La page des lycéens et lycéennes

Attention : cette page concerne les mouvements lycéens de 2003, plutôt que ceux de 2006.

LIENS - pour suivre les luttes lycéennes

LISTE DES LYCEES OCCUPES ET/OU BLOQUES
avec bilan au jour le jour (ou presque)

CHAUD LE 94 !


Banderole lycéenne : réagissez !Plus qu'en 2003, où les revendications enseignantes pouvaient leur sembler trop abstraites (décentralisation) ou lointaines (retraites), les lycéens se sentent concernés par le projet de Loi d'Orientation (voire analyses par ailleurs sur ce projet) : nombreux et bruyants le 20.01 (500 lycéens font autant d'effet dans un cortège que 10000 enseignants...), plutôt spontanés, ils se sont ensuite mobilisés sur des problèmes locaux ou directement contre le projet de loi. En région parisienne, où le Val-de-Marne semble à la pointe de la contestation, mais aussi plus fortement dans les régions.
Un mouvement lycéen  comme il n'y en a pas eu depuis 1998 semble en train de naître. De quoi ébranler un gouvernement qui n'a reculé ni devant les manifestations massives de 2003, ni devant la claque électorale de 2004 ? Qui sait ! Pour mémoire :

"La grève des enseignants n’est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse, comme on l’a noté, puisqu'elle libère la jeunesse pour manifester. Ces grèves peuvent donc devenir des épreuves de force difficiles à gérer." Cahier de l’OCDE n°13

(31.01)

24.03 : lycéens essoufflés ?? 24.03

Bon, c'est évident, on en n'est plus aux manifestations de masse dans toute la France, qui obligeaient le ministre à venir en direct au 20 heures affirmer qu'il est à l'écoute mais qu'il n'entend rien, que ce n'est pas la rue qui gouverne, qu'il s'en bat l'oeil...Mais tout de même, l'annonce du vote de la loi Fillon est loin d'annihiler l'énergie lycéenne.

Pour preuve, ces manifestations loin d'être ridicules qui se sont tenues alors même que les deux principaux syndicats lycéens n'appelaient ni à la grève, ni à la manifestation (tout en s'inscrustant dans les cortèges, d'ailleurs), pas plus que les principaux syndicats enseignants, alors même que la loi était votée définitivement : plusieurs milliers à Paris, 3500 à Angers (une des plus grossse manif' depuis le début du mouvement), 1500 à Toulouse, et des cortèges dans une foultitude de villes moyennes.

Pour preuve, ces actions radicales qui se développent d'occupations et de blocages d'établissements (cf. une ébauche de liste des établissements touchés), empêchant parfois les cours de se tenir, voire contraignant les proviseurs à fermer les établissements, comme ce fut le cas pour cinq lycées parisiens. Paris, Toulouse, Rennes, Angers, ou encore le Massif Central apparaissent comme des pôles de résistance avec plusieurs établissements occupés dans ces villes.

Alors, derniers foyers d'une radicalisation minoritaire d'un mouvement moribond, usé par l'indifférence du ministre, l'usure de la lutte, le vote de la loi, comme voudraient le faire croire médias et gouvernants ? Ou bien braises prêtes à repartir ?

Et si cela dépendait de nous - personnels de l'éducation ou d'ailleurs.
Enseignants, aux armes contre les lois Fillons !



Lycées occupés et bloqués - médias muets 30.03

Sans hurler au complot, il est clair que les actions lycéennes qui se poursuivent n'ont pas le traitement médiatique qu'elles méritent - "La Loi est votée", répondait le 29.03 au soir le journaliste du Téléphone Sonne, France Inter, pour justifier ce silence, assumé, donc -.  Pour nous, enseignants, cela rappelle - à tort, espérons - les deux mois d'action (mars - avril) éparpillées mais vives, qu'il nous a fallu mener en 2003 avant d'avoir "droit" aux médias nationaux...

Car le mouvement lycéen n'est pas mort (cf. liste des établissements touchés). Blocages (chaînes - humaines ou métalliques -, barricades de poubelles ou d'encombrants divers, filtrage ou blocage total avec annulation des cours) et occupations (devant le lycée avec des tentes comme à Toulouse, dans la cours comme au lycée Jean Jaurès de Montreuil...) se sont multipliés depuis la semaine dernière, et n'ont pas cessé avec le vote de la Loi Fillon.

