Le "remplacement interne" - mise en oeuvre d'une vieille idée -fixe-


A LIRE
Remplacement interne : décret et BO ! (août 2005)
Dura lex : le remplacement interne dans le projet de loi Fillon (juin 2005)
Agir contre le remplacement interne (2005)
Le remplacement interne, non-sens pédagogique et casse du statut de 1950 (décembre 2004)
Historique du remplacement interne
Fillon à la TV :  100 minutes pour dire des inepties... et annoncer le remplacement interne
 Le remplacement interne dans le rapport Thélot (JLB - 15.11)
 Dans la boule de cristal du Parisien (JLB - 15.11)
 Le remplacement en interne, une vieille idée fixe (Fred - mis en ligne le 6.11) ; avant le rapport Thélot, toute une série de textes préconisaient déjà la solution miracle
(23.11)
Voir aussi : "Remplacement des profs : Les présents auront toujours tort", une analyse du Mammouth Déchaîné


Remplacement interne : décret et BO parus (août 2005)


Avant les vacances ne manquaient plus que les décrets d'application pour cette mesure qui va bouleverser le quotidien des enseignants, véritable non-sens pédagogique et remise en cause du statut des fonctionnaires de 1950, fantasme de gestionnaire et véritable fixette des administrations depuis un bail, contre lequel nous avions proposé des actions l'an dernier.

Le décret est donc paru le 26 août 2005 - cf. le document officiel ou le BO n°31 du 1.09.2005- :

J.O n° 199 du 27 août 2005
Décret n° 2005-1035 du 26 août 2005 relatif au remplacement de courte durée des personnels enseignants dans les établissements d'enseignement du second degré
Le Premier ministre, décrète :

Article 1
Sans préjudice des dispositions du décret du 17 septembre 1999 susvisé, dans les établissements d'enseignement du second degré, le remplacement des personnels enseignants absents pour une durée inférieure ou égale à deux semaines est organisé dans les conditions prévues par le présent décret.
Article 2
Le chef d'établissement élabore, en concertation avec les équipes pédagogiques, un protocole pour les remplacements de courte durée qui en fixe les objectifs et les priorités ainsi que les principes et les modalités pratiques d'organisation propres à l'établissement. Il concerne en priorité le remplacement des absences qui sont prévisibles tout au long de l'année scolaire.
Le protocole est présenté par le chef d'établissement au conseil d'administration qui est régulièrement tenu informé des conditions de sa mise en oeuvre.
Article 3
Pour la mise en oeuvre de ce protocole, le chef d'établissement recherche en priorité l'accord des enseignants qualifiés à même d'effectuer un remplacement de courte durée.
Lorsque cela est nécessaire pour assurer la continuité de l'enseignement mentionnée à l'article L. 912-1 du code de l'éducation susvisé, le chef d'établissement désigne les personnels chargés d'assurer des enseignements complémentaires pour pallier une absence de courte durée.
Article 4
Pour la mise en oeuvre dudit protocole, les personnels enseignants des établissements d'enseignement du second degré ne peuvent être tenus, conformément à leurs qualifications, d'assurer, en sus de leurs obligations de service telles que définies par les décrets du 25 mai 1950 et du 6 novembre 1992 susvisés, plus de soixante heures supplémentaires par année scolaire.
Ces heures supplémentaires donnent droit à rétribution spéciale dans des conditions déterminées par décret.
Un enseignant ne peut être tenu d'effectuer plus de cinq heures supplémentaires par semaine.
Article 5
Les dispositions du présent décret ne s'appliquent pas aux personnels enseignants du second degré stagiaires.
Article 6
Les dispositions du second alinéa de l'article 3 du présent décret s'appliquent à compter du 1er janvier 2006.
Article 7
Le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche et le ministre de la fonction publique sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

En résumé, 5 heures de plus par semaine imposables, 60 heures annualisées, avec une rémunération inférieure aux heures supplémentaires habituelles, au bon vouloir des chefs d'établissements - après a "formalité" du vote d'un protocole en CA.

