Editos Cétacé !


CONSTITUTION : "PEDAGOGIE" et DEMOCRATIE 17.04.2005 - Sylvain H.

(cf. aussi : «Le gouvernement organise la propagande dans les lycées sur la Constitution»)

On dit beaucoup que pour convaincre les français de voter oui au référendum du 29 mai, il faut que les partisans de la constitution fassent de la pédagogie.
Cette idée témoigne d'un mépris pour les citoyens et d'une ignorance plus ou moins feinte de ce que c'est que la pédagogie.
Mépris pour les citoyens : les citoyens ne sont pas des enfants ni des élèves, mais ce sont eux qui font les choix politiques, et ils sont censés le faire en connaissance de cause ; c'est le peuple qui est souverain.
Confusion pernicieuse sur la pédagogie : la pédagogie ne consiste pas à inculquer aux autres ses propres opinions, et surtout pas ses opinions politiques, mais à former les esprits en vue de leur autonomie intellectuelle.
Ceux qui veulent faire de la pédagogie en guise de campagne électorale confondent les citoyens avec des élèves, et la pédagogie avec la propagande. Ils affirment implicitement détenir la seule vérité.
Néanmoins, derrière cette expression se cache un véritable problème : celui de l'ignorance réelle du texte de la constitution et de ses enjeux. Beaucoup de citoyens constatent avec amertume et frustration qu'ils ne sont pas capables de comprendre complètement le texte parce qu'ils n'en ont pas le temps ou pas les moyens. Quel sens aura alors leur vote ? Ne faut-il pas leur expliquer le texte ?
Cette tâche n'est évidemment pas celle des partisans du oui ou du non, qui n'ont pas d'abord le souci de faire une lecture objective. Mais qui pourra vraiment faire une explication objective ? Et est-ce que cela a un sens de parler de lecture objective ?
On est au cœur de la grande difficulté de la démocratie, où l'emportent les idées de ceux qui sont le plus habiles à parler, tant que les citoyens n'ont pas une connaissance suffisante des enjeux des décisions politiques. Le paradoxe de la démocratie est le suivant : la décision politique suppose une grande compétence (voire une technique et une spécialisation ?) et en même temps doit être l'affaire de tous. Une solution tentante est de laisser le pouvoir à ceux qui savent et qui sont le mieux à même de savoir où est l'intérêt général : mais c'est inacceptable. La politique n'est pas une simple technique, et on ne peut pas confier à d'autres le soin de dire où est l'intérêt général, où sont le bien et le juste, sans un contrôle qui permette d'éviter les abus de pouvoir. Reste alors la solution idéale vers laquelle nous devons tendre : que tous les citoyens aient l'autonomie intellectuelle suffisante pour exercer la compétence politique.
Les hommes politiques ne pourraient plus prétendre alors avoir besoin de faire de la pédagogie…
Mais cet idéal - qui est celui de l'éducation -, peut-on l'atteindre ? On n'en a jamais été si près (le niveau d'éducation en France est sans commune mesure avec celui du début du 20è siècle par exemple). Et en même temps sa possibilité s'éloigne à cause de la spécialisation croissante des métiers de la politique, qui semblent supposer (mais peut-être est-ce une idée fausse ?) des compétences de plus en plus pointues.
Ce qu'il faut, ce n'est donc pas la fausse pédagogie, qui vise à inculquer des opinions et des règles de comportement en les faisant passer pour les seules vraies et justes ; mais c'est l'éducation, qui vise à permettre à chacun de décider par soi en connaissance de cause de ce qui est vrai, bon ou juste. C'est cette autonomie qui, si elle est réalisée, rend possible une véritable démocratie.
Sylvain H.


MEDIAS, POLITIQUES, SYNDICATS : UNE LECON DE MATHS CONTRE LE FAUX SANS REPLIQUE (30.03.2005) HG

Dans ses Commentaires sur la société du spectacle, Guy Debord - le bien nommé - évoquait parmi les caractéristiques de notre société : "Le faux  sans réplique". Aujourd'hui la démonstration est faite qu'il s'agit bien d'un phénomène de société et non seulement d'un acte politique, d'une manipulation. Nous sommes tous de plein-pied dans le faux sans réplique, puisque l'idée même d'une réplique est devenue inutile.