Pas moins de la moitié des lycées parisiens étaient ainsi fermés vendredi 25 mars, et les actions se sont poursuivies mardi 29 mars ; à Toulouse, le mouvement commence à toucher les enseignants - les collègues du lycée Bourdelle de Montauban ont même a leur tour occupé l'établissement (dans la nuit du 29 au 30 mars) pour protester contre des suppressions de poste !!

Les fermetures sur décision des chefs d'établissement ou les évacuations par les CRS (comme par deux fois au lycée Balzac de Paris) sont les seules réponses des autorités à ces actions. Avec la complicité tacite de médias qui restent majoritairement indifférents. Jusque quand ?

Exemples de lycées touchés par le mouvement (pour des récits, cf. par exemple le site des CNL, ou des dépêches et témoignages sur le forum DISNON).



Les lycéens bougent encore 17.03

Les médias ont eu beau jeu de souligner l'essoufflement du mouvement lycéen, jaugé au nombre de manifestants dans les rues le mardi 15 mars dernier, jour de débat à l'assemblée. Si la fatigue, l'écoeurement devant les réactions méprisantes du sinistre Fillon, la déception de voir les enseignants ne pas entrer dans la danse, peuvent expliquer ces reculs, il convient de ne pas enterrer le mouvement pour autant !

D'une part, les manifestations sont restées assez impressionantes, y compris à Paris où, malgré les violences impressionantes du 8 mars  (pillage et tabassages en règle de lycéens sous les yeux des CRS), 6000 manifestants, selon la police, 20000 selon les syndicats lycéens, étaient présents au RDV. Dans les autres villes, même si les chiffres sont moins forts que lors du raz-de-marée du 8 mars, les cortèges n'en étaient pas moins bien fournis, et les lycéens motivés.

Surtout, le mouvement semble prendre de nouvelles formes, peut-être plus souterraines et qui auront sans doute moins les honneurs des médias. Des formes spontanées, imprévisibles, originales. Les occupations d'établissements se mulitplient par exemple (on peut suivre un recensement -sans doute partiel- sur le forum DISNON ou sur celui des CAL d'Ile-de-France, par exemple, rubrique agenda). Exemple d'établissements qui sont touchés ou l'ont été :

LYCEE BACHELARDChelles (Seine et Marne)
LYCEE HONORE DE BALZAC (77) Mitry Mory
LYCEE DE BELLEVUE Martinique
LYCEE PAUL CEZANNE(13) Aix en provence
LYCEE JULIOT CURIE Nanterre
LYCEE ROBERT DOISNEAU
LYCEE TECHNOLOGIQUE DORIAN PARIS 12eme
LYCEE COROT Savigny sur Orge (91)
LYCEE SOPHIE GERMAIN Paris
LYCEE VICTOR HUGO Paris 3eme
LYCEE JEAN MACE Rennes
LYCEE JEAN MONNET(74) Annemasse
LYCEE MONTAIGNE Paris 6eme
LYCEE AUGUSTE RENOIR 92600 bloqué mardi 8 Jeudi 10 et tenue nuit et jours par les profs et eleves !
LYCEE PAUL ROBERT Paris
LYCEE RODIN Paris 13eme
LYCEE JEAN SAY Paris
LYCEE CAMILLE SEE Paris 15eme
LYCEE LOUISE WEISS Paris



De plus en plus fort ! Fillon sert les fesses ils arrivent à toute vitesse ! HG - 08.03

Malgré les vacances, les bacs blancs, les pressions de toutes sortes, les intox du ministre (c'est voté, c'est fini les enfants on rentre à la maison regarder la télé), les lycéens sont descendus massivement dans la rue. Quelques chiffres et pour être objectif selon la police : 130.000 lycéens manifestaient mardi après-midi contre la loi Fillon dans toute la France, selon un décompte réalisé par l'AFP à 16H30, d'après les chiffres de la police. Quelques heures après c'est 165 000 selon la police, 200000 selon les organisateurs. Lors de la précédente journée nationale de manifestations lycéennes, le 10 février, c'était 100.000 participants au total.

Deux éléments frappants :

- La tension perceptible dans les cortèges (pas seulement liée aux voyous) et la radicalisation des slogans (démission de Fillon)
- la multiplication des cortèges dans les petites villes de province : plus de 150 villes ont vu manifester les lycéens. et certaines battent des records absolus : A Brignoles dans le Var ce sont  900 lycéens sur 1200 élèves qui ont manifesté.