Ce décret s'accompagne de plus d'une note de service (p.XXVI et suivantes) : elle précise le calendrier de la mise en place de la réforme : le "protocole élaboré par le chef d'établissement devra s'appliquer au plus tard début octobre", le dispositif fonctionnera sur le seul volontariat au 1er trimestre 2005-2006, et deviendra obligatoire (désignantion d'office en cas d'absence de volontaires) dès le 1er janvier 2006.
Elle octroie aussi royalement un délai... d'une journée pour être averti du remplacement ("Sauf accord de l'intéressé, l'enseignant désigné doit être prévenu au plus tard 24 heures avant d'assurer le remplacement').
Elle indique également la répartition des responsabilités : au niveau de l'établissement pour les remplacements de moins de deux semaines, à celui du rectorat pour les absences supérieures. Une exception : "dans le cas où... le nombre des enseignants disponibles excède la satisfaction des besoins en enseignement ainsi qu'une couverture raisonnable des besoins de suppléances supérieures à deux semaines, les services rectoraux devront veiller à leur mobilisation pour les suppléances inférieures à deux semaines. Il doit en être ainsi notamment dans les établissements de rattachement des titulaires des zones de remplacement." Et hop, un nouveau petit cadeau aux TZR !!
Dernière (?) chose, les critères des choix de l'enseignant désigné : il "se fondera sur une appréciation du professeur le mieux à même d'assurer cette mission de remplacement, en considération de sa disponibiltié et de sa qualification, ainsi que des motifs évoqués par les uns et les autres pour la refuser".

Un pas de géant vers la flexibilisation, et de belles foires d'empoignes en perspective entre collègues absents ou non, volontaires ou non pour remplacer, collègues et chefs d'établissement...
Les chefs d'établissement ne s'y trompent pas, qui, par la voie du SNPDEN, ont exprimé dès juillet leurs "vives inquiétudes" sur la mesure : "Ces dispositions sont de nature (...) à destabiliser la position statutaire des personnels et à compromettre la sérénité de la communauté éducative (...). Le SNPDEN n'acceptera pas que les personnels de direction soient pris comme responsables des difficultés qui sont à prévoir (...) ni des carences en matière de remplacement qui pourraient se manifester au niveau des académies."

Le combat contre cette mesure s'annonce d'autant plus difficile que bon nombre de collègues essaient de compenser leur baisse de pouvoir d'achat par le recours aux heures supplémentaires (comme par hasard rognées drastiquement cette année, au moins dans l'académie de Créteil...).





Dura lex : le remplacement interne dans le projet de loi Fillon (juin 2005)


Bon, on ne pourra pas dire qu'on ne l'avait pas vu venir, mais cette fois, c'est du sûr, de l'officiel ; ne manquent plus que les décrets d'application, qui risquent fort d'être pris durant l'été... (à moins que lycéens et réveil enseignant n'en décident autrement) : le Rapport Annexe à la loi d'Orientation scolaire (paragraphe "Les missions des enseignants") instaure le remplacement interne par les formules suivantes :

Pour assurer la qualité du service public de l'éducation, les professeurs des lycées et collèges participent à la continuité pédagogique nécessaire aux élèves en concourant dans leur établissement au remplacement de courte durée de leurs collègues absents. Cette démarche s'inscrit dans la politique pédagogique de l'établissement. Elle permet de faire appel aux professeurs disponibles qui proposeront des enseignements en relation avec leurs propres compétences et les besoins des élèves. L'intervention des enseignants dans ce cadre donne lieu au paiement d'heures supplémentaires rémunérées à un taux spécifique ; le chef d'établissement ne peut toutefois solliciter un enseignant pour effectuer, en sus de ses obligations actuelles, plus de soixante-douze heures supplémentaires effectives par année scolaire à ce titre.

Ce texte est mauvais pour tous : en vue d'économies incertaines (il faudra bien payer les enseignants en heures supplémentaires... mais jusque quand ?), il occasionne une dégradation des conditions de travail pour les enseignants jamais vue depuis le statut de 1950 (exception faite de l'allongement du temps de travail via la réforme des retraites, merci Fillon bis), sans gain du côté des élèves.