La "négociation" entre le ministre de la Fonction publique Dutreil et les syndicats a été conclue (?) hier par l'annonce d'une augmentation de salaire des fonctionnaires de 0,8%. Le chiffre était réclamé comme un préalable à toute discussion par les syndicats. Il s'agissait d'épurer le passif pour 2005, passif calculé sur l'inflation évaluée à 1,8% pour l'année. L'augmentation déjà prévue étant de 2 fois 0,5%, les 0,8% permettaient donc de compléter le manque. Ca c'est le discours ministérialo-syndical.

Que disent les médias de cet événement ? Radios et télés parlent du rattrapage des salaires au niveau de l'inflation, du "coup de pouce" de Raffarin. Libération titre "Raffarin arrose". L'Humanité - très critique - lance : "tout ça pour 0,8%", faisant une juste référence à la lutte des salariés qui vont payer plusieurs jours de grèves pour obtenir cette augmentation minimale (il faut rappeler que le passif est de 5% sur plusieurs années). Tout est faux. Le ministre ment, les médias répercutent une fausse information et les syndicats se complaisent dans ce mensonge.

Pourquoi tout est faux ? Parce que l'inflation est de 1,8% sur l'année et que les augmentations prévues par le ministère vont s'étaler dans le temps. Le ministre et les syndicats disent rattraper le retard des salaires sur l'inflation mais les augmentations sont prévues ainsi : 0,5% déjà acquis, 0,5 % en juillet et 0,8% en novembre. Cette dernière augmentation sera donc répercutée sur les deux derniers mois de l'année ! La première augmentation prévue de 1% ne représentait que 0,54% en masse salariale effective. La vérité serait de dire que l'année salariale des fonctionnaires verra une augmentation d'un peu plus de 1% au total seulement, soit le chiffre donné dès le début de l'année par le gouvernement ! Gérard Majax est passé par là : tour de passe-passe. On reconnait l'ampleur d'un mouvement social (celui du 10 mars), on engage les "négociations" et retour à la case départ.

Que dire des médias qui répercutent le mensonge gouvernemental, sans parler des médias qui titrent sur la manne financière qu'une telle mesure représente ("Raffarin arrose") ? Deux choses : soit les journalistes ne font plus leur métier, ce qui n'est pas impossible et il se contente de reproduire les dépêches, les communiqués ministériels ; soit ceux-ci sont complices du faux pour le rendre sans réplique. Pourquoi une telle complicité volontaire ou inconsciente ? Parce que d'autres enjeux pointent derrière cette satisfaction rapide présumée des salariés, des enjeux européens cette fois. Pourquoi les centrales syndicales ne parlent-elles guère de ce faux ? Pour deux raisons, la première est aussi européenne : la plupart des dirigeants syndicaux (Olive, Thibaut, Chérèque) sont pour la constitution européenne alors que la masse des adhérents penche pour le non. La seconde est que ces dirigeants ne veulent, pour la raison déjà évoquée, relancer un mouvement social dans les deux prochains mois contemporains de la campagne.

Ce faux restera sans réplique on peut s'en assurer. Il contente tout le monde.

 30.03


DU BERGER PASTEUR AU GREGARISME AMBIANT  26.03.2005 - Angel


élève/élévation/élevage, sachez chasser l’intruse
foutez la en cage, à la marge. La LOI pour le plus grand nombre,
celle que NUL n’est censé ignorer, nos censeurs sont là pour la rappeler.
Attention ! Pas un « je veux » qui dépasse ! sinon faudra sanctionner.
« Sanctus, sanctus, sanctus Dominus » vers Lequel doivent s’élever toutes les âmes,
ici D de Dieu, là H de Homme, droit de l’Homme avec cet H majuscule,
ersatz pseudo laïque du D de Deus, (et du doigt dans le c..)
encore et toujours les rengaines de l’unicité, du binaire inclus dans cette dernière,
binaire, (0,1),(in,out),(yin,yan),(mal,bien), tant bien que mal
ajoutons-y quelques trames astrologico-imbéciles pour entretenir et perpétuer la niaiserie ambiante
et nous avons là les conditions optima pour taire dans l’œuf tout embryon de rébellion.
Qui sait ? un jour, perhaps, on découvrira le gène de la révolte et alors à Dieu …