Il ne faut donc pas se tromper en voyant les images de Paris (et de ses casseurs). La France des lycéens d'en bas, du nord, du sud, de l'est et de l'ouest est dans la rue.

Toulouse 11.000 manifestants selon la police, 20.000 selon les organisateurs.
A Lyon, où les manifestants étaient 7.000 selon la police, 15 à 20.000
selon les organisateurs.
D'autres manifestations rassemblaient de 7.000 à 11.000 personnes dans
les diverses villes de Midi-Pyrénées, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales.
A Marseille, les manifestants étaient entre 3.000 et 4.500 selon les
estimations, tandis qu'environ 3.500 ont défilé à Nantes.

Ailleurs en France, la police a comptabilisé 7.000 manifestants à Bordeaux, 6.000 à Lille, 5.000 à Nancy et Grenoble, 4.500 à Strasbourg, 4.200 à Rennes, 4.000 à Nantes, 2.800 à Quimper, plus de 2.000 à Brest et à Saint-Brieuc, 2.000 à Tours, 1.500 à Rouen, 1.200 à Vannes, 1.000 à Lorient, Dunkerque et Arras, 800 au Havre ou encore 450 à Saint-Malo.



Des liens pour suivre les luttes lycéennes

Pas de problème pour la génération internet : les nouvelles technologies sont -bien- mises au service du mouvement ; sites de syndicats ou indépendants, forums, portables et SMS, etc... se revitalisent ou se mulitplient.

Sites indépendants :

Syndicats lycéens

  • FIDL : syndicat lycéen, "Fédération indépendante et démocratique des lycéens"
  • UNL : Union Nationale des Lycéens
  • UNL-94 : la branche Val-de-Marne de l'UNL, bien active dans le mouvement 2005

Sites étudiants relayant les luttes lycéennes :



Les lycéens  manipulés !? (15.02)

Certains médias et gouvernants commencent à trouver la solution à cette "inexplicable" poussée de fièvre lycéenne qui secoue le pays : les lycéens seraient "manipulés". Il faut dire que Fillon lui-même leur avait soufflé l'idée !

Manipulés par qui ? Les "Jeunes populaires" (des jeunes UMP, oxymore ?), font dans le classique : par les syndicats, lycéens pour être précis, qui font oeuvre de désinformation (quand médias et gouvernement offrent à tous une information transparente et honnête, c'est bien connu) [communiqué de presse du 9/02 repris par l'AFP].
Le Sinistre Fillon avait fait bien plus fort : "J'espère que les enseignants respectent leur sens critique et ne les poussent pas dans la rue. Ce seraient une faute professionnelle, car ils sont les garants de la neutralité de l'Ecole". (Interview dans 20 minutes, lundi 4.02) Derrière une formulation en apparence prudente ("j'espère", conditionnel, etc...), cette phrase du ministre est véritablement scandaleuse, dans la mesure où elle jette le soupçon sur toute une profession ("les enseignants"). Si l'attaque est moins caricaturale que celles d'Allègre en son temps, elle peut avoir des effets tout aussi dévastateurs. Fillon a récidivé, encore plus discrètement, en affirmant que "les lycéens qui manifestent contre la marchandisation de l'école ou la régionalisation du bac (...) ont au minimum mal informés" (tout est dans le "au minimum") (Libération, 9.02).

Médias et politiques (pour certains) n'ont plus eu qu'à s'engouffrer dans la brèche...

Ainsi donc, des enseignants qui, en 2003, ont lutté seuls, perdant un mois de salaire voire plus pour certains, sans succès et sans guère de soutien lycéen, auraient subitement trouvé le bouton pour les mettre en grève ? C'est affirmer une "autorité" dont les enseignants manqueraient pourtant singulièrement, à en croire certains topoï médiatiques ou réactions rectorales sur les "violences scolaires"... Autorité assez forte pour contre-balancer le matraquage de com' de nos gouvernants et de leurs amis des médias nationaux.  Une bonne nouvelle, finalement ?
Pas sûr que les lycéens, qui défendent par exemple des TPE que les enseignants ont laissé disparaître sans grande réaction, soient du même avis...

Les manifestations du mardi 15 février le prouveraient assez également, où les enseignants se firent bien discrets parmi les masses lycéennes...


Mardi 8.02 - jeudi 10.02 : montée en puissance ! (10.02)

(sources : Forum Disnon, dépeches AFP...)