Pour les enseignants, cette mesure représente :
Pour les élèves :
En résumé, est installé un système de remplacement perdant-perdant (élèves - personnels) avec le triple dispostif prévisible suivant :
Face à cette évolution tout n'est pas perdu :
JLB - 13.04





Le remplacement interne, non-sens pédagogique et casse du statut de 1950 (modifié le 5.12)

On le pressentait (cf. par exemple Le Parisien du 15.11), Fillon l'a confirmé (dans son allocution TV du 18.11) : derrière les reculades stratégiques d'un politicien craignant qu'un mouvement de protestation d'ampleur ne nuise à sa carrière, la mesure de "remplacement interne" est bien un des éléments essentiels retenus du rapport Thélot (cf. quelques analyses cétacéennes sur la question) dans la future loi d'Orientation...  Au détriment des enseignants et des élèves, derrière des apparences de remède miracle...

De quoi s'agit-il  ? Tout simplement de faire remplacer les enseignants absents, non plus par des titulaires spécialisés dans cette mission, de même matière (les TZR), ni même par des précaires de l'EN, mais par des titulaires libres pendant les heures d'absence des collègues (pour voir comment ça marche -mal-, demandez-donc un peu à nos amis allemands ou anglais, qui remplacent au pied levé, sans considération de discipline de formation, leurs collègues malades...)
Intérêt de la chose : faire plaisir aux parents en assurant à leurs chers petits une garderie garantie (car remplacer au pied levé un collègue absent ne peut guère être considéré comme un acte d'enseignement), embobiner les enseignants attirés par la perspective d'heures supplémentaires gracement rémuunérées (on peut toujours rêver...) et -dring-dring tiroir caisse- parvenir à dégraisser encore davantage le mammouth (en cure d'amaigrissement drastique depuis 2002), en diminuant le nombre de fonctionnaires ou précaires de l'EN : moins de personnels de surveillance, de professeurs TZR, ou de contractuels.

Concrètement, la dernière mouture du projet prévoit d'ajouter dans les services des enseignants 72 heures d'heures supplémentaires, imposables au bon vouloir des chefs d'établissement, soit  l'équivalent de quatre semaines  de  travail pour un certifié. Outre que cette mesure remet en cause le statut de 1950 qui régit le statut des enseignants, dans le sens d'une augmentation du temps de travail (alors même que le temps de travail des enseignants n'a pas évolué lors de la réforme des 35 heures ; ce qui fait peut-être beaucoup rires ceux qui mesurent le temps de travail d'un enseignant à l'aune des 18 heures de présence devant élèves), elle montre un mépris pour les enseignants et les élèves, en donnant l'illusion qu'une heure de cours peut s'improviser sans connaître la classe, voire sans avoir été formé dans la matière à enseigner...


Historique du remplacement interne : une veille idée fixe (modifié le 5.12)

Cette mesure du remplacement interne, avouons-le, on a eu le temps de la voir venir :
- d'abord, vieille idée fixe, elle est reprise de rapports en rapports depuis des années, comme le montre Fred
- le sieur Thélot l'a exprimée dans son rapport de façon encore plus nette
- enfin le Sinistre a confirmé la mesure dans son allocution télévisée du 18 novembre
L'annonce éclaire par ailleurs d'un jour nouveau (?) les attaques que subissent depuis quelques années les personnels jusqu'alors chargés de cette mission de remplacement, enseignants non-titulaires, mis au chômage massivement (cf. l'EN, laboratoire de la précarité), et les TZR (cf. la page du  collectif TZR en colère).

JLB (20.11)



100 minute pour dire des inepties... et annoncer le remplacement interne (23.11)

Le moins que l'on puisse dire est que l'allocution télévisée de M. Fillon le 18.11 n'a pas créé l'événément...  La mémorable bourde d'un ministre qui prétend supprimer les "Travaux Pratiques Encadrés" en Terminale quand n'existent en fait que des "Travaux Personnels Encadrés" (mais les maintenir en Seconde où ils n'existent pas ! et qui plus est en s'appuyant sur des données complètement absurdes, tendant à faire croire que 95% des TPE sont consacrés à faire cours), a certes permis de mesurer une méconnaissance du terrain proprement sidérante. Mais surtout, l'effet anesthésiant du discours faussement consensuel est à mesurer à l'aune des bouleversements réels en cours dans l'Education Nationale (cf. "L'heure du leurre").

