fâcheuses pour les collègues qui ont eu une mauvaise surprise à la rentrée : la répartition des classes, pour laquelle ils sont traditionnellement consultés [mais de moins en moins écoutés] en fin d'année scolaire, est bouleversée. Conséquences aussi en terme économiques, puisque de nombreux enseignants compensent traditionnellement la faiblesse de leur pouvoir d'achat en région parisienne (faiblesse certes relative dans un climat de précarisation et de recul social tous azimuts) par ces heures.
Mais le pire se trouve sans aucun doute dans les aberrations pédagogiques qui se produisent, les économies se faisant une fois de plus au détriment de la qualité de l'enseignement : puisque ni sous-service, ni ne serait-ce qu'une demi-heure supplémentaire, ne semblent tolérés, les enseignements d'une même matière doivent souvent être éclatés...

Errements de gestion des personnels dans un contexte de pénurie budgétaire, et prix fort à payer pour les personnels et la qualité du service public : voilà une équation pérenne de l'Education Nationale ces dernières années.

Par cette mesure, le rectorat de Créteil, tout en gardant sans doute des liquidités pour financer la mise en place du remplacement interne, s'est mis à dos une partie des administrations, prévenues à quelques encablures de la rentrée, qui ont dû revoir leur copie de répartition des DHG dans l'urgence...



Lundi de Pentecôte supprimé par "solidarité"... (avec le MEDEF !)

(JLB - 12.11)

<>Ca y est, c'est du sûr : mardi 9 novembre, après moultes tergiversations, JPR a confirmé aux recteurs que le lundi de Pentecôte ne serait désormais plus férié pour les personnels de l'Education Nationale et les élèves, afin de financer l'aide aux personnes dépendantes. "Sauf exceptions culturelles locales", a tenu à préciser le bon Jean-Pierre... Et c'est le recteur qui est chargé de décider si "exception culturelle locale" il y a !
 [pour bien sentir le courant d'air "libéral" qui porte cette mesure, cf. ce qui arrive à nos voisins allemands...]

En guise de réaction, outre une bonne petite grève ce fameux lundi - et les suivants ? -, ce qui fera pour le coup une vraie économie à l'Etat (vive les retraits de salaire !), on peut aussi prendre le parti d'en rire... Avec cette -tordante et édifiante- réponse de la section Sud Education 16 au Recteur de Poitiers, par exemple (la question de M. le Recteur : "Quel jour férié préféreriez-vous sacrifier ?") :

SUD Education 16
Le 14/10/2004
Au Rectorat de Poitiers
Objet : réponse à la "consultation" relative au jour férié travaillé
Nous accusons réception de votre courrier, qui, avouons-le, nous a bien fait rire.
Répondons rapidement à l'aspect (officiel) de « solidarité » avec les personnes âgées dépendantes. Nous n'avons toujours pas compris en quoi une journée de classe supplémentaire améliorerait la situation des anciens. Si ce n'est, bien entendu, à considérer que cela éviterait à certains, ce jour-là, la visite de leurs petits enfants trop turbulents. Mais, en prenant en compte cet aspect, on constatera que le problème ne sera que déplacé vers les personnels de l'éducation, sans pour autant être résolu.
Quant à faire travailler gratuitement les salariés du privé un jour de plus, nous comprenons parfaitement que cela traduise la solidarité du gouvernement envers le MEDEF. Certes, cette organisation rassemble un certain nombre de vieillards acariâtres mais force est de reconnaître qu'ils ne représentent pas, fort heureusement, l'essentiel de nos anciens.
Depuis quelques années nous avons beaucoup perdu (retraite, sécu, décentralisation.), mais pas encore la raison. Lorsque le gouvernement a décidé de casser notre régime de retraite, de démanteler les acquis sociaux, il n'a pas cru bon d'entendre la protestation de millions de salariés, en grève et dans la rue. Alors nous ne doutons pas que l'avis que nous pourrions vous donner ne vous servirait dans le meilleur des cas que de caution démocratique, et dans le pire, de coussin. Vous l'ignorez peut-être, mais notre syndicat n'est pas issu de la tradition chrétienne et il n'est pas dans nos pratiques de tendre l'autre joue.
Quel que soit votre choix, nous vous remercions par avance de bien vouloir nous le faire connaître quelques temps à l'avance afin que nous puissions déposer un préavis de grève dans les délais légaux. Nous voudrions user de ce droit tant qu'il est encore reconnu. C'est à notre avis le meilleur geste de solidarité que nous pourrons réaliser à l'égard de nos glorieux anciens qui ont su se battre pour la conquête des droits sociaux. Pour notre part, nous avions déjà annoncé le dépôt d'un préavis de grève pour le lundi de la Pentecôte. Mais nous saurons nous adapter à tout autre choix. Le seul souhait que nous ayons à formuler est que vous jetiez votre dévolu sur un jour très ensoleillé afin que nous puissions profiter pleinement de cette journée de grève. Nous vous assurons de notre attachement au service public solidaire.
Le bureau de SUD Education 16