Ne plaise aux lombricoïdes associés qui nous gouvernent, ne plaise aux réformatisateurs qui aspirent à les détrôner, nous nous nourrissons sans cesse de notre indignation grandissante qui s’étend par capillarité de nos trépidants nourrissons à nos grands-mères et grands pères outragés par tant d’arrogance, tant de zèle à asseoir et étendre votre pouvoir par des « lois-cadres », et autres dispositions aussi définitives que possible. Des lois qui constitueraient enfin votre paradis messieurs. Diable ! imaginez, s’il existe un capital pouvoir (très inégalement réparti dans les organisations de la « société civile », syndicats, ONG, …) et bien ce capital pouvoir se verrait à très court  terme et de façon exponentielle concentré exclusivement entre les mains d’une poignée de négriers et de l’indispensable cohorte de leurs serviteurs (cabinets de ‘consulting’, de ‘marketing’, avocats d’affaires, liquidateurs courants, …) dont la plupart auront été élevés dans les bons établissements privés, avec en suivant M.B.A., ou études en Ressources Humaines. Tout ce qu’il faudra pour rationaliser la production et la consommation des masses. Et c’est tellement plus facile quand on les voit de l’extérieur, d’en haut, un peu comme Aroun Tazieff avec ses volcans …

ATTENTION LA-HAUT !!! LE VOLCAN PEUT EXPLOSER A TOUT MOMENT !!!


angel 26.03



RENTREE... DANS LE RANG ? (31.08.2004)
[ajouts 5.09]

L'été fut rude (cf. " Vous avez dit vacances ?"), la rentrée s'annonce corsée : remise en cause tous azimuts des 35 heures, démantèlement de la Poste (un bureau de poste sur deux supprimé d'ici deux ans), privatisation de France Telecom ; dans l'EN "ambitieux" projets du "rapport Thélot" pour l'avenir, classes surchargées, jeunes TZR "malgré nous" balancés dans l'académie de Créteil (ou dans d'autres) pour le présent...

Pour éviter la "rentrée dans le rang", la déprime neurasthénique ou l'attente dans son coin du "Grand Soir" en maudissant :

  1. le gouvernement qui poursuit sa politique de casse sociale malgré l'inflexion des discours
  2. le méchant MEDEF qui tire les ficelles
  3. les syndicats qui n'appellent pas à la grève générale
  4. les gens qui ne ne se bougent pas et attendent le "Grand Soir" (rayez les mentions inutiles),
le Cétacé entend bien poursuivre son cheminement en cette nouvelle année scolaire :
  • en tentant de continuer un travail de mise en réseau des énergies militantes, à Créteil et au-delà
  • par ce site, portail offert à ceux qui veulent s'informer autrement ou/et  se faire entendre
  • par la poursuite de la coopération avec La Lucarne, pour des projections-débats citoyennes (2 dates déjà fixées, en octobre et en novembre, cf. agenda)
  • par un bulletin, le n°3, à venir...

JLB


VOUS AVEZ DIT VACANCES ? (25.06.2004)

Pas de vacances pour le gouvernement : élections, mobilisations, ils n'en ont tout simplement rien à "foot"...

Et ça risque de faire mal. Sur EDF-GDF, la volonté de passer en force frise la provocation pour les agents en lutte, qui jouent gros, entre retraits de salaires et sanctions juridiques. Pour la Sécu, les débats s'annoncent -mal- pour le mardi 29 juin ; et déjà on sait que le gouvernement passera par ordonnances sur des points cruciaux (cf. " Ni vu ni connu j'tembrouille"). Dans l'Education Nationale, deux "petites" mesures annoncées discrètement viennent clore une année de reculs impressionnants quand on en dresse le bilan : le Louvres n'est désormais plus gratuit pour les enseignants, et, surtout, 50 concours de recrutement sont purement et simplement supprimés l'année prochaine !! Cerise sur le gateau, Villepin annonce qu'il serait bon que la loi sur la décentralisation passe avant la fin juillet...

Face à ces attaques, des mobilisations se construisent ou se poursuivent, mais il est clair que la période ne s'y prête guère, et qu'une certaine apathie semble dominer. Pourtant les occasions de se bouger existent. A EDF-GDF, le mouvement est loin de s'essoufler, et les actions menées (coupures ciblées pour les tenants de l'ultra-libéralisme, réouvertures de comptes pour les plus démunis, gratuité dans les hôpitaux...) visent juste. Sur la Sécu, si les mobilisations sont loin de ce qu'on pourrait espérer au sujet du saccage d'un des acquis du programme de la Résistance, des collectifs et syndicats luttent encore. Le mardi 29 juin apparaît ainsi comme le prochain RDV important, avec un appel au rassemblement devant l'Assemblée Nationale de 12h à 14h, heure où débuteront les discussions sur la réforme de l'assurance-maladie. Dans l'EN, un collectif de non-titulaires donne RDV le 30 juin à 14h pour sensibiliser la population au problème de la précarité dans l'EN (cf. agenda.

JLB