Toutefois, une annonce a fait réagir les salles des profs, encore largement sous le coup de l'échec du mouvement de 2003, et de l'accélération de la casse de l'EN : celle du "remplacement interne". Fantasmé de longue date (cf. plus haut), le voilà donc aux portes de nos emplois du temps, sauf réaction significative.

Observons un peu les modalités annoncées de la mise en place de ce système.

Tout d'abord, montrer l'importance du problème dl'absence des enseignants en proclamant son attachement sincère aux services publics : par une petite campagne de presse bien sentie, jouant sur l'image de ces fainéants de profs toujours malades, ou bien, pire, payés à rien faire chez eux jusqu'à leur retraite ! (cf. Parisien, ci-dessous) ; et en protestant de sa volonté d'assurer un service public continu de qualité :
"Je ne veux plus qu'il y ait une seule classe qui reste sans professeur."
"Le remplacement est un point pour moi fondamental. Il est pour moi inacceptable que dans un service public on puisse avoir parfois pendant des périodes assez longues, une semaine, quinze jours, trois semaines, des enseignants absents qui ne sont pas remplacés."
"On ne peut défendre le service public avec vigueur et en même temps accepter cette idée qu'il est normal de laisser une classe sans professeur."
P
our estimer à leurs justes valeurs ces propos d'ardent défenseur des services publics, rappelons-nous les propos tenus naguère par M. Dutreil... et les condamnations lourdes subies par les rectorats l'an passé, lorsque, faute de budget suffisant, ils ont dû laisser non remplacés les collègues absents pour moins de trois semaines, en théorie, plus bien souvent en pratique.
Ensuite, annoncer la solution miracle : faire travailler les professeurs pour remplacer leurs collègues absents. Les faire travailler, mais pas trop : 2 petites heures de plus par semaine (pour des fainéants qui travaillent généralement 18 heures, ce n'est pas grand'chose) et les rémunérant grassement en heures supplémentaires, bien sûr.

En oubliant de préciser que 2 heures de remplacement dans une semaine, c'est un travail énorme si l'on veut faire de vrais cours, et impossible hors de sa matière et/ou avec des classes inconnues. Ce qu'invente ici M. Fillon, c'est le professeur diplômé, payé au prix fort, pour faire des tâches de surveillance ! C'était bien la peine de supprimer le statut de MI-SE (qui permettait de plus de concilier étude et travail pour les étudiants aux faibles ressources) et de ne pas les remplacer par suffisamment de personnels de vie scolaire (désormais "Assistants d'Education") !
Quant au paiement des heures supplémentaires, ce sera au mieux les 30 denier de Judas pour l'acceptation par les collègues d'une remise en cause du statut de 1949 par l'augmentation des maxima de service (1 heure imposée jusqu'à présent, 3 avec le projet), au pire un subterfuge pour faire passer la pillule en ces temps de restrictions budgétaires tous azimuts pour les services publics, en attendant de ne pas appliquer la promesse de rémunération (qui n'engage que ceux qui y croient...).

JLB




Le remplacement interne dans le rapport Thélot : (JLB - 15.11)

Pas besoin de commentaires ou d'analyses subtiles : tout est exprimé très clairement dans le rapport Thélot. (p.101) (cf. le texte intégral, pour les fans), dans des paragraphes consacrés à l'accroissement de "la capacité d'action des établissements en termes de marge de manoeuvre financière et pédagogique" et à l'objectif de "doter l'équipe de direction d'une plus grande capacité d'action" (choix des personnels par le chef d'établissement, etc...) :