Ce que l'on dit des services publics dans les cercles du pouvoir. Dutreil, Ministre de la Fonction publique, dont l'objectif est de la détruire.

Charlie Hebdo (27.10) s'est rendu anonymement (et pour cause les journalistes de ce genre étaient interdits) à un petit-déjeuner de la Fondation Concorde animé cette fois par le ministre Dutreil. L'usage de Cétacé ! n'est pas de recopier les articles des confrères de la presse mais là les mots reproduits dans Charlie ne méritent presque aucun commentaire (les notres sont donc entre crochets). Citons donc Dutreil recueilli par Charlie :

- "les retraités de la fonction publique ne rendent plus de service à la nation [ceux de l'entreprise privée si]. Ces gens là sont  inutiles [Chez ces gens là monsieur...] mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent [et même absent étant donné le taux d'absentéisme]. Il faudra résoudre ce problème (sic.)."
- "A l'heure actuelle nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires [mais bientôt on va l'être beaucoup]. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis l'an 2000 [merci on s'en était aperçu, mais c'est aussi vrai des salariés du privé, donc vous êtes méchants avec tout le monde sauf quelques uns]."
- "Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire [et après ce sont les mêmes qui nous vantent la fin des idéologies, de l'histoire et de la lutte des classes]. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance [attends un peu mon bonhomme!]. Ce qui compte en France c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques".
- "C'est sur l'Education nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la Fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Education nationale, 800000 sont des enseignants. Licencier dans les backs office de l'E.N., c'est facile on sait comment faire avec Eric Woerth (secr d'état à la réforme de l'Etat), on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit."
- "Le problème que nous avons en France, c'est que lens gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus - mais sans paniquer les gens, car à ce moment là ils se recroquevillent comme des tortues".

                                                                                                           

 (28.10) avec Charlie (E. Veil).


Des vigiles à la place de surveillants dans un lycée de Blois ! (octobre 2004) 


Le lycée Augustin Thierry de Blois fait appel, depuis la rentrée, aux services de vigiles d'une société privée pour assurer  la sécurité à l'entrée de l'établissement, suite à des incidents répétés ! Coût annuel : 38 000 euros. Le principe en avait été voté en CA sur la proposition du proviseur, en raison du refus du rectorat de l'académie d'Orléans de répondre à sa demande de compenser la suppression de deux postes de CES (Contrat Emploi Solidarité) chargés de ces tâches.

Qu'on vienne encore nous dire que les restrictions budgétaires n'ouvrent pas la voie à une forme de privatisation de l'EN...

Plus de précisions
- site du lycée Augustin-Thierry
- communiqué FCPE : "Budget sinistré, vigiles au lycée !"
- communiqué SNES
- article de l'Humanité


Epilogue - heureux ? - de l'affaire relaté par la Nouvelle République du 16-17 octobre (et, il faut bien l'admettre, moins médiatisé que les débuts de l'affaire) : M. Fillon, présent à Blois pour les "Rendez-vous de l'Histoire", et le recteur ont exprimé leur volonté de mettre fin à cette situation, en réinjectant  des postes de CES (Contrats Emplois Solidarité) dans les établissements.
Les vigiles privés rentrent à la niche et les précaires sorent du chapeau du Recteur, bref, tout rentre dans l'ordre.

Cf. page sur la précarité dans l'EN

(merci à Fetnat pour les infos et liens)


La Police comme remède aux maux de l'Education Nationale : des policiers et des caméras dans les établissements, expérimentation (?) dans les Hauts-de-Seine.