Les lycéens se structurent et s'organisent (cf. liens pour suivre le développement du mouvement), et sans l'aide -pour le moment !- ni même l'incitation de leurs enseignants, n'en déplaise à Fillon qui s'est répandu en soupçons dénigrant les enseignants dans leur ensemble (cf. forum, rubrique Fossoyeurs).

L'AFP relaie (lundi 7.01) l'appel d'une "Coordination nationale des lycéens" appelant à "la poursuite du mouvement jusqu'au retrait du projet de loi Fillon sur l'Ecole".
La FIDL (syndicat lycéen) appelait pour le mardi 8.02 à "la mobilisation dans tous les établissements scolaires, avec intervention dans les cours, assemblées générales et, éventuellement, grève et rassemblements" et, pour le jeudi 10.02 à des manifestations dans les académies qui ne sont pas encore en vacances.

Le mardi 8.02 annonçait déjà la couleur : sans véritable appel à manifester, des dizaines de milliers de lycéens se sont retrouvés dans les rues, principalement dans les capitales régionales (3000 à Lyon et Rennes, par exemple), voire dans les petites villes, alors que le cortège parisien restait en retrait. La montée en puissance sentait.
Le jeudi 10.02, c'est à un véritable déferlante que nous pouvons assister : dès la matinée, des rassemblements "décentralisés" ont rassemblé à chaque fois des centaines de lycéens (Figeac, Auch, Cahors, et même 2000 à Tarbes). Ce sont des dizaines de milliers qui sont aller battre le pavé l'après-midi : 1000 à Chambéry, 1300 à Agen, 1500 à Metz, Dax et Pau, 2000 à Tarbes et Roanne,  2500 à Nancy, Clermont-Ferrand, Mont-de-Marsan, 2600 à Grenoble, 5000 à Rennes, Bordeaux, et Toulouse, 12000 à Lyon (!!)et... des dizaines de milliers à Paris !! [sources AFP d'après les préfectures ; cf. les rubriques académiques du forum Disnon pour plus de détails].
C'est finalement 100 000 lycéens, selon le ministère de l'Intérieur, qui ont défilé aujourd'hui.

Et maintenant ? Vacances et examens blancs pour tout le monde ?





Janvier Lycéen, rentre ton chagrin. Printemps lycéen ... 26.01 au 30.01

Lycéens en manif La révélation progressive des D.H.G. (Dotation horaire des lycées et collèges) au mois de janvier a quelque peu dégelé les frilosités lycéennes. A cela s'ajoute les menaces qui pèsent sur les conventions ZEP/Sciences Po, conventions présentées il y a peu par le gouvernement (enfin par le rigolo Borloo) comme un modèle républicain. Il faut croire que la République...

Ainsi donc cette semaine la banlieue parisienne voit fleurir les grèves lycéennes dans le Val de Marne sur des modes peu éloignés de celles qui furent les nôtres en 2003. Florilège donc dans le 94, en espérant que nous ne puissions suivre leur rythme...

Quelques causes de la révolte (et non la grogne) lycéenne :


Quand les lycéens manifestent 2.02

Depuis quelques semaines des grèves et manifestations locales de lycéens se déroulent en Ile de France et en province, qui ont divers objectifs (voir ci-dessus notre synthèse de ces grèves). Mardi 1er février une manifestation a eu lieu devant le ministère de l'Education nationale. A quelques centaines les lycéens ont sans aucun doute fait plus peur au ministre que des millions d'enseignants. Si l'on se fie aux titres des journaux du mercredi 2 février ces quelques poignées de lycéens pourraient devenir plusieurs milliers et ainsi dessiner un avenir moins radieux pour Fillon, brocardé dans les cortèges anarchiques (Le mouvement lycéen prend de l'ampleur contre la loi Fillon selon Le Monde). La FIDL tente tant bien que mal de fédérer des collectifs lycéens qui semblent émerger de nulle part. A Rodez le cortège lycéen comptait plus de 2000 unités, 250 à Saint-Brieuc. La fermeture des classes et des options sont dans des régions peu favorisées (Massif central, Lorraine) considérées comme des actes de mépris de la part du ministère. Les collectifs lycéens et la FIDL appellent d'ailleurs à se joindre aux cortèges public-privé du 5 février.

Et si les lycéens étaient l'étincelle qui nous manquait ?


A suivre....             2.02