C'est réél, donc c'est possible... Quelques pistes pour sortir de la pure critique sociale, politique, médiatique.
Nourrissez cette rubrique de vos expériences, lectures... dans la rubrique forum.
Jalons pour une médecine utopique et concrète 7.12
Raoul Vaneigem, Modestes propositions aux grévistes ... (2004). 14.11
Qu'est-ce-que les AMAP ?
14.11
| Gratuité |
Recueil d'expériences, de témoignages, d'articles, de réflexions sur la
gratuité des échanges et des produits.
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| Initiatives locales |
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Beaucoup ont vu le film d'Agnès Varda, Les glaneurs et la glaneuse, qui interrogeait entre autre notre droit à la gratuité. Stocks de biens alimentaires périmés, fins de marché, rebus des agriculteurs… Le droit de glanage est précisé à l'article R26 du code pénal et autorise entre le lever et le coucher du soleil le ramassage des fruits et légumes non ramassés dans les champs et les vergers, ainsi que les objets laissés dans la rue. Au XVIIIe siècle il n'est réservé qu'aux infirmes puis interdit dans les enclos au XIXe siècle.
La définition actuelle est la suivante : "les biens mobiliers qui n'appartiennent à personne mais qui sont appropriables (res nullius) et ceux qui ont été abandonnés peuvent en principe faire l'objet d'une acquisition de propriété par occupation.
L'article 520 du code pénal dit :
"Les récoltes pendantes par les racines et les fruits des arbres non encore recueillis
sont pareillement immeubles. Dès que les grains sont coupés et les fruits détachés quoique
non enlevés, ils sont meubles. Si une partie seulement de la récolte est coupé, cette
partie seule est meuble."
C'est ce me semble le principe de Droit au logement (DAL).
C'est je crois, un principe quipermettrait à quiconque (particulièrement inspiré) de récupérer à son compte la République largement abandonnée.
Le tribunal correctionnel de Charleville (13 février 1979) indique : "il n'y a pas vol à s'approprier une chose sans maître".
Certains se sont fait spécialistes de la récupération de ces objets pour les réparer, les utiliser, en faire des œuvres d'art…
Il est étonnant que cette forme de gratuité ne soit pas encore menacée, même si le droit d'obtenir un verre d'eau dans les bars semble avoir changé de statut.
L'école publique est gratuite. Certains demandent la gratuité des transports : peut-on l'envisager ? Tout comme l'arrêt des coupures d'électricité ?
Non consommation ? Consommation marginale ? Extension de la misère ? Relique médiévale ? Vaine pâture ?
Source : Université tangente (Strasbourg).
Un site sur les glaneurs de Besançon : cerin.org
Il s'agit de systèmes associatifs qui permettent dans une même zone, d'échanger des services, des biens ou des savoirs. La participation de chacun est comptabilisée en unités locales. Aucune exigence de résultat.
Site national : selidaire.org
Le Sel de Créteil : 7 rue du Dr Métivet : seldecreteil.free.fr
Le système monétaire international étant ce qu'il est - principe de réalité oblige -
deux solutions se présentent à nous pour éviter les déboires connus il y a peu par les
économies argentines et turques entre autres (voir Film Isaac
Isatan). Première solution : redonner un pouvoir politique (contrôlé) aux banques
centrales. Bon, autant pisser dans un violon, en l'état actuel de nos politiques qui
ont abandonné toute vélléité de contrôles sur quoi que ce soit. Seconde solution : pallier
les faiblesses et les incohérences du système par la constitution de pouvoir montéaire
locaux, répondant au principe d'échange égalitaire (une heure de travail égale une
heure de travail) et au désir de redonner vie à l'échelon local de production des
biens et des services. Tels sont les raisons d'être des monnaies dites complémentaires.
En Allemagne celles-ci fleurissent. L'institut catholique social de Bad Honnef
organise au mois de juillet 2004 un séminaire sur ces monnaies complémentaires européennes
soutenu par Alliance 21, association qui défend en France l'existence de ces systèmes
monétaires alternatifs.