"La Commission préconise de donner aux collèges et aux lycées eux-mêmes la responsabilité de trouver les ressources nécessaires pour pallier dans les 48 heures l'absence ou l'indisponibililté d'un professeur. La gestion des remplacements, assurée au niveau de l'établissement et qui pourrait être confiée conjointement à la direction des études et à la direction de la vie éducative, gagnerait ainsi en souplesse : une conception moins rigide des emplois du temps permettrait en effet qu'un professeur absent puisse être remplacé par un collègue exerçant ou n'exerçant pas dans la même discipline. On éviterait ainsi de surcroît le recours à des remplaçants sans aucune formation. Le réseau des établissements de proximité pourrait en dernière extrémité, c'est-à-dire s'il n'existe pas de solution interne, constituer un recours possible." p.101

Tout y est : suppression des précaires (ce qui ne serait pas un mal en soit, vu le scandale que constitue des statuts comme celui de vacataire - cf."L'EN, laboratoire de la précarité", si cette suppression s'accompagnait d'ouvertures de places aux concours et de possibilité d'intégration des actuels précaires EN), remplacement par des collègues par heures supplémentaires grâce à une "conception plus souple des emplois du temps" (bel euphémisme) et hors de leur matière, pouvoir au sein de l'établissement d'exercice...

L'existence même de tels projets montre certes la volonté quasi obsessionnelle de diminuer le nombre de fonctionnaires du gouvernement actuel (moins 350000 d'ici 2015, a promis M. Dutreil, dont il faut lire par ailleurs ce qu'il pense des services publics...) et de dégradation de statut des enseignants, mais aussi un mépris pour le service public d'éducation et pour le métier d'enseignant, par cette idée d'un enseignement hors de la discipline de formation et de recrutement.. Ne laissons pas faire !

JLB


Dans la boule de cristal du Parisien(JLB - 15.11)

A lire le Parisien du lundi 15 novembre, outre un énervement vite contenu devant quelques provocations d'usage, on peut nourrir quelques inquiétudes sur la loi d'orientation à venir, sur ce thème du remplacement interne, à travers deux articles : un, d'ampleur, p.14 "Loi sur l'Ecole - Ce que les parents attendent", l'autre plus discret, p.8 "4000 professeurs à domicile".

Passons rapidement sur l'énervement avec cette citation magnifique et qui mérite de rester :

"Le jour où les enseignants feront 35 heures par semaine au sein de l'établissement, avec cinq semaines de congés payés par an, déclare sans ambage un papa de Meurthe-et-Moselle, je pourrai croire à une volonté de changement."

Un doute nous vient tout à coup : M. Dutreil serait-il originaire de Meurthe-et-Moselle ?

La brève "4000 professeurs à domicile" sent sa préparation de l'opinion à l'annonce redoutée, en surfant sur le thème populaire "Les professeurs sont des fainéants", et en pérorant sur le mythique "surnombre" dans certaines matières :

"Le ministre de l'Education nationale, François Fillon, n'en est, paraît-il, toujours pas revenu. Selon ses services, pas moins de 4000 enseignants sont actuellement payés à rester chez eux. "Cela concerne essentiellement des professeurs d'allemand et de philosophie qui n'ont plus suffisamment d'élèves pour faire cours, révèle un spécialiste. Problème : statutairement, il est impossible de les obliger à changer de matière. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le ministère est obligé de les rémunérer jusqu'à... la retraite".

Sans compter, M. le spécialiste, que l'âge de la dite retraite recule ! Mais que M. le spécialiste se rassure : les rectorats s'assoient bien souvent sur les textes qui régissent le statut d'enseignant, et nomment d'autorité des collègues hors de leur matière (cf. nos collègues de génie civil affectés mathématiques...).

Quant à l'article "Ce que les parents attendent", il se termine sur cette phrase funeste (qui vient "adoucir" des propos de parents favorables à une présence plus forte des enseignants comme remède aux maux de l'EN) :

"Au ministère, on s'oriente plutôt vers la possibilité de réquisitionner les professeurs présents mais n'ayant pas cours, au cas où leurs collègues seraient absents".

Où l'on sent bien qu'il va falloir lutter à la fois contre cette orientation ministérielle et l'image de fainéant qui ne va pas manquer d'être utilisée...

JLB