La page des lycéens et lycéennes -

Mardi 15 février : énorme !

(16.02)
[source AFP, témoignages - photos JLB]


Grosse mobilisation lycéenne, une nouvelle fois, ce mardi 15 février : 15000 lycéens dans les rues de Bordeaux (trois fois plus que jeudi), au moins 60000 à Paris - 30000 selon la police - (deux fois plus que jeudi dans les deux cas), et des manifestations même dans les zones où les lycéens étaient en vacances (plus de 1000 à Lyon)! Au total, alors que 22 académies sur 26 sont encore en vacances, les 100 000 lycéens manifestant du jeudi 10 sont presque égalés !
Quant aux enseignants ? Peu nombreux par rapport aux lycéens, ils se sont souvent - comme les Cétacés - dissouts dans la masse joyeuse des "élèves", pour y puiser une énergie un peu absente de leur cortège propre...



Impressions sur la manifestation parisienne : des dizaines de milliers de lycéens, marchant en rangs serrés, très vite, avec des slogans chantés, criés, hurlés, des banderoles, pancartes, affiches... aux slogans souvent percutants, et très loin de se focaliser sur le bac - contrairement à ce qu'aimeraient croire médias et politiques -. Une énergie incroyable ce dégage de ces cortèges lycées, bien loin du calme de la plupart des manifestations enseignantes. Le dispositif policier était d'ailleurs impressionnant, et la tension perceptible !


Car l'énergie est difficile à canaliser ! Les déplacements des lycéens sont rapides et imprévisibles - même si l'itinéraire était cette fois-ci plus que verrouillé par les cars et grilles des CRS -. Leurs mots d'ordre bien plus percutants que ceux de leurs aînés ("Fillon démission", "retrait du plan Fillon"). En marge du cortège, de petits groupes peu nombreux, mais impressionnants contribuent aussi à cette atmosphère : les "casseurs", quoi qu'en montrent les médias, semblent avoir vécu : les détériorations d'abribus ou de cabines téléphoniques, les jets de pierre contre les CRS, ont été ultra-minoritaires. Mais des "pilleurs" leur succèdent, impressionants groupes de "jeunes" sillonnant la manifestation, et rafflant les portables sur leur passage (au total, 24 personnes seront interpellées, et 8 placées en garde à vue ; la Préfecture de Police affirmant selon l'AFP que 30 CRS auraient été blessés -??-).

Quelles seront les suites du mouvement ? Le gouvernement semble décider à faire la sourde oreille, une fois l'os du bac donné à ronger (l'amendement supprimant la discussion sur le bac des débats à l'assemblée a été adopté mardi soir). Face à ce nouvel autisme, deux hypothèses : un essoufflement des lycéens, les vacances parisiennes approchant ; un renforcement du mouvement devant la surdité des gouvernants. Au soir de ce 15 février, les lycéens semblent avoir gardé du souffle !