Pour des renseignements sur le séminaire : www.ksi.de
(programmes en trois langues dont le français) ou www.selidaire.org
On voit toujours les mêmes dans les musées. Le cérémonial est
immuable. Le silence. L'immobilité des oeuvres et des visiteurs.
Le "Musée précaire" a été installé à Aubervilliers d'avril à juin. On peut y
contempler des oeuvres de Duchamp, Andy Wahrol, Salvador Dali, ou Fernand Léger entre autres.
Particularité du musée : il est un anti-musée.
D'abord il est construit avec les matières des bidonvilles : algeco, scotch, baches, etc.
Il voisine une buvette autogérée par les habitants du quartier.
Ensuite les gamins des écoles qui ne connaissent pas Paris, travaillent sur les oeuvres. Leur
production est affichée au mur. L'animation et la construction du musée sont le fruit du
travail d'une quarantaine de jeunes du quartier. Les habitants viennent et restent.
La culture ne vit que si l'on s'en sert....
Réseaux de troc : L'Argent, film québecois d'Isaac ISITANT, 2003, 65 mm
Une alternative au déséquilibre nord-sud
Yélimané au Mali. Les sols sont pauvres, la pluie se fait rare. Les soninké sont partis... à Montreuil (France). Haï Duong au Vietnam. La région est riche, pluvieuse, la riziculture traditionnelle. Sous la houlette du Maire de Montreuil et de la communauté immigrée des Soninke dans cette charmante petite cité d'Ile de France, un programme d'échange Sud-Sud, Mali-Vietnam est proposé à l'Agence française du développement. Le programme pourrait ainsi porter sur un transfert de semences de riz et de techniques destinées à conserver les pluies rares et violentes du Mali. La FAO favorise ce genre de transferts. Le coût de l'opération est faible (environ 10 millions d'euros) et porte autant sur le riz que sur le sorgho ou le maïs (non transgénique) : près de 800 hectares de mise en culture. Les populations locales doivent être associées au projet et les résidents maliens de Montreuil participent financièrement. La coopération Sud-Sud serait-elle cette utopie concrète que beaucoup appellent de leurs vœux ?
Source : Libération, 4 mai 2004.
L'Hostie pour tous ! Vive la Communion !
La Sainte Eglise apostolique et romaine appelle ses fidèles à la désobéissance civile pour
soutenir les sans-papiers victimes de la politique d'exclusion du gouvernement.
Celui-ci n'a de cesse de s'attaquer aux plus fragiles : pauvres, sans-papiers,
précaires, jeunes, malades, à l'exception peut être des handicapés (ce qui reste à
prouver) mais c'est parce que c'est charitable.
L'Eglise donc, qui a déjà été en première ligne lors de l'épisode de Saint-Bernard,
et au lendemain de la victoire des sans-papiers lillois, annonce officiellement et non par
la voix seule de Mgr Gaillot, qu'elle appelle à la désobeissance civile lorsque la loi
bafoue la dignité des étrangers.
Les prêtres doivent s'apprêter, en plus de leur charge monstrueuse, celle du péché de
leurs ouailles, à intervenir tous azimuths. Ce n'est que juste retour à la tradition
des premiers chrétiens et de l'Evangile.
Le texte officiel, qui critique sévèrement les lois françaises et européennes en matière
d'immigration, dit :
"Le citoyen peut refuser
d'obéir aux autorités civiles lorsque le droit d'accueil politique ne permet pas
le respect de l'étranger en danger et est donc contraint aux exigences de la morale
et de l'Evangile... Une société qui n'est pas capable de vivre l'accueil
n'a pas d'avenir."
Mgr Brunin, Quand l'étranger frappe à nos
portes (document du comité épiscopal des migrations et des gens du voyage).
