Signalez-nous les infos, luttes, collectifs concernant les précaires de l'EN (ou d'ailleurs) à infos@cetace.org
En plantant leurs tentes devant le rectorat le lundi 17 octobre - à la suite d'un mouvement similaire à Nice -, les non-titulaires ont déjà remporté une victoire : alors qu'elles restent habituellement dans l'ombre, ils contribuent à rendre visibles les pratiques scandaleuses des rectorats, du ministère de l'Education Nationale, et, in fine, de l'Etat, prêts à assumer (?) le paradoxe d'une mise au chômage massif d'enseignants non-titulaires et de classes nombreuses pourtant sans professeurs...
A considérer la façon dont l'Etat traite ses salariés (premier employeur de précaires) qui entendent remplir des missions de service public sans bénéficier de la protection des fonctionnaires, mais aussi, de plus en plus, ceux qui ont pourtant en théorie un statut protecteur (cf. les TZR), on constate à quel point de précarisation on est arrivé dans la société française...
Comment soutenir les non-titulaires de région parisienne, organisé en collectif, qui campent actuellement devant le rectorat de Créteil ?
Docteur en biologie (thèse)
Contractuel en SVT depuis 1998.
A connu une dizaine d'établissements ; jusqu'à 3 la même année.
« Il faudrait réinstaurer un examen professionnel pour nous titulariser. Le concours c'est « question pour un champion », très loin des réalités des classes... »
Vacataire en 1999 et contractuel depuis, en SVT.
A connu un établissement différent chaque année, jusqu'à 3 la même année.
« Au départ, ils nous ont fait confiance en transformant le contract de vacataire en contractuel. J'ai eu 2 inspections, dont une à ma demande, avec de bons rapports, malgré ça, on nous presse et on nous jette... Les concours , on sait ce qu'ils sont ; j'ai eu 11,5 et la barre était à 12... On nous parle de réorientation, pour faire quoi ? Et il y a l'âge aussi... »
Contractuelle en lettres modernes et FLE (Français Langue Etrangère) depuis 1999.
Elle a refusé les vacations que lui proposait le rectorat.
« Je voudrais une titularisation, ou à défaut une garantie de l'emploi, comme les anciens MA C'est injuste, ils recrutent des vacataires alors que les contractuels sont au chômage... »
Après des années de mauvais traitement, et une mise au chômage massif en cette rentrée 2005, et suivant le modèle des non-titulaires de Nice (cf. article de l'Humanite) qui ont campé quinze jours devant leur rectorat, les non-titulaires organisent la riposte : ils campent depuis le lundi 17 octobre devant le Rectorat de Créteil.
Carnet de camping.
8.11 : 22e jour.
Le Conseil Général fournit un nouveau chapiteau aux non-titulaires.
Préparation de la manifestation du mercredi 9.11 devant le
ministère (15 heures, M° Solférino), commune avec les
TZR en Colère !
29.10 : 12e jour.
Les bonnes volontés s'usent mais le campement se poursuit - de plus en plus de titulaires passent apporter leur soutien.
27.10 : 10e jour.
AG au campement - une délégation est reçue par le recteur ; sans grande avancée.
19.10 : 3e jour.
A 14h30, un rassemblement de soutien a lieu devant le rectorat.
Parmi les visites du jour : France Culture et le président du
Conseil Général du Val-de-Marne...
18.10 : 2e jour.
Les non-titulaires s'organisent, les soutiens soutiennent, les
médias médiatisent... et le recteur se fend d'une petite
visite - cf. compte
rendu sur le "blog des non-titulaires".
Après des années de mauvais traitement, et une mise au chômage massif en cette rentrée 2005, et suivant le modèle dse non-titulaires de Nice (cf. article de l'Humanite) qui ont campé quinze jours devant leur rectorat, les non-titulaires organisent la riposte : ils campent depuis... devant le Rectorat de Créteil (M° ligne 8, arrêt Créteil-Echat).
Communiqué de presse du Collectif Ile-de-France - Lundi 17 octobre 2005
Devant le mépris de l'Education Nationale, LES NON TITULAIRES REDUITS AU CAMPING
Des milliers de non titulaires, enseignants, TOS aides éducateurs, sont au chômage cette année. Les rectorats ont déjà fait savoir qu'ils ne remploieraient personnes dans de nombreuses disciplines. Quand ils sont remployés, les contractuels, se voient systématiquement proposer des vacations, travail à la tâche sans garanties professionnelles ni protection sociale.Les perspectives de titularisation déjà bien maigres deviennent quasi inexistantes (suppressions de postes aux différents concours, fin des concours réservés et du professionnel, licenciements nombreux en fin de stage…) Le chômage est payé avec des mois de retard, sans compter sa remise en question par les ordonnances Villepin. Les précaires voient leurs conditions de vie sacrifiées par un système qui rentabilise la formation des jeunes et fait payer le prix aux personnels, à commencer par les plus fragiles.
Les non titulaires se rassemblent nombreux devant les rectorats, rejoignent dans différentes régions les collectifs de non titulaires et ils en créent lorsqu'il n'en existe pas. Ces collectifs unitaires sont soutenus par des intersyndicales larges.En région parisienne, le Collectif des non titulaires Ile de France est soutenu par la CGT, la CNT, le SNES, SUD Education… Le collectif s'est ouvert aux titulaires désireux d'en finir avec cette précarité qui rime de plus en plus avec absence de droits, qui broie les non titulaires et qui rogne progressivement les garanties acquises de l'ensemble des travailleurs (remplacements à l'interne, introduction de CDI dans la fonction publique, à la place des personnels sous statut…)
Le Collectif, a été reçu au Ministère avec l'intersyndicale à l'issue de la manif contre la précarité du 21 septembre, et a rencontré De Robien le 12 octobre. A l'échéance des « 100 jours pour l'emploi » de Villepin, le Collectif n'a pas obtenu plus de réponses que lorsque qu'il avait été reçu en juin au début des « 100 jours » sur :
Cette absence de réponse du Ministre de l'Education, comme du Premier Ministre, comme des Recteurs, des Inspecteurs d'académie, à notre envie et à notre droit de travailler, bafoue notre dignité professionnelle, autant que le droit des élèves à des effectifs décents et à la continuité pédagogique pour les remplacements.
Devant ce mépris, les non titulaires sont acculé(e)s à camper devant les différents niveaux administratifs pour obtenir des réponses et montrer à l'opinion que les licenciements et la précarité sont très importants dans la fonction publique et particulièrement dans l'Education nationale, la plus grande entreprise du pays pour l'intérim (des dizaines de milliers de précaires) et les licenciements (des milliers de mises au chômage).
Après 15 jours de siège du rectorat de Nice, les non titulaires campent devant le rectorat de Créteil, rue G. Enesco (métro Créteil L'Echat)
Le Collectif Ile de France propose de tenir le plus rapidement possible une réunion de coordination nationale des collectifs de non titulaires pour généraliser ces actions de siège des administrations.
Le collectif des non titulaires IDF, se réunit tous les mercredis à 18h, à la Bourse du Travail de République, 3 rue du Château d'eau, 75010 Paris.
Premier succès de l'action des non-titulaires d'Ile-de-France
: ils ont attiré la lumière médiatique sur des
pratiques habituellement vouées à rester dans l'ombre.
L'opération est d'ores et déjà un succès
médiatique. Exemples :