Le pays a un problème avec la LOI. On se bat contre les OGM en fauchant les champs la
nuit, ou en déclarant sa commune zone non OGM (8 mai). On déclare mari et mari des
homosexuels en trahissant le beau Code Civil napoléonien et en risquant la révocation. On
tague avec des slogans anti-consommation les affiches de publicité du métro quitte à braver
la justice de France. Certains maires déclarent aussi leur commune "zone hors
expulsion locative". On se masque pour débrancher les antennes des opérateurs sur les
toits lorsqu'elles font peser un rique sur la santé des gamins( Robin des toits).
Chaque jour apporte son lot de bravades face à une LOI dont la légitimité bat de
l'aile.
Utopie concrète : On connaissait les affreuses zones de non-droit. Déclarons certaines
zones du territoire (micro-locales), zones de non-droite !
Dans la série "c'est réel donc c'est possible", à une époque où le
sentiment d'impuissance l'emporte souvent, récit d'une histoire relayée par le
Canard en février 2004 (c'est pas du récent, mais on peut toujours essayer de de ne pas
rester prisonnier du déroulement médiatique !) qui montre ce qu'on peut faire à échelle
institutionnelle locale, pour peu qu'imagination et volonté politique soient au
rendez-vous.
Titre du Canard du 11.02 dernier : "Les marchands d'eau séchés par le Conseil
d'Etat".
" Un département qui subventionne les communes distribuant et assainissant leur eau
sans passer par un groupe privé est-il dans son droit ? Oui, vient de juger le Conseil
d'Etat, envoyant au bain le célèbre trio de marchands de flotte Bouygues, Générale et
Lyonnaise des Eaux."
Au départ de l'affaire, une étude en 1995 du conseil général des Landes dirigé par
Emmanuelli (tiens, un PS qui a de l'imagination...) montre que l'eau est 70% plus
chère quand sa distribution est confiée au privé (des études de la Direction de la
concurrence ont montré un surcoût d'en moyenne 15-20% pour l'eau privée,
d'après le Canard). L'Assemblée générale décide alors d'une augmentation de 10
%, à titre incitatif, des subventions pour les collectivités régissant elles-mêmes le
service de l'eau (et d'une diminuation d'autant pour celles ayant privatisé).
« Attaquée par le préfet, annulée par le tribunal
administratif puis en appel, la délibération du conseil général des Landes s'est vue,
au bout de sept ans de procédure [!!], validée par
le Conseil d'Etat. »
Voilà donc un exemple d'une action forte et concrète pouvant être mené à échelle
locale : celles de la communauté de communes (pour peu qu'une volonté politique forte
soit présente) et du Conseil Général (au rôle incitatif potentiellement fort).
Et si l'expérience était reproductible ? Et si on pouvait l'étendre dans
d'autres domaines ? Et si être citoyen gardait malgré tout un sens, malgré les impasses
(le PS, une alternative ???) et l'autisme au niveau national ?
La médecine a pris aujourd'hui une place majeure dans notre société. Pourtant les
citoyens sont encore trop consommateurs dans ce domaine. Et TROP consommateurs, cela veut
dire trop de passivité et trop de médicaments. Il est temps de faire le point sur les
démarches qui relèvent de la construction d'une médecine citoyenne, active, consciente
des enjeux d'un secteur vital.
Le milieu médical paraît rétif à ce type de démarche. Or beaucoup de praticiens ont initié
une réflexion, des réseaux qui permettent d'esquisser ces jalons pour une médecine
rêvée et réelle.
Le plus connu en sans aucun doute Martin Winckler, qui donne par ses romans réalistes et
son site Winckler's Webzine des
informations sur cette médecine citoyenne.
Moins connu est la revue Pratiques, Les cahiers de la
médecine utopique. Cette revue qui a pour but de réinscrire la médecine dans le
champ politique et social (et que j'ai découvert chez mon généraliste de famille,
investi dans ce type de démarche citoyenne) informe autant sur les questions sociales
(sécurité sociale, médicaments), sur l'éthique, sur les rapports des médecins à
l'argent, la psychiatrie, l'alimentation, de façon limpide et très originale. La
revue possède un site que je
vous conseille.




